Les politiques publiques, nombreuses, visent en particulier à rendre ces modes de transport financièrement attractifs : une quarantaine de collectivités ont ainsi opté pour rendre les transports en commun (quasiment) gratuits, selon l’Observatoire du transport gratuit. Nombre d’entre elles subventionnent également l’achat de vélos, le covoiturage, etc.
Une initiative venant d’Autriche fait même le buzz chez plusieurs de nos voisins : la mise en place d’abonnements illimités et à bas prix destinés à favoriser le train (Vert). Le succès semble saisissant : +42% de voyages en train cet été en Allemagne ! Mais en réalité, le report modal reste assez faible : le service allemand de la statistique n’a pas constaté de baisse significative du trafic routier, concluant plutôt à « une hausse généralisée des voyages » plutôt qu’à un réel transfert de la voiture vers le train.
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Hélas, « une tarification attractive ne peut pas tout », explique Neil Makaroff à Vert. Selon le responsable des politiques européennes du Réseau action climat, « il faut aussi que l’investissement dans les infrastructures soit à la hauteur pour garantir un maillage, une fréquence et un niveau de service suffisant ». Or, d’après l’Observatoire de la mobilité, 18 millions de personnes (27 % des Français·es) sont aujourd’hui privées d’accès à un réseau de transports publics. Surtout, « on reste dans la mise en avant de certains transports alternatifs tout en continuant de soutenir massivement la voiture individuelle », souligne Aurélien Bigo, auteur d’une thèse sur la transition écologique des transports (Vert).
Exemple frappant : le déblocage par le gouvernement de 250 millions d’euros pour la poursuite du plan vélo en 2023 tandis qu’au même moment, une ristourne à la pompe de 4,4 milliards d’euros est accordée aux automobilistes. Pour espérer mettre un terme à l’hégémonie de la voiture individuelle, les chercheurs préconisent de réduire la vitesse en ville et sur les routes, de réduire le stationnement, mais aussi, plus généralement, de repenser l’ensemble des modes de vies pour plus de proximité (plus de télé-travail, moins de zones commerciales, etc).









