«Le recul environnemental de trop» : la ministre de l’écologie Monique Barbut annonce sa démission… puis change d’avis

Barbut contre son camp.
La ministre de la transition écologique s’en va, trahie après l’adoption définitive de la décriée loi d’urgence agricole au Parlement. Sur LinkedIn, où elle a officialisé sa décision ce mercredi, elle vante «plusieurs avancées importantes». Mais c’est son impuissance à empêcher les reculs qui aura le plus caractérisé ses neuf mois à l’hôtel de Roquelaure.
Paris, le 30 juin 2026. La ministre de l’écologie, Monique Barbut, n’a guère apprécié l’intervention du sénateur Laurent Duplomb, au premier plan. © Daniel Perron/Hans Lucas via AFP

«La politique n’est pas mon monde, et si c’est cela dont il s’agit, elle ne le sera définitivement pas», explique Monique Barbut, amère, dans un post diffusé ce mercredi sur le réseau social LinkedIn. Elle y annonce sa décision de présenter sa démission au président de la République, au lendemain de l’adoption définitive de la loi d’urgence agricole au Parlement. Parmi les mesures les plus controversées, le texte ouvre la voie à la réintroduction, à titre dérogatoire, de deux pesticides interdits en France mais autorisés dans le reste de l’Union européenne (UE) : l’acétamipride et le flupyradifurone. «Il m’avait été garanti que la réintroduction d’un pesticide interdit mettrait un terme au parcours du texte, explique la ministre. Contrairement aux engagements qui m’avaient été donnés, le gouvernement a empêché le débat autour de la suppression de cette mesure.» Pour elle, «ce revirement constitue […] le recul environnemental de trop».

De fait, la ministre a assisté à de nombreux reculs depuis son arrivée à l’hôtel de Roquelaure, il y a neuf mois. À tel point que le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg, a décidé de lui décerner le «circaète d’or», en référence à un aigle chasseur de serpents qui raffole des couleuvres.

Des reculs à la pelle

En juin 2025, le Réseau action climat listait déjà 43 reculs depuis le début de l’année, dont de multiples encouragements aux pratiques agricoles intensives dans les lois Duplomb ou d’orientation agricole ; les rabotages successifs des aides à la rénovation énergétique (Ma Prime rénov’) ; la suppression des zones à faible émission (finalement sauvées par le Conseil constitutionnel) ; la reprise du chantier de l’autoroute A69 ; ou plus globalement la fonte généralisée des dépenses liées à la transition écologique, notamment dans le budget 2026. D’autres se sont rajoutées depuis, comme le projet de loi de «relance du logement», qui prévoit de prolonger, sous conditions, la location des bouilloires thermiques.

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De son côté, Monique Barbut préfère retenir «plusieurs avancées importantes» : interdiction des PFAS dans les textiles ; adoption de la loi contre l’ultra-fast fashion ; plan électrification. Elle l’a aussi emporté en empêchant la relance de l’exploitation d’hydrocarbures en outre-mer et la réforme controversée de l’Ademe. Pas assez pour que la huitième ministre de l’écologie d’Emmanuel Macron arrive à marquer l’Histoire.

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