Comme son nom ne l’indique pas, l’Inflation Reduction Act (loi de réduction de l’inflation) adoptée cet été par le Congrès américain représente, à lui seul, le plus grand effort de transition écologique jamais consenti par les États-Unis. Le texte prévoit en effet que 370 des 430 milliards de dollars (soit autant d’euros) d’investissements publics prévus sur dix ans seront directement fléchés vers la réduction des émissions de gaz à effet de serre, jusqu’à 50-52% d’ici à 2030 (par rapport à 2005).
Le texte prévoit de nombreuses subventions ou crédits d’impôts pour les ménages et les entreprises qui installent des panneaux solaires, rénovent des bâtiments ou achètent des véhicules électriques. Les investissements liés aux énergies renouvelables, au stockage de carbone, à l’hydrogène « vert » ou encore à la production nucléaire sont également ciblés par des crédits d’impôts.
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Le hic, pour l’Europe, c’est que la plupart de ces dispositions sont assorties de coups de pouce généreux à la production sur le sol américain : les crédits d’impôts pour la production d’électricité décarbonée prévoient ainsi une bonification de 10 % si au moins 40 % de la valeur des équipements est d’origine américaine. Pis, le crédit d’impôt pour l’achat d’un véhicule électrique est entièrement conditionné à l’origine américaine des minerais critiques et de la batterie. Un coup dur pour l’industrie automobile européenne.
Outrée par tant de protectionnisme, l’Union européenne ne sait pas encore sur quel pied danser. Tandis que la France veut riposter avec un « Buy European Act » (loi pour acheter européen), l’Allemagne espère encore obtenir des exemptions par le dialogue. En guise de dialogue, Emmanuel Macron a commencé fort, dès mercredi, en fustigeant des mesures « super agressives » pour l’Europe. Les prochains jours diront si cela a mis Joe Biden dans les meilleures dispositions pour en discuter.









