Relance des hydrocarbures en outre-mer : «Le gouvernement va émettre un avis négatif», assure Monique Barbut

Fioul sentimental.
Le Sénat examinera jeudi une proposition de loi défendue par le groupe macroniste visant à réautoriser l'exploitation d'hydrocarbures dans les outre-mer. Le gouvernement, qui a décidé de ne pas soutenir le texte, espère empêcher son adoption.

Après s’être divisé sur la position à adopter, «le gouvernement va émettre un avis négatif sur cette proposition de loi» visant à réautoriser l’exploitation d’hydrocarbures dans les outre-mer, a affirmé ce mercredi la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, lors d’un rendez-vous avec la presse auquel Vert a assisté. Si cela n’avait pas été le cas, «c’est sûr et certain que je ne pouvais pas rester» au gouvernement, a ajouté celle qui avait croisé le fer avec la ministre des outre-mer, Naïma Moutchou, sur cette question.

La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, estime que la France n’a «pas besoin» de relancer l’exploitation d’hydrocarbures dans les outre-mer. © Roberto Cenciarelli/FAO

Pour rappel, la proposition de loi initiée par plusieurs parlementaires ultramarin·es vise à «lever, dans les territoires d’outre-mer, l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures», instaurée par la loi Hulot fin 2017. Selon ces élu·es, l’exploitation du potentiel pétrogazier (qui reste à déterminer) de la Guyane ou de Mayotte constituerait une opportunité de développement pour ces départements parmi les plus pauvres de France, tout en permettant d’accroître la souveraineté énergétique du pays.

Cet article est en accès libre.

Je fais un don

«Je ne vois pas en quoi ça règlerait les questions de développement de la Guyane, je ne vois pas en quoi ça règlerait nos questions énergétiques. Nous n’en avons pas besoin», a cinglé la ministre de la transition écologique. «Dès que vous commencez l’exploration, vous savez très bien quels dégâts vous causez aux écosystèmes et à la pêche. En revanche, tout le reste, c’est de l’hypothèse», a-t-elle ajouté. Sans compter qu’au niveau international, la France a historiquement «pris des positions extrêmement fortes sur cette question» de la sortie des fossiles, et ne pourrait pas revenir en arrière sans voir sa position devenir «intenable», a conclu Monique Barbut.

Le groupe des sénateur·ices macronistes (Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants, ou RDP) a décidé de mettre la proposition de loi au programme de sa niche parlementaire, jeudi. Celle-ci a d’ailleurs toutes les chances d’être adoptée, malgré l’avis négatif du gouvernement. Pour la suite, l’exécutif ne devrait logiquement pas lui faire de place dans le calendrier des travaux à l’Assemblée nationale. Reste à voir si un groupe politique décide de la mettre à l’agenda de sa niche parlementaire.

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

Les alertes des scientifiques sont à nouveau ignorées, en matière de pollution comme de climat, et notre gouvernement protège davantage les intérêts des industriels que notre santé et l’avenir de nos enfants.

Alors que le débat démocratique est pollué comme jamais, nos journalistes ont un rôle inédit à jouer. 

Pour répondre à cette urgence écologique et de santé publique, Vert monte une toute nouvelle équipe d’enquête et solutions spécialisée dans la santé et les pollutions, et va se renforcer sur le climat.

Objectif : + 5 000 membres du Club avant le 14 juin pour créer ensemble un journalisme qui nous protège.

C'est parti