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Avec des canicules marines à gogo, coquillages et coraux ne sont plus comme des poissons dans l’eau.

«On peut parler de tropicalisation de certaines zones, comme la Méditerranée» : les canicules marines mettent les océans à rude épreuve
Océan plein cagnard. Depuis le début de l’été, les canicules marines ont fait leur retour en Méditerranée, où elles sont particulièrement sévères, ainsi que sur le littoral Atlantique. Quelles sont leurs conséquences sur les océans ? On fait le point avec Sabrina Speich, professeure au département de géosciences de l’École normale supérieure de Paris et chercheuse au Laboratoire de météorologie dynamique.

Comment surviennent les canicules marines ?
Elles s’expliquent par un rayonnement solaire plus important en raison de la saison (en été, les journées sont plus longues) et de la présence d’anticyclones. Ces conditions météorologiques diminuent la couverture nuageuse et rendent le rayonnement plus efficace.
On parle de canicule marine quand la température de l’eau dépasse, pendant au moins cinq jours d’affilée, les valeurs les plus chaudes habituellement relevées à cet endroit et à cette période de l’année, c’est-à-dire celles qui ne se produisent normalement qu’une année sur dix. Sous l’effet du changement climatique, elles sont plus intenses, plus fréquentes et plus longues.
Quel est l’impact des canicules marines sur les espèces qui vivent dans l’océan ?
Deux ou trois degrés supplémentaires, c’est énorme pour une espèce. En Méditerranée, on observe donc une surmortalité massive d’organismes fixés sous la surface de l’eau. Elle affecte les coraux rouges, les éponges ou encore les gorgones.
Ces épisodes ne sont pas nouveaux : la Méditerranée en a connu en 1999, en 2003, puis de façon répétée entre 2015 et 2019. En 2024 et 2025, l’Ifremer [l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, NDLR] a même constaté une surmortalité de poissons et d’invertébrés aux abords de l’Espagne, de l’Italie et de la Grèce.
👉 Cliquez ici pour lire l’intégralité de cet entretien mené par Mathilde Picard et connaître l’impact de ce phénomène sur la vie marine.

· Jeudi, à la suite d’une réunion avec le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, l’intersyndicale des pompier·es a appelé à une mobilisation le 29 septembre prochain. Les professionnel·les ont déclaré être «très déçus» des promesses du gouvernement. Ils et elles protestent contre le manque de moyens humains et matériels dans la lutte contre les incendies, qui s’est fait particulièrement ressentir cet été. Le même jour, un nouveau feu a parcouru 1 100 hectares dans les Landes.
· Jeudi encore, la vague de chaleur a dépassé en durée celle de 2003, avec 17 jours consécutifs. C’est le troisième épisode le plus long après ceux de 2006 et 1986. Jeudi a également été une des journées les plus chaudes que la France ait connue, selon Météo-France. Après des pics à 40 degrés Celsius en Île-de-France et dans le Centre ce vendredi, les températures devraient commencer à se rafraîchir dès samedi.
· Mardi, les occupant·es de la zone à défendre (Zad) de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, ont affirmé leur opposition à la construction d’un centre de rétention administrative (CRA), lieu d’enfermement spécifique aux exilé·es en attente de jugement, près de Nantes. Les parcelles de forêt détruites pour ériger ce dernier sont censées être contrebalancées par diverses mesures de compensation sur le site de l’ancien lieu de résistance au projet d’aéroport avorté. Pour protester, les paysan·nes ont annoncé organiser des plantations de semis à l’automne sur les trois des parcelles de la Zad concernées. Notre article

· Le recours à des outils d’intelligence artificielle (IA) par les entreprises pétro-gazières risque de doper l’exploitation des hydrocarbures et d’accroître encore davantage les émissions de dioxyde de carbone (CO2), révèle une étude qui vient d’être publiée dans la revue scientifique internationale . L’IA contribueà diminuer les coûts de forage et à découvrir de nouveaux gisements. Des extractions autrefois jugées non-rentables pourraient donc être à nouveau entreprises par les industriels.


Une nouvelle règlementation européenne limite les PFAS dans les emballages alimentaires
Pfas aux industriels. Mercredi, la Commission européenne a imposé de nouvelles restrictions d’utilisation des PFAS, ces polluants toxiques et ultra-persistants, dans les emballages alimentaires. Ces derniers ne pourront plus être commercialisés s’ils contiennent des polluants éternels au-dessus de seuils fixés par l’Union européenne – pas plus de 25 parties par milliard (ppb) par PFAS, et pas plus de 250 ppb pour la somme des PFAS d’un emballage. Cette mesure fait partie du règlement européen sur les emballages et leurs déchets, qui affiche pour la première fois des objectifs de réduction de la production. Le texte a toutefois été largement amoindri par le lobbying de l’industrie (McDonald’s, Coca-cola ou Heineken). De nombreuses dispositions ont été reportées à 2030, 2035 voire 2040. C’est le cas par exemple de l’obligation d’intégrer 70% de matière recyclable dans les emballages.

«C’est une ville de demain pensée hier» : La Grande-Motte, station balnéaire modèle face au réchauffement climatique ?
La Grande Mode ? La mer grignote le littoral méditerranéen, les canicules s’intensifient… À La Grande-Motte, station balnéaire de l’Hérault créée dans les années 1960, les choix de son architecte, Jean Balladur, apparaissent aujourd’hui comme des atouts inattendus. Plus de 70% de la superficie de la ville est par exemple occupé par des espaces verts. Mais ces bénéfices ne dissipent pas les inquiétudes face au changement climatique : des associations contestent le nouveau projet de Ville-Port et s’inquiètent pour les habitant·es des immeubles pyramides en voie de se transformer en bouilloires thermiques.
👉 Cliquez ici pour lire l’intégralité du reportage d’Agathe Beaudouin et connaître les mesures d’adaptation de la ville au changement climatique.


«C’est invivable» : en lutte contre l’«enfer» de sa bouilloire thermique, elle décide de déménager pour protéger son bébé
Chaleur de partir. Depuis le début de l’été, la température a largement dépassé les 31 degrés Celsius dans le logement de Pauline Paredes à Albi (Tarn), où elle vit avec son jeune enfant de 10 mois. En l’absence de mesures prises par son bailleur social, elle a décidé de quitter l’appartement avant le printemps prochain. Comme elle, de nombreuses personnes ont raconté à Vert leur projet de déménagement après avoir vécu les dernières canicules.

+ Moncef Arbadji, Agathe Beaudouin, Rémy Calland et Esteban Grépinet ont contribué à ce numéro.







