Édition du 18 septembre 2026

Île est l’heure

Chères toutes et chers tous,

🗞️ Quel est votre jeu de mots préféré paru dans Vert ces derniers jours ?
La semaine dernière, Mélèze moi tranquille l’a emporté, avec 49,5% de vos suffrages.

À vos votes !

🌡️ Degrés ou de force

🤑 Bercy patron

🫑 Recule poireau

🔥 Chaud alpin

✍️ Vert recrute ! Trois postes sont actuellement à pourvoir pour renforcer la rédaction en cette année de campagne présidentielle : un·e journaliste politique sur l’extrême droite et l’écologie (pour postuler, c’est par ici), un·e journaliste carto/data (toutes les infos ici) et un·e journaliste politique/écologie (le détail juste là). Fin des candidatures le 27 septembre !


À Miquelon, la submersion marine est déjà une réalité ; des habitants sont contraints de déménager.


À Miquelon, les habitants contraints de déménager face à la submersion marine : «Ça fait mal de me dire que cet endroit disparaîtra sous l’eau un jour»

Course contre la montée. Village français de 600 âmes situé au large du Canada, Miquelon sombrera sous les eaux dans les prochaines décennies à cause du réchauffement climatique. Plutôt que d’assister impuissant·es à la catastrophe, les habitant·es ont entrepris la construction d’un nouveau village, à 1,5 kilomètre de l’actuel.

Elle est la première commune française à devoir déménager intégralement à cause du changement climatique. Dans l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, seul territoire ultramarin français en Amérique du Nord, où vivent quelque 6 000 personnes, le village de Miquelon est implanté entre zéro et trois mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le futur village, en chantier depuis septembre 2025, est implanté à dix mètres minimum au-dessus du niveau de la mer. © Dario Nadal/Vert

Nichée à la pointe d’une île de 200 kilomètres carrés, la commune sera submergée à l’horizon 2100 au plus tard. En cause, la hausse du niveau moyen des océans, alimentée notamment par la fonte des glaces. À Miquelon, le niveau de l’eau pourrait monter de 3,7 mètres d’ici à la fin du siècle, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

Un nouveau village est en cours de construction depuis la fin de l’été 2025 sur une butte surélevée, où une dizaine de maisons sont déjà sorties de terre. Si la première «phase» des travaux touche à sa fin, de nombreux Miquelonnais·es attendent désormais l’étape supérieure, qui prévoit la construction de plus d’une soixantaine de nouvelles maisons ainsi que d’un refuge en cas d’aléa climatique extrême. Après dix ans de reculs écologiques successifs, Emmanuel Macron, doit se rendre pour la première fois dans l’archipel, du 19 au 21 septembre prochains.

👉 Cliquez ici pour lire l’intégralité du reportage de Dario Nadal et découvrir comment les habitant·es de cette île vulnérable au réchauffement climatique envisagent l’avenir.

· Poursuivi pour avoir laissé se décomposer des milliers de bouteilles en plastique autour de ses sites d’embouteillage dans les Vosges, Nestlé devra être rejugé, a tranché jeudi la cour d’appel de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Le jugement du tribunal correctionnel, qui avait invalidé en mars des analyses clés incriminant la multinationale, est donc annulé. «Quel soulagement pour les citoyen·nes, associations, riverain·nes, et pour l’intérêt général»a réagi l’ONG France nature environnement. La date du nouveau procès n’est pas encore connue.

· Le gouvernement envisage d’amputer le budget de l’Agence de la transition écologique (Ademe) de plus de 300 millions d’euros dès l’année prochaine. Cela concernerait les subventions accordées par l’établissement aux projets d’adaptation. Notamment le fonds chaleur, qui encourage le développement d’une production de chaleur et de froid par énergies renouvelables.

· Une nouvelle espèce de félin, le Leopardus tilcayo, a été découverte en Bolivie, selon une étude publiée jeudi dans la revue Current Biology. Avec son pelage tacheté et ses oreilles arrondies, cet animal a tout d’un léopard, sauf la taille : il ne fait que 45 centimètres de long environ. C’est la première fois depuis plus de 100 ans qu’un nouveau félin est identifié.

Peu de choses sont encore connues sur la biologie et le mode de vie de l’animal, ici observé dans le refuge pour animaux Senda Verde en Bolivie. © Alessandro Verniani/Wikimedia

«Je ne suis pas sûre que faire mieux permette d’éviter le réchauffement climatique» : en Gironde, Marine Le Pen prône l’inaction

Le parti à la flemme. Jeudi, pour son premier déplacement de campagne, Marine Le Pen s’est rendue dans la commune du Porge, l’épicentre du mégafeu qui a ravagé la Gironde en juillet dernier, pour rencontrer les sinistré·es. La candidate à l’élection présidentielle a repoussé à plus tard ses propositions pour lutter contre le changement climatique, tout en relayant des discours favorisant l’inaction. «Nous savons que le réchauffement climatique n’est pas lié exclusivement à la France, a-t-elle défendu. C’est un problème mondial. Nous sommes déjà un pays éminemment vertueux, un des plus vertueux du monde dans ce domaine.»

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce reportage de Théo Mouraby aux côtés de la candidate du Rassemblement national.

La candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, échange avec un sylviculteur au Porge, commune sinistrée par le mégafeu de Gironde en juillet 2026. © Théo Mouraby/Vert

«Une forme de gestion de l’indésirable» : le juriste William Acker documente le racisme environnemental subi par les «gens du voyage»

Voyage de raison. Dans son nouveau livre, Racisme environnemental, penser la convergence depuis la lutte contre l’antitsiganisme, le juriste et délégué général de l’Association nationale des gens du voyage citoyens (ANGVC), William Acker, appelle à s’emparer de cette notion pour décrire les réalités vécues par les «gens du voyage».
 

Comment vit-on dans une aire d’accueil ?

La majorité des aires sont des parkings habités de manière permanente par des personnes qui ne voyagent pas ou peu. Ils sont coincés sur ces parkings qui ne sont pas adaptés à de bonnes conditions de vie, entourés de béton, avec peu d’espaces végétalisés. Les aires d’accueils sont surexposées aux aléas climatiques. L’autre problématique, c’est la qualité environnementale de ces lieux, qui est vraiment médiocre. Environ 52% des aires d’accueil sont à proximité directe de sources polluantes ou d’industries dangereuses.

👉 Cliquez ici pour lire la suite ce cet entretien mené par Rémy-Kenzo Pagès.

Des «gens du voyage» installés dans l’ancien parc à thèmes de Mirapolis, près de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise). © Thomas Samson/AFP

Arguments climatosceptiques, attaque contre l’écologie… La droite française reprend les arguments de Donald Trump sur le climat

Climatosceptique et tac. En visite jeudi au salon international de l’élevage, le candidat à l’élection présidentielle Bruno Retailleau (Les Républicains) a accusé «l’écologie dogmatique» d’avoir «empêché» les agriculteur·ices de s’adapter au changement climatique. Une citation qui rappelle celles du président des États-Unis : Vert a fouillé dans les archives pour dénicher les plus gros arguments contre le climat de Donald Trump repris par la droite française.

© Vert

+ Moncef Arbadji, Rémy Calland, Louise Deshautels, Margot Desmons, Esteban Grépinet, Zoé Moreau, Dario Nadal et Rémy-Kenzo Pagès ont contribué à ce numéro.