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Épidémie de dermatose nodulaire : un nouveau cas en Ariège, la vaccination se poursuit dans le Sud-Ouest

Dermatose tout. Malgré la vaccination totale du département, un nouveau cas de dermatose nodulaire contagieuse a été détecté dans une ferme ariégeoise. Le gouvernement poursuit sa campagne de prévention dans le Sud-Ouest, tandis que la Confédération paysanne a appelé au «redémarrage massif des mobilisations dès la première semaine de janvier».
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«L’ensemble du cheptel bovin de l’Ariège sera vacciné contre la DNC avant la fin d’année», se félicitait le ministère de l’agriculture dans son dernier communiqué de presse sur l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) de l’année 2025. Au 30 décembre, le département pyrénéen – où avait explosé la colère agricole suite à l’abattage d’un troupeau contaminé début décembre – atteignait une couverture vaccinale de 98,5%.

Jérôme Bayle (avec un micro) et les «Ultras de l’A64» ont organisé leur propre Réveillon de Noël sur le blocage routier de Carbonne (Haute-Garonne). © Matthieu RONDEL/AFP

Coïncidence mordante : deux jours après cette annonce, un nouveau cas de contamination est fortement suspecté dans une ferme de Léran, à l’Est de l’Ariège, d’après le journal local La Dépêche. L’information n’a pas encore été confirmée par la préfecture du département, ni par le ministère de l’agriculture. Les 113 vaches de l’exploitation doivent être abattues ce vendredi, conformément à la stratégie sanitaire du gouvernement déployée depuis l’arrivée de cette maladie animale au début de l’été 2025.

Reprise des contestations

Si elle est très efficace pour limiter la propagation du virus, la vaccination n’empêche pas l’apparition de nouvelles contaminations, surtout dans les premières semaines. «Comme tous les vaccins, il lui faut un certain temps pour que l’organisme réponde et pour que la réponse immunitaire soit pleine, explique Stéphanie Philizot, présidente de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV). Il faut 21 à 28 jours pour avoir une réponse immunitaire correcte, et la maladie incube 4 à 35 jours.»

Un animal peut donc être contaminé plusieurs semaines après avoir reçu le vaccin (ou même avant l’injection), sans que le virus ne soit détecté. «La maladie va faire son travail et on va voir arriver un bovin infecté, visible ou pas, jusqu’à presque 60 jours après l’injection vaccinale, détaille Stéphanie Philizot. C’est la raison pour laquelle on ne peut pas considérer qu’on n’a pas de risque» quand un troupeau vient d’être vacciné.

Selon les informations d’Actu Toulouse, le nouveau cheptel contaminé dans l’Ariège était vacciné depuis deux semaines. «Cela fait plus de quatre mois qu’on exige la vaccination totale, si on nous avait écoutés, on ne serait pas dans cette situation», s’énerve auprès du média local Sébastien Durand, président de la Coordination rurale du département. Connu pour ses actions coup de poing, le syndicat agricole n’a pas prévu de mobilisation devant la ferme, les éleveur·ses concerné·es ayant selon lui accepté l’abattage total de leur troupeau.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, plusieurs «bonnets jaunes» de la Coordination rurale de l’Ariège ont tout de même manifesté devant la préfecture de Foix et les sous-préfectures de Saint-Girons et Pamiers. Également opposée aux abattages systématiques de troupeaux, la Confédération paysanne locale a répondu à l’appel, maintenant l’alliance de circonstance étonnante entre les deux syndicats (la «Conf’» est historiquement proche des mouvement de gauche et écologistes, quand de nombreux·ses membres de la «CR» sont proches de l’extrême droite). À Foix, une centaine d’agriculteur·ices ont déversé des gravats et soudé le portail de la préfecture.

«On ne peut pas laisser des mecs pendant un mois sous un pont»

Après une intensification du mouvement de colère agricole au cours du mois de décembre – d’abord dans le Sud-Ouest, puis dans le reste de la France –, la mobilisation a baissé d’un ton depuis une semaine en raison des fêtes de fin d’année. Plusieurs agriculteur·ices restent pourtant mobilisé·es : plusieurs centaines de personnes ont par exemple fêté le Réveillon du 24 décembre sur le point de blocage de l’autoroute A64 au niveau de Carbonne (Haute-Garonne), tenu depuis le 12 décembre par les agriculteur·ices indépendant·es des «Ultras de l’A64».

«On se bat, on est mobilisés, on est toujours présents, on y croit encore, on va faire bouger les lignes et sauver l’agriculture dans notre département !», a égrainé au micro Jérôme Bayle, le leader des «Ultras de l’A64». Ces dernier·es ont déposé deux cadeaux pour la ministre de l’agriculture, Annie Genevard et le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour les «inciter» à venir les rencontrer sur leur point de blocage : «Il va falloir qu’ils nous écoutent, c’est pas possible, on ne peut pas laisser des mecs pendant un mois sous un pont, mais s’il le faut on y restera un mois», a promis Jérôme Bayle.

Au niveau national, la Confédération paysanne a annoncé une amplification des mobilisations à la rentrée. Dans un communiqué, le troisième syndicat agricole de France «appelle au redémarrage massif des mobilisations dès la première semaine de janvier». Ses porte-paroles proposent un «jour privilégié d’actions le 7 janvier», soit au lendemain de leur rencontre prévue avec le Premier ministre, pour contester la gestion de l’épidémie de DNC, mais également la signature probable de l’accord de libre-échange du Mercosur, prévue pour le 12 janvier (notre article).

De son côté, le gouvernement mise toujours sur le même triptyque depuis juin : «dépeuplement» de l’ensemble des animaux en contact lors d’une contamination, restriction des déplacements de bovins dans un rayon de 50 kilomètres autour du foyer et vaccination massive des animaux dans cette zone réglementée. Seule petite ouverture aux demandes des opposant·es à cette stratégie : la vaccination a été élargie à plusieurs départements du Sud-Ouest. Au 1er janvier 2026, plus des deux tiers des bovins de cette zone étaient vaccinés.

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