
«Les conditions liées à El Niño vont jeter de l’huile sur le feu d’un monde en réchauffement», alerte le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres. Dans une vidéo, il réagit au communiqué de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) publié ce mardi, qui informe du très probable retour du phénomène climatique à partir du mois de juin. L’évènement a 80% de risques de survenir, s’accordent les scientifiques, et pourrait même se prolonger jusqu’au mois de novembre.
El Niño est une anomalie océanique naturelle et cyclique qui revient tous les deux à sept ans. Il est causé, entre autres, par une augmentation des températures des eaux de surface de l’océan Pacifique équatorial. Or, depuis la fin du mois d’avril et encore à la mi-mai, cette température s’approchait des seuils qui déterminent la venue d’El Niño, selon les observations de différentes plateformes de l’OMM.
Vagues de chaleur, sécheresses et inondations
Le phénomène provoque un réchauffement global de l’atmosphère et peut avoir des effets plus localisés. Selon les épisodes, il est connu pour engendrer de très fortes précipitations et inondations en Amérique du Sud, des sécheresses en Amérique centrale ou encore pour amoindrir les moussons en Asie du Sud-Est. La hausse des températures de l’océan peut également favoriser la survenue d’ouragans plus intenses dans le centre et l’est du Pacifique.
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Tous ces dérèglements climatiques poseront des «risques pour l’agriculture, la santé humaine, les écosystèmes et les systèmes énergétiques», souligne la secrétaire générale de l’OMM, Céleste Saulo. Mais «il n’y a pas deux épisodes identiques», précise-t-elle.
Il reste des incertitudes sur la puissance du phénomène cette année. Les scientifiques se préparent à un évènement potentiellement intense. «Le dernier épisode El Niño, en 2023-2024, a été l’un des cinq plus intenses jamais enregistrés et a contribué aux températures mondiales record observées en 2024», rappelle Céleste Saulo.
La seule réponse efficace : «Une action climatique à la hauteur de la crise»
Des températures au-dessus de la moyenne sont prévues un peu partout sur la planète de juin à août. «Le monde doit considérer ce phénomène comme l’alerte climatique urgente qu’il est», insiste António Guterres. Avec le réchauffement climatique, «les impacts seront encore plus violents, s’étendront encore plus loin et franchiront les frontières à une vitesse dévastatrice».
Ce phénomène climatique survient alors que «le climat de la Terre est plus déséquilibré que jamais dans l’Histoire observée», soulignait déjà l’OMM en mars dernier. Les scientifiques ont mis en lumière la multitude de records déjà battus depuis le début de l’année 2026. Ils et elles rappellent qu’El Niño est un évènement climatique qui survient puis disparaît alors que le changement climatique provoqué par les activités humaines a une influence bien plus importante et continue sur le réchauffement global.
António Guterres appuie : «La seule réponse efficace est une action climatique à la hauteur de la crise : mettre fin à la dépendance aux combustibles fossiles, accélérer la transition vers les énergies renouvelables, protéger les plus vulnérables.»










