Les élections municipales de 2020 étaient celles de la «vague verte» : Les Écologistes avaient gagné de nombreuses grandes villes. Par endroits, cela faisait suite à des années de gouvernance par la droite, de Bordeaux à Lyon, en passant par Strasbourg et Marseille. Six ans plus tard, où en est-on du côté des écolos ? Tour d’horizon des résultats du premier tour, tombés ce dimanche.
À Poitiers et Bordeaux, les écologistes se maintiennent
Elle était l’une de ces grandes villes ravies à la droite par Les Écologistes en 2020 : Bordeaux, en Gironde. Selon les premières estimations d’Ipsos, le scrutin est très serré à l’issue du premier tour des municipales 2026. Le maire écologiste sortant, Pierre Hurmic (27,7%), devance d’une courte tête Thomas Cazenave (25%), le candidat Renaissance.
L’économiste Philippe Dessertine (divers centre) est le troisième homme de cette élection, avec 19,9% des suffrages. Le candidat de La France insoumise (LFI), Nordine Raymond (9,6%), ne se maintiendrait pas au second tour, selon ces résultats encore provisoires. Même chose pour la candidate du Rassemblement national, Julie Rechagneux, qui a obtenu 7% des voix.
Selon des résultats définitifs à Poitiers (Vienne), la liste citoyenne écologiste de la maire sortante Léonore Moncond’huy est en pôle position (26,5%). Alors que huit candidat·es s’affrontaient, six se maintiennent au second tour : François Blanchard (Parti socialiste, 26,5%), Anthony Brottier (divers centre, 23,7%), Bertrand Geay (LFI, 14%), Charles Rangheard (RN, 10,4%) et Lucile Parnaudeau (Renaissance, 10,3%).
À Tours (Indre-et-Loire), le maire écologiste Emmanuel Denis arrive en tête (34,3%), devant Christophe Bouchet et sa liste de l’union de la droite et du centre (25,54%).
Strasbourg, Besançon, Lyon et Marseille : les écolos en recul
La socialiste Catherine Trautmann fera-t-elle son come-back à Strasbourg ? L’ancienne maire (1989 à 2001) est en tête du premier tour, selon les premières estimations d’Ipsos. Elle a balayé la maire Les Écologistes sortante, Jeanne Barseghian, qui obtient 18,8% des voix, derrière Jean-Philippe Vetter (divers droite, 23%).
À Lyon (Rhône), le maire Les Écologistes Grégory Doucet et l’homme d’affaires Jean-Michel Aulas sont au coude-à-coude, à 37,5% chacun, selon l’Ifop. Reste à savoir si la majorité sortante s’alliera avec La France insoumise, arrivée troisième. Sa candidate, Anaïs Belouassa-Chérifi, a appelé Grégory Doucet à «prendre ses responsabilités» et salué un «effondrement de Jean-Michel Aulas clair».

À Marseille, le candidat de l’union de la gauche, Benoît Payan, est à égalité avec le représentant du Rassemblement national, Franck Allisio : ils ont tous les deux obtenu 35,4% des voix. L’insoumis Sébastien Delogu est arrivé quatrième, avec un score de 12,3%. Il a appelé à une «participation électorale la plus large possible» au second tour et souhaite la «constitution d’un front antifasciste pour empêcher le Rassemblement national de conquérir Marseille». Sur la liste de Benoit Payan, Michel Rubirola, en deuxième position, et Amine Kessaci, troisième, incarnent la présence des Écologistes dans cette équipe de l’union de la gauche.
Alors que Grenoble avait été la première ville au-dessus de 100 000 habitant·es gagnée par les Écologistes en 2014, la candidate Laurence Ruffin (Les Écologistes, Parti socialiste, Parti communiste) arriverait avec 26,8% des voix selon les premières estimations, juste derrière l’ancien maire de la ville Alain Carignon (Les Républicains), condamné pour corruption en 1996. Ce dernier est en tête avec 27,04% des voix. La liste de la France insoumise d’Allan Brunon a obtenu la troisième place (14,47%).
À Besançon (Doubs), la maire écologiste sortante, Anne Vignot, a été distancée. Elle obtient 33,6% des voix, contre 39,6% pour le candidat Les Républicains Ludovic Fagaut. L’actuelle édile pourrait toutefois l’emporter au second tour, grâce à une alliance de l’ensemble de la gauche.
À Limoges (Haute-Vienne), Guillaume Guérin (Les Républicains) est arrivé en tête du premier tour, avec 27,34% des voix. Damien Maudet, investi par les Écologistes, n’est pas loin derrière (24,86%). Thierry Miguel, soutenu par le Parti socialiste, le Parti communiste français et Place publique, a obtenu 16,92% – l’alliance entre les deux candidats de gauche n’est pas décidée.
À Lille, les Écologistes en arbitre
À Lille, Stéphane Baly (Les Écologistes) est arrivé troisième, avec 16,21% des voix. Son parti jouera le rôle d’arbitre entre le successeur de Martine Aubry, Arnaud Deslandes (PS, 25%), et l’insoumise Lahouaria Addouche (26%).
«Il ne faut pas baisser les bras», lance Gaspard Tamagny, porte-parole national de l’association de défense de l’environnement Alternative. Il appelle à «aller voter la semaine prochaine et se mobiliser dès demain, même quand l’extrême droite est en tête». Selon lui, le recul des Écologistes dans certaines grandes villes remportées en 2020 met en lumière «un backlash médiatique sur l’écologie».
Et d’ajouter : «Le climat a moins été mis en avant durant la campagne, ce qui est très regrettable. Le manque de politiques climatiques ambitieuses aurait de vraies conséquences sur la vie des gens, même à court terme, donc il faut continuer de se battre sur le terrain et pas que dans les grandes villes, qui ne font pas tout.»
Le pire a été évité
Au cours de la soirée, la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier a appelé à «éliminer la droite et d’extrême droite» au second tour. «Dans un monde qui se brutalise, les villes de gauche et écologistes représentent des forces d’interpositions sociales et environnementales entre les habitants de ces villes et le national», a-t-elle clamé.
Selon le député européen écologiste David Cormand, «les Écologistes ne sont pas si mal placés, alors que plusieurs analyses nous donnaient à l’article de la mort». Il appelle de ses vœux une union des gauches dans les grandes villes : «Si la gauche est réunie, elle pourrait gouverner les cinq plus grandes villes de France : Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Strasbourg, ce serait historique.»
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