Édition du 10 août 2026

La guerre des moutons

Chères toutes et chers tous,

🗞️ C’est l’article le plus lu de la semaine dernière sur vert.eco : «Le samedi 26 septembre, partout en France, nous serons dans la rue» : près de 1000 citoyens lancent un appel pour un plan d’urgence climatique. (Re)lisez cette tribune en cliquant juste ici.


Contre les incendies, l’Espagne compte sur les moutons, avec le pastoralisme comme arme de prévention.


Des moutons contre les flammes : quand l’Espagne paie ses éleveurs pour prévenir les incendies

À fleur de troupeau. Face à la multiplication des incendies, l’Espagne mise sur une arme low-tech et déjà éprouvée : promouvoir le pastoralisme et l’agriculture extensive là où le feu risque de se propager.

En Andalousie, un cheptel très particulier parcourt les vastes plaines et monts du sud de l’Espagne. On les appelle ici les chèvres et moutons-pompiers. Ces bêtes ne portent pas l’attirail des soldats du feu, mais leur rôle dans la prévention des incendies est fondamental.

En Andalousie, 100 000 chèvres et moutons pâturent dans des terrains à risque d’incendie pour réduire la végétation inflammable. ©  Cynthia Vanessa/Flickr

Le bétail s’occupe en effet de brouter les zones coupe-feux dans les massifs forestiers, ces espaces peu arborés qui créent une discontinuité et freinent ainsi la propagation des brasiers. Concrètement, le pâturage peut réduire de 61 % en moyenne l’étendue de la surface brûlée et diminuer de moitié la vitesse de propagation des brasiers, selon une étude scientifique sur la prévention du feu dans les écosystèmes méditerranéens.

Actuellement, environ 100 000 animaux conduits par quelque 200 berger·es pâturent près de 6 000 hectares de terrain à hauts risques en Andalousie. Le pastoralisme et l’élevage extensif constituent une des pratiques les plus efficaces et les moins onéreuses pour réduire la végétation inflammable dans les forêts méditerranéennes et limiter ainsi le risque d’incendie, comme le confirme une enquête de la Société espagnole des sciences forestières (SECF) auprès de 69 chercheur·ses et professionnel·les du secteur.

«Même une société végétarienne devrait garder ces troupeaux, ne serait-ce que comme gestionnaires du milieu naturel, explique Francisco Martín Azcárate, biologiste et écologue à l’Université autonome de Madrid. Sans ces animaux, notre écosystème est dysfonctionnel et vulnérable aux incendies, aux maladies, aux pertes de biodiversité.»

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet article de Marti Blancho et en savoir plus sur cette stratégie originale de prévention des incendies.

· Ce lundi, Météo-France a placé 22 départements en vigilance orange canicule, notamment dans le centre et le sud-est de l’Hexagone. Un pic de chaleur est prévu mercredi et le mercure devrait monter jusqu’à 39 degrés Celsius (°C) dans le Sud, voire atteindre plus de 40°C localement. Ces conditions météorologiques continuent d’alimenter la sécheresse historique que connaît la France.

· L’Europe de l’Ouest n’a jamais connu des températures aussi chaudes pour un début d’été, a annoncé ce lundi l’observatoire européen du changement climatique Copernicus. Les sols connaissent des niveaux d’humidité exceptionnellement bas, «un exemple clair de la façon dont le changement climatique intensifie les extrêmes thermiques, la chaleur et la sécheresse se renforçant mutuellement», selon Samantha Burgess, une responsable de Copernicus. De même pour les océans qui, dans le monde entier, ont atteint des niveaux de chaleur inédits pour le mois de juillet.

· La déforestation de l’Amazonie a atteint son plus bas niveau en dix ans, a révélé vendredi l’Institut de recherches spatiales (Inpe) du Brésil. Un résultat de la politique du président Lula pour la protéger, entre surveillance satellite accrue et diminution du crédit rural pour rendre le déboisement moins rentable. La forêt amazonienne continue malgré tout de perdre de larges portions de son territoire, et la déforestation se poursuit aussi dans le Cerrado, la savane au sud de l’écosystème.

«Montrer qu’il y a d’autres modèles possibles» : face aux géants des mers, une initiative inédite aide les petits pêcheurs à se lancer

Ma part du bateau. Face à la concentration des navires et des droits de pêche aux mains de géants du secteur, Mer de liens achète des bateaux grâce à l’épargne citoyenne pour permettre à de jeunes artisan·nes de lancer leur activité. Initiée en décembre 2025 par l’association Pleine mer, cette démarche inédite a permis d’installer un premier pêcheur dans la Manche : «J’ai été attiré par la souplesse de remboursement, mais aussi par la mise à disposition de leur réseau de poissonniers, restaurateurs et grossistes désireux de favoriser la pêche artisanale», se réjouit Baptiste Vannier, 28 ans. Les pêcheur·ses aidé·es par Mer de liens s’engagent aussi à diversifier les espèces ciblées, réduire leur empreinte sur les fonds marins, ou encore optimiser la consommation de carburant.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage de Cécile Massin et tout savoir sur cette alternative à la pêche industrielle.

Installé à Cherbourg-en-Cotentin, Baptiste Vannier espère débuter une activité de pêche à la ligne, au filet et au casier à partir de septembre. ©  Cécile Massin/Vert

Au Texas, Amazon construit la centrale à gaz la plus émettrice des États-Unis pour ses datacenters

Amazon d’ombre. Au Texas, Amazon construit une immense centrale à gaz qui pourrait devenir la plus importante source d’émissions de gaz à effets de serre des États-Unis. Son but ? Alimenter en électricité trois centres de données à partir de 2027 pour répondre au développement de l’intelligence artificielle. Le géant américain de la technologie a confirmé son ambition vendredi dernier, se vantant de ne pas dépendre du réseau électrique local pour ses datacenters, et d’utiliser de l’eau non potable pour les refroidir. Le projet, baptisé GW Ranch, a obtenu en janvier l’autorisation d’émettre plus de 30 millions de tonnes de gaz à effets de serre par an. C’est le double des rejets de l’actuel site le plus émetteur du pays, la centrale à charbon James H. Miller Jr., située à Quinton (Alabama). Sans compter les fuites de méthane, qui a un pouvoir de réchauffement plus de 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone au cours des 20 premières années passées dans l’atmosphère, et près de 28 fois à l’échelle d’un siècle.

«Naturel ne veut pas dire inoffensif» : Ta mère nature brise le mythe autour du savon noir contre les pucerons

Pucerons dans l’eau. Dans sa nouvelle chronique pour Vert, Ta mère nature en fait voir de toutes les couleurs au savon noir, un produit naturel souvent utilisé dans les jardins pour lutter contre les attaques d’insectes. L’occasion de distiller quelques conseils pour une utilisation raisonnée.

© Vert

Marti Blancho, Ophélie Damblé, Esteban Grépinet, Cécile Massin et Mathilde Picard ont contribué à ce numéro.