
«Nous basculons dans l’inconnu, météorologiquement parlant». Tels étaient les mots, forts, du présentateur du journal météo-climat de France télévisions de samedi soir, à l’annonce de la vague de chaleur inédite que traverse le pays.
Ce lundi, Météo-France a étendu sa vigilance jaune à 18 départements, dans l’ouest de la France et à Paris, et ce jusqu’à mardi au moins. Un tel niveau d’alerte est tout simplement une première pour un mois de mai, depuis la création de la vigilance canicule en 2004.
«Épisode de chaleur précoce et remarquable»
Dans son bulletin publié ce lundi matin, l’établissement public décrit un «épisode de chaleur précoce et remarquable» : «Les maximales restent très élevées pour la saison, la chaleur s’étend encore plus au nord, avec quasiment partout plus de 30 degrés Celsius (°C), excepté au bord de la Manche et sur les plages de Méditerranée. Il fait 30°C à 35°C sur la moitié Nord. Dans le Sud-Ouest, le mercure atteint 32°C à 36°C, tout comme dans la vallée du Rhône. Sur le reste du Sud-Est, on attend 29 à 32°C.»

D’après les prévisions actuelles, le mercure devrait atteindre ce lundi les 34°C à Rennes (Ille-et-Vilaine), Nantes (Loire-Atlantique) ou encore Tours (Indre-et-Loire), soit des records pour un mois de mai depuis le début des mesures. À Paris, la température ressentie pourrait aller jusqu’à 36°C cet après-midi.
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Comme Vert l’expliquait vendredi dernier, la France traverse depuis jeudi un épisode de fortes chaleurs lié à un phénomène de dôme de chaleur, une sorte de «couvercle» qui bloque l’air chaud au-dessus du territoire, le comprime et le réchauffe encore. Si ce schéma atmosphérique existe naturellement, le changement climatique «amplifie les effets de ces blocages», selon Christelle Robert, prévisionniste à Météo-France.
Les climatologues ont montré que les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion des énergies fossiles. Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier, s’allonger et s’intensifier.
Dix personnes en urgence absolue lors d’une course dans le Val-de-Marne
Les départements concernés par la vigilance jaune canicule ce lundi matin sont : le Finistère, le Morbihan, l’Ille-et-Vilaine, la Mayenne, Le Maine-et-Loire, la Sarthe, la Loire-Atlantique, la Vendée, la Charente, les Deux-Sèvres, la Vienne, le Loir-et-Cher, l’Indre-et-Loire, le Finistère, suivis à partir de midi par la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et Paris.
«Les atteintes les plus graves peuvent conduire au décès.»
Depuis 2004, Météo-France surveille les canicules, soit les vagues de chaleur qui ont un impact sanitaire sur la population. Des niveaux de vigilance (vert, jaune, orange, rouge) sont définis pour chaque département en croisant les données météorologiques sur trois jours glissants et des facteurs sociaux-économiques locaux (notre article). Preuve du caractère inédit des températures actuelles, cette surveillance s’opère habituellement du 1er juin au 15 septembre.
«Les principales pathologies spécifiquement ou en grande partie dues à l’exposition à la chaleur sont : coup de chaleur ou hyperthermie, déshydratation et hyponatrémie, rappelle Météo-France sur son site. Les atteintes les plus graves peuvent conduire au décès.»
Dimanche, en lien avec les fortes chaleurs, dix personnes ont été hospitalisées en urgence absolue lors d’une course à pieds organisée dans le Val-de-Marne. À Menton (Alpes-Maritimes), plusieurs courses ont été annulées après une succession de malaises (trois personnes ont été hospitalisées). Le même jour, un homme d’une cinquantaine d’années est décédé d’un arrêt cardiaque lors d’un dix kilomètres dans le 20e arrondissement de Paris, sans qu’un lien soit pour l’instant établi avec les températures.










