Un recul de plus. Le débat sur la pétition contre la loi Duplomb, qui avait recueilli plus de deux millions de signatures l’été dernier contre ce texte agricole décrié, devait se tenir mercredi 7 janvier dans le grand hémicycle de l’Assemblée nationale. Il a finalement été repoussé au mois de février.
C’est l’entourage de la députée (La France insoumise) Aurélie Trouvé, co-rapporteure du dossier et figure de l’opposition à la loi Duplomb, qui a appris la nouvelle à l’Agence France-Presse. «Le débat programmé en hémicycle mercredi 7 janvier sur la loi Duplomb est reporté à la semaine de contrôle [de l’Assemblée nationale, NDLR] de février, afin de permettre la présence de la ministre [de l’agriculture Annie] Genevard. Sans doute le 10 ou le 11», précise-t-on.
Déplacement d’Annie Genevard à Bruxelles
Comme nous l’expliquions fin novembre à l’annonce de la date de ce débat historique, un membre du gouvernement doit forcément être présent lors de la discussion parlementaire. Une gageure a priori destinée à la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, qui a défendu cette proposition de loi sénatoriale jusqu’à son adoption finale en juillet dernier.

Mais, comme le rappelle l’entourage d’Aurélie Trouvé, Annie Genevard a finalement prévu un déplacement à Bruxelles (Belgique) le 7 janvier. Elle espère notamment obtenir l’accord de la Commission européenne sur la suspension des importations de produits sud-américains contenant des résidus de pesticides interdits en Europe, décidée ce week-end par le gouvernement français (notre article).
L’exécutif est par ailleurs au cœur de la tempête agricole, alors que l’ensemble des syndicats de la profession sont reçus à Matignon ces 5 et 6 janvier. Tous ont annoncé des mobilisations partout en France pour dénoncer la signature prochaine de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les cinq pays d’Amérique du Sud du Mercosur (notre article). Ils contestent aussi la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse.
«Nous avons l’impression de revivre la loi Duplomb»
Adoptée par les parlementaires le 8 juillet 2025, puis promulguée par le président de la République, la loi Duplomb (du nom de son co-rédacteur, le sénateur Laurent Duplomb) a fait l’objet d’un vaste mouvement de protestation l’été dernier. La pétition réclamant son abrogation a réuni 2,13 millions de signatures, permettant un débat à l’Assemblée nationale – ce qui serait une première dans l’histoire de la Vème République.
À l’issue d’un long processus parlementaire, les député·es se sont accordé·es sur l’organisation de ce débat, six mois après le lancement de la pétition (notre article). Pour Fleur Breteau, fondatrice du collectif Cancer colère et nouvelle figure du combat contre les pollutions chimiques, ce report inattendu au mois de février est «un scandale, une baffe dans la tête des plus de deux millions de Français qui ont signé la pétition».
«Cela fait plus d’un an que nous attendons ce débat, et il n’arrive toujours pas.»
«Nous avons l’impression de revivre la loi Duplomb, dénonce-t-elle encore. Cela fait plus d’un an que nous attendons ce débat, et il n’arrive toujours pas. On nous prive encore de parole.» Pour rappel, la loi Duplomb n’a jamais été discutée à l’Assemblée nationale, ses soutiens ayant utilisé une motion de rejet préalable pour contourner les nombreux amendements déposés par la gauche (notre article).
Cancer colère avait prévu un rassemblement et une «chorale citoyenne» près de l’Assemblée nationale mercredi, avant le débat initialement prévu l’après-midi. Malgré le report de ce dernier, une action sera maintenue en soutien aux mobilisations paysannes prévues en parallèle, notamment par la Confédération paysanne, annonce Fleur Breteau : «Les malades ont toute légitimité à rejoindre les paysannes et paysans. Si eux disparaissent, nous sommes cuits.»
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Duplomb B. «Alors que début septembre 2025 s’ouvre une séquence d’importantes mobilisations en France, et que la justice vient de rendre une décision historique ordonnant à l’État de revoir ses procédures d’autorisation des pesticides, les attentes des millions de citoyen·nes qui ont signé la pétition contre la loi Duplomb ne peuvent être balayées d’un revers de main», estiment les signataires de cette tribune à Vert.