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Une nouvelle pétition pour lutter contre la contamination au cadmium en France atteint les 10 000 signatures

Signe détend. Face aux risques sanitaires liés à ce métal toxique qui contamine la population principalement via l’alimentation, un professeur de philosophie a lancé une pétition pour exiger des mesures concrètes et dénoncer l’inaction des pouvoirs publics.
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Après l’alerte lancée fin mars par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur la surexposition des Français·es au cadmium – un métal lourd toxique –, nombre de citoyen·nes s’inquiètent pour leur santé. Face à l’absence de réponse politique, Arnaud Micaletti, professeur de philosophie de 57 ans, a lancé une pétition sur le site de l’Assemblée nationale, le 9 avril. Intitulée «Pour une action immédiate contre la contamination au cadmium des sols et de l’alimentation en France», elle a atteint les 10 000 signatures ce jeudi.

Plus de 10 000 personnes ont signé cette pétition sur le site de l’Assemblée nationale. © Capture d’écran

«Depuis plus de quinze ans, les données scientifiques s’accumulent et convergent : on sait qu’il y a du cadmium dans notre alimentation, on sait que c’est dangereux. Comment se fait-il que le gouvernement n’agisse pas ?», a conclu Arnaud Micaletti, après avoir eu vent du sujet dans la presse. Selon l’Anses, 98% de l’exposition au cadmium provient de l’alimentation, en grande partie en raison de l’usage d’engrais phosphatés dans l’agriculture. Ce métal est classé comme «cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction» et affecte les reins et les os.

Le professeur de philosophie, basé dans les Landes, a avant tout souhaité publier cette pétition pour ses élèves et ses enfants. «C’est l’avenir du pays et il ne s’avère pas aussi coloré et prometteur que celui qu’on pouvait envisager à mon époque», souligne-t-il. Arnaud Micaletti ne se définit pas comme un militant écologiste. Il assure avoir simplement souhaité réaliser «un geste citoyen» pour exprimer son ras-le-bol envers les politiques qui «considèrent avant tout l’intérêt économique sans penser aux conséquences à long terme».

Son initiative bénéficie tout de même de relais politiques. Les député·es du groupe écologiste et social Benoît Biteau (Charente-Maritime) et Clémentine Autain (Seine-Saint-Denis), qui portent une proposition de loi «visant à protéger l’alimentation des Français et des Françaises des contaminations au cadmium», ont appelé à signer cette pétition.

L’espoir d’un débat à l’Assemblée

Concrètement, le citoyen engagé appelle le gouvernement à appliquer les recommandations scientifiques de l’Anses, à savoir de réduire la teneur maximale de cadmium dans les engrais phosphatés à 20 milligrammes par kilo (mg/kg), contre 90 mg/kg actuellement. Il plaide également pour un recours accru aux engrais organiques et à des pratiques agricoles qui ajustent le type et les quantités de matières fertilisantes en fonction des sols et des cultures. Une campagne nationale d’information pour alerter la population sur les sources d’exposition et les moyens de les réduire est aussi demandée.

Quel que soit le nombre d’adhésions, la pétition déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale va être attribuée à l’une des huit commissions permanentes, en fonction de la thématique qu’elle aborde (ici, la commission des affaires économiques). Les membres de la commission en question désigneront ensuite un·e rapporteur·e, qui proposera soit d’examiner le texte au cours d’un débat, soit de le classer. Dans le premier cas, la discussion fera l’objet d’un rapport.

À partir de 100 000 paraphes, le texte est mis en avant sur le site de l’Assemblée nationale pour gagner en visibilité. Et, si la pétition franchit le seuil des 500 000 signatures issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, elle pourra donner lieu à un débat sans vote en séance publique à l’Assemblée nationale. «Ce serait bien d’obliger le gouvernement à agir», espère Arnaud Micaletti.

L’an dernier, la pétition sur la loi agricole Duplomb a eu cette opportunité. Elle a été débattue en février. Elle dénonçait la potentielle réintroduction – finalement retoquée par le Conseil constitutionnel – des néonicotinoïdes, des pesticides nocifs pour la biodiversité et la santé.

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