La carte interactive

Municipales 2026 : à Colombes, en région parisienne, le maire Les Écologistes a-t-il rendu la ville «plus verte qu’il y a six ans» ?

Banlieue de vie. Depuis 2020, Colombes est la plus grande commune d’Île-de-France dirigée par un membre du parti Les Écologistes. Végétalisation, pistes cyclables, rénovations thermiques… alors que Patrick Chaimovitch brigue un nouveau mandat, Vert se penche sur son bilan.
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En 2020, Patrick Chaimovitch (Les Écologistes) a succédé à Nicole Goueta (Les Républicains) à la tête de la mairie de Colombes, dans les Hauts-de-Seine. C’est la première fois que cette commune de région parisienne, qui rassemble plus de 90 000 habitant·es, passe sous mandature écologiste. «On partait de très loin et il a fallu rattraper le retard, mais aujourd’hui Colombes est plus verte qu’il y a six ans», assure Patrick Chaimovitch, qui se représente à l’occasion des élections municipales 2026. La concurrence est rude : trois listes à droite, trois à gauche, dont une menée par un adjoint du maire sortant, Valentin Narbonnais, candidat issu du Parti socialiste. Selon un sondage de Cluster 17 en février, l’édile actuel sera fortement challengé par les candidat·es de la droite lors du scrutin de mars.

L’heure est au bilan. Végétalisation, rénovation énergétique des logements ou encore aménagement de nouvelles pistes cyclables, Patrick Chaimovitch et ses conseiller·es ont été élu·es sur un programme ambitieux. Notre carte interactive (ci-dessus) permet de voir les mesures prises en matière de politique environnementale dans la ville, et de les comparer avec les promesses formulées lors de la dernière campagne pour les municipales.

La végétalisation à la racine de la politique écologiste

Selon l’Institut Paris Région, 31% de la population francilienne réside dans des îlots fortement vulnérables à la chaleur. Face au changement climatique, la végétalisation est un moyen de lutter contre le phénomène. Un des engagements de la campagne de 2020 de Patrick Chaimovitch est résumé par la formule «Une naissance, un arbre». Avec environ 1 300 naissances par an à Colombes, cela portait l’objectif à 7 800 arbres à planter au cours du mandat. Selon les chiffres de 2024, 3 500 arbres ont été érigés sur le territoire communal. Et, dans le cadre du programme, 4 000 autres ont vu le jour dans des forêts situées ailleurs en France. Par manque d’espace disponible pour la plantation, «nous avons d’abord planté en dehors de Colombes, en Bretagne notamment», justifie le maire. Si ces arbres n’auront aucun impact sur les îlots de chaleur urbains localement, ils ont bien un intérêt pour la ville : alléger son bilan carbone grâce à ce mécanisme de compensation.

Pour Alexandre Giudicelli, élu d’opposition sous l’actuelle mandature et inscrit sur la liste Rassemblement pour Colombes (Les Républicains), «cette promesse, c’était un slogan. Concrètement, les Colombiens et Colombiennes n’ont pas vu l’accroissement du nombre d’arbres dans leur ville.» Il appuie : «La municipalité avait un projet de micro-forêt urbaine dans le quartier [prioritaire] des Fossés-Jean, mais elle n’a pas pris et c’est vite devenu un dépotoir.»

Deux forêts urbaines ont été plantées dans ce quartier situé au nord-est de Colombes. Une première de 500 mètres carrés au sein du parc Caillebotte, deuxième plus grand espace vert de la ville. Une seconde, de 380 mètres carrés, au pied de la tour Z et ses 28 étages. Le maire admet que cette dernière n’est pas en bon état aujourd’hui, mais rétorque : «C’est un travail de long terme, les arbres mettront une dizaine d’années à pousser, mais cela se prépare maintenant.» Une troisième forêt urbaine doit être plantée en 2026, sur la place Victor Basch du Petit-Colombes, un autre quartier populaire au sud-ouest de la ville.

La maire écologiste de Colombes a promis l’agrandissement du parc Caillebotte. © Wikimedia

En 2020, une autre promesse avait été annoncée : 100% des cours d’école végétalisées. En réalité, neuf cours écologiques ont été réalisées sur une quarantaine d’écoles au total à Colombes. «Certaines cours n’ont pas pu être végétalisées en raison de leur configuration et du temps nécessaire à la concertation avec les enseignants et les parents», justifie Patrick Chaimovitch.

La transition écologique se joue aussi dans les bâtiments

«Dans le quartier de l’Arc sportif, on a créé une nouvelle école bâtie avec des matériaux biosourcés ainsi qu’un système de chauffage et de rafraîchissement géothermique», décrit-il. Le groupe scolaire Dominique Frelaut a ouvert ses portes en octobre dernier. Bâti sur la friche occupée jusqu’en 2012 par la multinationale Thales, ce nouveau quartier est en projet depuis 2016 et les travaux avaient débuté avant l’arrivée des Écologistes, qui ont donc été obligé·es de s’adapter. La zone d’aménagement concerté (ZAC) de l’Arc sportif comprend désormais logements, crèches, écoles, complexe sportif et jardins.

En cette fin de mandature écologiste, l’un des reproches récurrents de l’opposition est la densification : Colombes compte environ 11 000 habitant·es au kilomètre carré. «Le maire a fait campagne sur le stop béton, mais il y a eu un accroissement de l’urbanisation avec des opérations denses comprenant peu d’espaces verts», estime Alexandre Giudicelli. Toutefois, le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) impose 30% de pleine terre et 10% d’espaces verts complémentaires pour les projets situés en zones denses.

Pour permettre la transition écologique, la municipalité travaille sur un projet de réseau de chaleur avec de la biomasse et poursuit les travaux de rénovation énergétique des bâtiments publics et de réhabilitation des logements – plus particulièrement auprès du principal bailleur social, Colombes habitat public. Pas moins de 24 résidences et 1 739 logements sont concernés et doivent atteindre une étiquette C, voire B, au diagnostic de performance énergétique (DPE), afin de permettre une réduction d’au moins 40% de la consommation d’énergie.

Plus de vélos, moins de voitures

De 2020 à 2026, les déplacements ont été l’un des enjeux phares, le but étant de favoriser les mobilités douces et de sécuriser davantage les rues. Ainsi, dès le début du mandat, la limitation de la vitesse à 30 kilomètres/heure a été mise en œuvre dans la quasi-intégralité de la ville. Deux expérimentations de «rue aux écoles» ont par ailleurs permis de piétonniser les voies aux abords du groupe scolaire Buffon et de l’école maternelle Reine Henriette.

«Durant ce mandat, nous avons créé six kilomètres de pistes cyclables», se félicite le maire. Deux kilomètres de pistes ont été aménagés avec le département pour les Jeux olympiques de Paris 2024, autour du stade Yves-du-Manoir, où se sont déroulées les épreuves de hockey sur gazon. Les quatre autres kilomètres ont été achevés à l’été 2025, rues d’Estienne d’Orves et des Voies du Bois. «On a concerté les habitants et réalisé des études pour arbitrer entre pistes cyclables, stationnement sur voirie et remise à niveau des trottoirs pour les piétons», détaille Patrick Chaimovitch. Nadia Frontiny, candidate divers droite aux municipales, ne voit pas les choses ainsi : «Le manque d’écoute a engendré une guerre ouverte entre les quelques cyclistes qui se déplacent sur une énorme piste et les automobilistes qui se retrouvent dans les embouteillages.»

Deux kilomètres de pistes cyclables ont été aménagés avec le département autour du stade Yves-du-Manoir, pour les Jeux olympiques de Paris 2024. © Joe Brable/Wikimedia

530 usager·es ont fréquenté les pistes cyclables en septembre 2021, contre 127 en mai 2021, selon les comptages effectués par la mairie. L’ancienne adjointe de Nicole Goueta renchérit : «Colombes est une ville de banlieue, et tant que le Grand Paris Express [un projet de réseau de transport public autour de Paris, NDLR] n’est pas terminé, il est impossible de se passer de la voiture.»

«Creuser le sillon de l’écologie»

Des mesures écologiques plus globales ont permis de verdir la commune : remplacement en LED de l’éclairage public (sur 2 500 installations), collecte des biodéchets (valorisés par méthanisation) dans les restaurants scolaires, les marchés forains et le self municipal, ou encore la part grandissante de produits bios dans les cantines scolaires (25,5% atteints en 2025, un taux supérieur aux 20% fixés par la loi).

En outre, entre 2019 et 2025, Colombes a vu sa consommation d’énergie baisser de 20%. «Ce mandat a permis de creuser le sillon de l’écologie. Néanmoins, nos ambitions ont été freinées par le Covid, l’inflation et la crise énergétique», résume le maire sortant. Valentin Narbonnais, l’adjoint au maire qui présente sa propre liste, est du même avis : «Depuis 2020, beaucoup a été fait en matière de transition écologique. Il revient désormais à la prochaine mandature d’accélérer la cadence afin que Colombes et ses habitants soient prêts à accueillir les 50°C qui nous guettent.»

Que ce soit à gauche ou à droite de l’échiquier politique, aucun des candidat·es que nous avons interrogé·es ne semble vouloir revenir sur les mesures environnementales mises en place par le maire écologiste. Fait d’autant plus marquant, elles et ils s’accordent même sur la volonté de végétaliser davantage la commune.

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