Louis Aliot, le maire Rassemblement national (RN) sortant de Perpignan (Pyrénées-Orientales), a été l’un des premiers à être réélu dès le premier tour des élections municipales, ce dimanche, avec 51,4% des suffrages, selon les premières estimations Ipsos dévoilées à 20 heures. Il s’impose loin devant ses concurrent·es, de la gauche à la droite, qui plafonnent autour des 15%.

Le parti d’extrême droite conserve donc sa plus grosse ville gagnée en 2020 (120 000 habitant·es). D’autres maires lepénistes seraient aussi réélu·es dès ce dimanche, comme Steeve Briois (78,25%) à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), David Rachline à Fréjus (51,33%), dans le Var, Fabien Engelmann (72,96%) à Hayange (Moselle) ou Nelson Chaudon à Beaucaire (Gard).
«Les Français ont une aspiration profonde au changement. Dans de nombreuses communes, les candidats du RN arrivent en tête ou sont en bonne position pour l’emporter dimanche prochain», a estimé le président du parti, Jordan Bardella. Selon lui, la réélection précoce des maires RN est le signe de «la reconnaissance d’un travail sérieux, d’une gestion honnête et d’une politique de bon sens». Pourtant, les édiles Rassemblement national ignorent voire aggravent la menace climatique sur leur territoire, comme le montrait un rapport de l’ONG Oxfam, relayé par Vert à la mi-février.
Le RN et ses alliés en tête à Nice et Toulon, au coude-à-coude à Marseille
Le RN est aussi largement en tête à Toulon (Var), où il espère reconquérir la mairie après un premier mandat de 1995 à 2001. Sa candidate, Laure Lavalette, obtiendrait près de 39,40% des voix devant ses adversaires de droite Josée Massi (maire sortant divers droite, 30,30%) et Michel Bonnus (Les Républicains et alliés, 16%). Le maintien ou non de ce dernier pèsera sur l’issue du scrutin dimanche prochain dans la préfecture du Var. Laure Lavalette a indiqué «tendre la main aux électeurs de Michel Bonnus», au micro de BFM TV ce dimanche soir.
À Nice aussi, Éric Ciotti (Union des droites pour la République, parti allié du RN) est annoncé en tête à 41,50% des suffrages. Il devance de 10 points son rival, le maire sortant Christian Estrosi (Horizons). «Tout Niçois qui réfléchit sait que c’est Ciotti ou Estrosi qui va gagner», avait pronostiqué Jean-Marc Governatori, ancien candidat à la primaire des Écologistes en 2022, qui se justifiait auprès de Vert, le 23 février, de rejoindre l’extrême droite et la liste ciottiste.

Dans la deuxième ville de France, Marseille, où le RN nourrit aussi des espoirs de victoire, son candidat Franck Allisio (34,30%) est arrivé juste derrière le maire sortant Benoit Payan (divers gauche, 36,80%). Les clés du second tour sont à chercher du côté d’une alliance potentielle entre le maire sortant et l’insoumis Sébastien Delogu (11,50%) et du report des voix de Martine Vassal (Les Républicains et alliés, 13,10%), qualifié·es au second tour.
Quels résultats pour les climatosceptiques du RN ?
À Carcassonne, autre ville qui peut basculer à l’extrême droite, le député-candidat du RN, Christophe Barthès, arrive légèrement en tête, avec 27,33% des suffrages exprimés. À Vert, qui l’avait rencontré en février, il disait ne pas croire que le climat allait se réchauffer. Il devance le candidat soutenu par le Parti socialiste, Alix Soler-Alcaraz (26,93%), le candidat Horizons François Mourad (25,54%) et le maire sortant divers droite Gérard Larrat (14,06%).
Des seize autres candidats climatosceptiques recensés par Vert mercredi, seulement six ont été élus ou sont en tête ce dimanche soir. Thibaut de La Tocnaye, qui pense que le réchauffement climatique est dû à «l’activité magnétique du soleil», a été élu dès le premier tour dans le village de Préaux (Indre). Même chose pour Éric Le Dissès, le maire sortant de Marignane (Var), réélu à 77%. La liste soutenue par le député du Loiret Thomas Ménagé est en tête à Amilly (Loiret). À Pauillac, en Gironde, la liste RN où figure en deuxième position l’ancien député Grégoire de Fournas est aussi devant.
Comme évoqué plus haut, les lepénistes sont arrivé·es premiers à Toulon, où Amaury Navarranne – qui pense que l’augmentation des températures «n’est pas de notre faute : c’est la planète !» – est colistier de Laure Lavalette. Enfin, à Nîmes, Julien Sanchez, candidat et directeur de la campagne municipale du RN à l’échelle nationale, est en tête pour seulement 163 voix, selon Midi Libre.
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