Trop de PFAS dans des vêtements Kiabi : cinq références rappelées pour «risque chimique», dont une combinaison pour bébés

Décidément, les PFAS sont partout.
Alors qu’il est souvent question de la présence de ces «polluants éternels» dans l’eau du robinet, les œufs, les fruits et légumes ou les poêles de cuisson, une nouvelle affaire concerne cette fois-ci les vêtements. Depuis mardi, plusieurs références de la marque française Kiabi font l’objet d’un rappel en raison d’une quantité de PFAS dans leur composition qui «dépasse les seuils autorisés».

D’après l’alerte lancée sur le site du gouvernement Rappel conso, les consommateur·ices pourraient être exposé·es à un «risque chimique». Une proximité répétée avec ces molécules persistantes «peut avoir des effets délétères pour l’être humain : augmentation du taux de cholestérol, cancers, effets sur la fertilité et le développement du fœtus, sur le foie et sur les reins. Ils sont également suspectés d’interférer avec le système endocrinien (thyroïde) et immunitaire», détaille l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur son site.

Des vêtements pour bébés

Dans cette campagne de rappel, le site gouvernemental épingle cinq références de vêtements, tous commercialisés entre le 20 juin et le 22 décembre 2025. Il s’agit d’un blouson pour homme, de deux coupe-vent pour adultes, d’un autre pour enfant et d’une combinaison matelassée pour bébés. Les risques sur ces deux derniers produits sont d’autant plus importants qu’ils sont portés par des populations fragiles. Il est demandé de ne plus utiliser les articles concernés et de les ramener en magasin pour bénéficier d’un remboursement jusqu’au 31 mai.

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Ce n’est pas la première fois que la marque Kiabi est concernée par un retrait de produits lié à la présence de PFAS au-delà du seuil autorisé. En décembre 2025, des vêtements pour enfants, dont des manteaux imperméables, avaient déjà fait l’objet d’une campagne de rappel.

Une fonction imperméabilisante

Pour Nolwenn Touboulic, ingénieure en économie circulaire à l’Agence de la transition écologique (Ademe), la présence de «polluants éternels» dans les textiles n’est pas une surprise : «Les molécules des PFAS sont très intéressantes pour les vêtements car elles sont résistantes à l’eau et aux graisses, et elles sont très persistantes.» Comme pour les produits de Kiabi, ces substances sont le plus souvent présentes sur des coupe-vent ou des cirés.

Face aux multiples scandales liés à l’omniprésence de PFAS dans l’environnement, le gouvernement français interdit depuis le 1er janvier 2026 la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché de vêtements, de chaussures et d’imperméabilisants contenant ces «polluants éternels». Toutefois, les produits fabriqués avant cette date peuvent encore être commercialisés ou exportés pendant un an. Sans oublier que les articles ne contenant qu’une faible quantité de PFAS peuvent toujours être produits et vendus.

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

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