Troisième canicule, feux gigantesques… Voici à quoi s’attendre cette semaine du 6 juillet

Flammes fatales.
Alors que le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré en France hexagonale, les fortes températures sont de retour cette semaine. La chaleur persistante et le vent ont créé des conditions propices à de puissants incendies dans le sud du territoire.
Depuis le 4 juillet, un feu ravage les alentours de l’Ille-sur-Têt, dans les Pyrénées-Orientales. Les pompiers ont réussi à le maîtriser. © Matthieu Rondel/AFP

«Un train de canicules»

La vague de chaleur de juin a officiellement pris fin mardi dernier, laissant à la France hexagonale à peine quelques jours plus frais avant que le mercure ne grimpe de nouveau dans le sud, ce week-end. Seize départements sont classés en vigilance orange canicule ce lundi, notamment à l’ouest (Charente-Maritime, Gironde, Landes entre autres) et dans le sud-est (Ardèche, Drôme, Vaucluse, par exemple). En mai dernier déjà, le thermomètre avait atteint des valeurs historiques pour la saison.

Ce lundi, le sud du territoire sera le plus affecté par les températures très élevées : du sud-ouest jusqu’à la basse vallée du Rhône, le thermomètre dépassera les 35 degrés Celsius (°C), voire les 38°C à 40°C localement au plus chaud de la journée. Des températures qui se propageront vers le nord mardi, avec des maximales entre 36°C et 38°C dans l’est et le nord de l’Hexagone, y compris en région parisienne. Seuls les Hauts-de-France et l’extrême est resteront en dessous des 35°C.

Prévisions de températures pour le mardi 7 juillet. © Météo-France

Il est encore difficile de définir la durée de ce nouvel épisode caniculaire. La situation pourrait se prolonger en raison d’un anticyclone sur le proche Atlantique, qui empêche les dépressions et de potentielles précipitations d’atteindre le territoire. Le réchauffement climatique rend les vagues de chaleur et canicules plus fréquentes, plus précoces et plus intenses. Cet épisode de chaleurs intenses est le troisième après ceux, inédits, de mai puis de juin : un véritable «train de canicules», selon le climatologue Christophe Cassou, qui appelle dans un post Linkedin à «politiser les canicules».

Une sécheresse inédite

«Une sécheresse sans précédent s’installe, surpassant celle de 1976 qui avait saigné le monde agricole et économique», relève encore Christophe Cassou. Le déficit de pluie a atteint près de 50% sur le mois de juin, selon Météo-France, provoquant une sécheresse généralisée à l’ensemble de l’Hexagone et de la Corse depuis la fin du mois. De nombreux départements connaissent actuellement des restrictions d’eau, décidées par les préfets, consultables juste ici.

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Les plantes sont particulièrement affectées par la chaleur et le vent. Cette combinaison provoque un effet sèche-cheveux qui peut leur être fatal. Dans un post Linkedin, l’agroclimatologue Serge Zaka explique que les agriculteur·ices doivent s’attendre à des impacts étendus de cette sécheresse, tels que «la brûlure totale des légumes les plus sensibles, l’avortement massif de fleurs pour le maraîchage, la défoliation [perte de tout ou partie des feuilles, NDLR] massive des arbres et une mortalité massive des animaux les plus sensibles […] Ce qui se profile est une catastrophe pour nos écosystèmes.»

Une saison des feux remarquablement précoce

Météo-France le signalait depuis plusieurs semaines : l’enchaînement d’épisodes de chaleur précoces, additionné aux rafales dans le sud du territoire, multiplie le risque d’incendies. L’assèchement de la végétation a transformé cette dernière en un combustible hautement inflammable.

Ce lundi matin, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez a indiqué sur France 2 que 11 000 hectares avaient brûlé depuis le début de la saison, contre 5 700 à la même période en 2025. Dans les Pyrénées-Orientales, un feu gigantesque a entraîné l’évacuation de 10 000 personnes et n’était pas encore fixé ce lundi matin. D’autres brasiers ont démarré, notamment en Ariège, dans l’Aude ou encore dans le Gard.

Sans compter que, depuis mercredi, les vents se renforcent dans la moitié sud du pays. La tramontane (vent turbulent venu du nord-ouest) s’est étendue, et un fort mistral (vent fort et sec) souffle sur le pourtour méditerranéen.

Sept départements sont actuellement placés en risque «très élevé» d’incendies, le plus haut niveau d’alerte, et 41 en risque «élevé». Mardi, 57 départements seront concernés par un danger élevé.

D’une canicule à l’autre, nous oublions collectivement ce que nous avons subi. Une amnésie qui conduit beaucoup d’entre nous à élire celles et ceux qui aggravent la crise climatique.

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