«Un épisode de chaleur anormalement élevé» et «précoce» frappe la France, des pics à 35°C attendus dans le Sud-Ouest

Mai, t’es haut.
Depuis jeudi et pour de nombreux jours encore, un épisode de fortes chaleurs frappe la France du sud-ouest jusqu’au nord. Ce week-end, les températures atteindront des niveaux inédits pour un mois de mai, selon Météo-France.
Photo d’illustration. L’ouest et le centre-ouest de l’Hexagone seront particulièrement touchés par des températures «remarquables», avec jusqu’à 35°C en Aquitaine. © Kenzo Tribouillard/AFP

«On va sans doute vivre des journées parmi les plus chaudes jamais vues en mai», projette Christelle Robert, prévisionniste à Météo-France. Le thermomètre a dépassé les 30 degrés Celsius (°C) jeudi dans le sud-ouest de l’Hexagone, à Carcassonne (Aude), Toulouse (Haute-Garonne), Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), Capbreton (Landes), ainsi que dans la basse vallée du Rhône. Ces fortes chaleurs atteindront le val de Loire ce vendredi, puis se généraliseront sur les deux tiers du pays durant le week-end de la Pentecôte.

«Cet épisode de chaleur est précoce et atteindra une intensité inédite en moyenne sur la France», souligne l’experte. Les records d’après-midis de journées de mai les plus chaudes pourraient également être battus, qu’il s’agisse du 29 mai 1947 (30°C), du 27 mai 2005 (30,3°C), du 28 mai 2017 (29,8°C), du 18 mai 2022 (29,7 °C) ou du 30 mai 2025 (30,5°C).

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L’ouest et le centre-ouest de l’Hexagone seront particulièrement touchés par des températures «remarquables», avec jusqu’à 35°C en Aquitaine. Certaines villes (Rennes, Agen, Montauban, Bordeaux et Auch, par exemple) dépasseront de 10°C, voire 12°C, les moyennes de saison. Ce sera également le cas à Paris, dimanche, selon les prévisions.

Carte des prévisions pour l’Hexagone pour le samedi 23 mai 2026. © Météo-France

«Nous surveillerons aussi attentivement les températures minimales, notamment dans la nuit de dimanche à lundi», explique Christelle Robert. Elles risquent d’être particulièrement élevées, avec 20°C atteints sur le littoral atlantique. «C’est rare, voire exceptionnel, pour un mois de mai, note la scientifique. C’est encore dur de savoir quand les fortes chaleurs cesseront, mais l’épisode durera au moins jusqu’à la première moitié de la semaine prochaine.»

Un dôme de chaleur à l’origine des hautes températures

L’emballement du mercure est d’autant plus marquant qu’il fait suite à une période fraiche, en dessous des normales de saison. À partir du 11 mai, un afflux d’air d’origine polaire a limité les maximales de 13 à 15°C au nord de la Seine pendant plusieurs jours. Ces variations s’expliquent par les déplacements de dépressions (zones de basse pression, souvent responsables de pluies) ou d’anticyclones (des axes de haute pression). Si ce changement brusque de météo est habituel pour un mois de mai, il est rare qu’il soit aussi marqué.

L’augmentation des températures s’explique par un blocage anticyclonique : des zones de haute pression agissent comme un dôme de chaleur – une sorte de couvercle – au-dessus du territoire. Elles piègent l’air chaud à tous les étages de l’atmosphère, le compriment et le réchauffent encore.

«Cette situation provient d’une petite goutte froide sur le proche Atlantique, qui a fait remonter la masse d’air chaude venue du Maroc sur la péninsule ibérique», explique Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France. L’air chaud est maintenant bloqué au-dessus de l’Hexagone. Il est «accompagné de poussières désertiques, on aura un ciel un peu sableux sur la moitié nord du pays dans les prochains jours», note l’expert.

Des épisodes plus fréquents avec le réchauffement climatique

Le changement climatique ne crée pas de nouveaux schémas atmosphériques : cette situation de blocage existe naturellement. En revanche, ce qui est certain, c’est qu’«il amplifie les effets de ces blocages», souligne Christelle Robert.

«Nous constatons une accélération de ces phénomènes avec le temps, abonde Matthieu Sorel. Nous ne sommes absolument pas surpris, il est malheureusement attendu avec le changement climatique d’avoir des épisodes plus intenses, plus précoces et qui durent plus longtemps qu’auparavant.»

Et l’atmosphère ne devrait pas se rafraîchir. Météo-France prévoit une tendance plus chaude que les normales de saison pour la période de mai à juillet.

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