
«La politique n’est pas mon monde, et si c’est cela dont il s’agit, elle ne le sera définitivement pas», expliquait Monique Barbut, amère, dans un post diffusé ce mercredi matin sur le réseau social LinkedIn. Elle y annonçait sa décision de présenter sa démission au président de la République au lendemain de l’adoption définitive de la loi d’urgence agricole au Parlement.
Parmi les mesures les plus controversées, le texte ouvre la voie à la réintroduction, à titre dérogatoire, de deux pesticides interdits en France mais autorisés dans le reste de l’Union européenne (UE) : l’acétamipride et le flupyradifurone. «Il m’avait été garanti que la réintroduction d’un pesticide interdit mettrait un terme au parcours du texte, explique la ministre. Contrairement aux engagements qui m’avaient été donnés, le gouvernement a empêché le débat autour de la suppression de cette mesure.» Pour elle, «ce revirement» constituait «le recul environnemental de trop».
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Sa démission rejetée par Emmanuel Macron, Monique Barbut a finalement accepté de rester au gouvernement «face à l’urgence d’agir contre les conséquences du changement climatique qui frappent durement notre pays et pour répondre aux enjeux de santé environnementale», a indiqué son cabinet, tout en assurant qu’elle avait «confirmé son désaccord sur la version définitive du projet de loi d’urgence agricole». Peut-être a-t-elle obtenu des garanties pour rester ? En tout cas, elles n’ont pas été dévoilées à ce stade.
Neuf mois de désaveux
Depuis son arrivée à l’hôtel de Roquelaure il y a neuf mois, la huitième ministre de l’écologie d’Emmanuel Macron enchaîne plutôt les désaveux, comme aucun·e autre avant elle. À tel point que le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg, a décidé de lui décerner le «Circaète d’or», en référence à un aigle chasseur de serpents qui raffole des couleuvres.
Outre la décriée loi d’urgence agricole, la ministre a aussi dû encaisser les rabotages successifs des aides à la rénovation énergétique (Ma Prime rénov’), la suppression des ZFE (zones à faibles émissions, finalement sauvées par le Conseil constitutionnel), la reprise du chantier de l’autoroute A69 ou plus globalement la fonte généralisée des dépenses liées à la transition écologique, notamment dans le budget 2026. Pas encore adopté, le projet de loi de «relance du logement» promet son lot de déconvenues avec notamment la prolongation, sous conditions, de la location des logements bouilloires.
De son côté, Monique Barbut préfère retenir «plusieurs avancées importantes» : interdiction des PFAS dans les textiles ; adoption de la loi contre l’ultra-fast fashion ; plan électrification. Elle a aussi pesé pour que le gouvernement se positionne contre la relance de l’exploitation d’hydrocarbures en outre-mer et que la réforme controversée de l’Ademe soit abandonnée. Plus récemment, elle a obtenu que ses moyens soient repartent à la hausse en 2027, en particulier le Fonds vert, dont l’enveloppe serait portée de 850 millions à un milliard d’euros. Son vrai-faux départ lui donnera-t-elle plus de poids à l’avenir ? Rien ne l’assure.











