
Six mois après son irruption dans les travaux parlementaires, à l’initiative de plusieurs sénateur·ices ultramarin·es du camp présidentiel, la proposition de loi «visant à lever, dans les territoires d’outre-mer, l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures» a tiré sa révérence, ce jeudi.
D’abord adopté confortablement au Sénat (par 227 voix contre 105), contre l’avis du gouvernement, le texte a ensuite été défendu à l’Assemblée nationale par des député·es ultramarin·es communistes. Il a finalement été rejeté de justesse, par 74 voix contre 64 (le détail du scrutin). La droite et l’extrême droite se sont largement mobilisées en faveur du texte, contrairement au bloc central et à la gauche, qui ont voté contre (à l’exception des élu·es d’outre-mer).
Mirage économique
Alors que les parlementaires ultramarin·es défendaient avec ce texte le développement économique des départements déshérités d’outre-mer, un front d’opposant·es hétéroclite – allant du ministre de l’économie Roland Lescure aux ONG environnementales telles que Bloom ou Greenpeace – dénonçait «un mirage». «Soyons réalistes, le pétrole n’est pas la solution au développement économique en outre-mer, a ainsi lancé Roland Lescure à la tribune de l’Assemblée. Pourquoi ? D’abord parce qu’il n’existe pas de ressources pétrolières exploitables dans des conditions économiquement viables dans les territoires ultramarins. […] Et quand bien même nous finirions par trouver du pétrole – allez, on peut rêver – les coûts et les délais d’exploitation seraient bien trop importants.»
Attaques répétées
Depuis la loi Hulot, promulguée fin 2017, la France n’accorde plus de permis pour rechercher des hydrocarbures sur son sol. Les concessions encore exploitées, notamment dans le bassin parisien, devront prendre fin au 1er janvier 2040. Le pays doit également se sevrer de pétrole d’ici 2045 et de gaz d’ici 2050 dans le but d’atteindre la neutralité carbone.
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Pourtant, la loi Hulot est régulièrement attaquée ces derniers mois. Dernier assaut en date, celui de la députée Modem des Landes (et plusieurs fois ministre d’Emmanuel Macron), Geneviève Darrieussecq, qui a proposé dans le cadre du projet de loi de programmation militaire de prolonger l’exploitation des hydrocarbures en France si «les intérêts fondamentaux de la nation, la défense nationale ou la sécurité des approvisionnements stratégiques le justifient». Son amendement a été rejeté malgré le soutien de la droite et de l’extrême droite.











