Chères toutes et chers tous,
🗞️ C’est l’article le plus lu de la semaine dernière sur vert.eco : «Même au-delà de 2100, le niveau de la mer continuera d’augmenter» : les solutions du Mont-Saint-Michel face au changement climatique. (Re)lisez-le en cliquant juste ici.
Le géant des réseaux sociaux avait promis d’utiliser des énergies vertes… mais retourne sa veste.

«Mon père aurait dû partir autrement» : après les canicules, la colère de celles et ceux qui ont perdu un proche
Elles ne pourront jamais déterminer avec certitude le rôle de la chaleur dans la mort de leurs proches. En revanche, Marie et Sabrina en sont convaincues : la canicule a précipité ces disparitions. Elles racontent à Vert leur deuil et font part de leur colère vis-à-vis de l’État, qu’elles jugent en partie responsable.
Chacun·e l’a éprouvé dans sa chair : les trois canicules qui ont successivement accablé la France hexagonale en mai, juin et juillet ont mis les corps – et les esprits – à rude épreuve. Pour Marie (le prénom a été modifié), l’été 2026 restera associé à une blessure plus profonde : celle de la perte d’un proche. Cette Bretonne de 49 ans a perdu son père le 25 juin dernier.

À 72 ans, Michel (prénom d’emprunt) s’est éteint dans un hôpital du Finistère, après plusieurs jours de lutte dans un service de soins palliatifs, éprouvé par les fortes chaleurs. «Il faisait plus de 30 degrés dans sa chambre, qui n’était évidemment pas climatisée», raconte sa fille. Elle n’est pas la seule à avoir perdu un proche dans ces conditions : au moins 5 764 décès supplémentaires ont été enregistrés en France durant la canicule du 17 juin au 2 juillet, a indiqué Santé publique France mercredi.
En région parisienne, Sabrina a vécu un drame similaire. Son père, âgé de 92 ans, est décédé d’un arrêt cardiaque le 26 juin à l’Ehpad médicalisé Paul-Brousse, à Villejuif (Val-de-Marne), où il résidait depuis plusieurs années. «La chaleur l’a épuisé», décrit sa fille. «Les mécanismes de thermorégulation sont épuisants pour l’organisme, notamment pour le cœur, les poumons et les reins», explique à Vert Kévin Jean, épidémiologiste spécialiste des liens entre santé, environnement et changement climatique.
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· Dimanche, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué que 115 000 hectares avaient déjà été parcourus par les flammes depuis le début de l’année en France hexagonale, avec «30 à 40 départs de feu» par jour. En Gironde, l’incendie a ravagé plus de 42 000 hectares et a entraîné l’évacuation de 220 000 personnes et la destruction de 240 habitations. Il s’agit du deuxième incendie le plus important de l’histoire en France, derrière celui de 1949, qui avait parcouru 50 000 hectares dans le même département.

· Mardi, une nouvelle vague de chaleur s’installera sur le pays, selon Météo-France. Ce sera la troisième de l’année après celles de juin et de juillet et après la canicule précoce du mois de mai. Les températures atteindront 32 à 36°C sur une grande partie du pays, voire 36 à 37°C dans le Sud-Ouest. Le mercure restera élevé toute la semaine avec un pic mercredi sur une large partie ouest du territoire hexagonal et des pointes à 40°C.
· Vendredi, les député·es insoumis·es et écologistes d’une part, et les député·es socialistes d’autre part, ont saisi le Conseil constitutionnel dans des recours contre le projet de loi d’urgence agricole, adopté mardi dernier. Les parlementaires contestent notamment la potentielle réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux pesticides interdits en France, et jugent que cette mesure n’a pas de lien avec le texte initial.


Pyrocumulonimbus
Nuage de fer. Vendredi et samedi derniers, des épisodes «d’orages de feu» provoqués par un pyrocumulonimbus ont accru la dangerosité du gigantesque incendie en Gironde. Ce phénomène provient d’un nuage formé au-dessus du feu : un pyrocumulus, qui peut ensuite se transformer en pyrocumulonimbus, encore plus grand. Ces formations nuageuses sont créées par un courant d’air chaud rempli de vapeur d’eau qui remonte vers le ciel. Il génère ses propres éclairs et colonnes de vent, capables d’arracher des arbres, de souffler sur les braises et de créer de nouveaux départs de flammes. Contrairement à un nuage d’orage classique, il ne provoque pas de précipitations. On n’en avait jamais observé d’aussi gros, d’aussi haut et avec des épisodes d’orages aussi nombreux. Le pyrocumulonimbus rend l’incendie plus imprévisible et difficile à maîtriser pour les pompier·es.


Pour alimenter ses centres de données, Meta revient sur sa promesse d’utiliser des énergies propres
Meta rien compris. Vendredi, le géant étasunien des réseaux sociaux a annoncé s’être retiré de l’initiative RE100, un engagement à se fournir exclusivement en électricité renouvelable pour toutes ses activités, pris aux côtés d’autres multinationales. Une marche arrière qui intervient en plein boom des centres de données, ces infrastructures énergivores indissociables du développement de l’intelligence artificielle (IA). Alors que l’entreprise de Mark Zuckerberg assure couvrir depuis 2020 «100% de sa consommation d’électricité grâce aux investissements dans l’éolien et le solaire», elle vient de conclure des accords pour la mise en service de nouvelles centrales à gaz, notamment pour alimenter son centre de données Hyperion en Louisiane. Le mois dernier, Microsoft et Google ont conclu le même genre de partenariat.

En Gironde, un incroyable élan de solidarité face aux incendies : LA bonne nouvelle de la semaine
À feu et à cent. Des centaines d’agriculteur·ices mobilisé·es pour aider les pompier·es, des pays européens en renfort… Cette semaine, Gaëtan Gabriele n’a pas le cœur à danser, mais il a déniché les principales infos sur l’entraide citoyenne face aux flammes.

+ Rémy Calland, Gaëtan Gabriele, Lilou Hiver, Mathilde Picard et Antoine Poncet ont contribué à ce numéro.







