Adoption de la loi contre les PFAS : une «victoire historique», «un soulagement» et «le début du combat»

Pile poêle.
 Ce jeudi, les député·es ont adopté la proposition de loi de l’écologiste Nicolas Thierry, qui interdit les PFAS – ces substances polluantes ultra-persistantes – dans de nombreux objets du quotidien. «Une victoire historique», qui marque «la première étape» d’un long combat à venir pour dépolluer et tarir la contamination à la source, selon les soutiens du texte.

«C’est une grande victoire et un soulagement», s’enthousiasme le député (Les Écologistes) Nicolas Thierry après l’adoption définitive de sa loi anti-PFAS (ces «polluants éternels») à l’Assemblée nationale ce jeudi. Adopté à 231 voix pour et 51 contre, le texte interdit l’usage de ces polluants persistants dans les textiles, chaussures et cosmétiques à partir du 1er janvier 2026 (notre article).

Ce jeudi, les député·es ont adopté la loi anti-PFAS. © Assemblée nationale

Une adoption qui montre que «l’impunité des industriels n’est pas une fatalité, insiste Nicolas Thierry auprès de Vert. On peut faire bouger les lignes, même dans une période où nous subissons de grands reculs écologiques.»

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Le texte a été adopté à une large majorité, malgré l’opposition des député·es du Rassemblement national, qui ont repris à leur compte les arguments des industriels qui utilisent des PFAS. «Pendant les quatre heures face à l’extrême droite ce matin, j’étais au banc, mais je n’étais pas vraiment tout seul, raconte encore l’auteur du texte, j’étais avec la coalition de scientifiques, d’associations, de syndicats et les milliers de citoyen·nes qui ont interpellé leur député pour soutenir la proposition de loi.»

«Un tournant dans la législation française»

La militante Camille Étienne a applaudi cette «victoire historique», sur son compte Instagram. Pour celle qui informe et mobilise le grand public sur cette contamination massive depuis plus d’un an, c’est une preuve que «l’activisme marche», et «l’aboutissement de douze mois de mobilisation citoyenne».

La chercheuse Laurence Coiffard, enseignante en cosmétologie, a souligné sur X «la bonne nouvelle» que représente l’interdiction de la vente de produits de beauté qui contiennent ces polluants toxiques pour la santé (notre article).

«Ce texte constitue un tournant dans la législation française et pose les premières pierres d’une action véritablement orientée vers la réduction des émissions à la source», salue l’association Générations futures, engagée dans ce combat depuis des années. Un constat partagé par le député écologiste, qui reconnaît que «le combat ne fait que commencer».

«Bien sûr que nous sommes contents que la loi soit passée, mais ce n’est qu’une petite étape par rapport à ce que nous attendons», rapporte à Vert Thierry Mounib. Il est le président de l’association Bien vivre à Pierre-Bénite (Rhône), l’un des territoires les plus contaminés par les rejets de PFAS (notre article). Sa maison est située à 300 mètres de l’usine d’Arkema, producteur historique de PFAS. «C’est une avancée et je suis content. Mais, chez moi, j’ai 168 nanogrammes de PFAS par kilogramme de terre, alors que la moyenne pour un lieu contaminé, c’est 10 nanogrammes, commente-t-il. Nous demandons une étude d’impact sur toute la population et un suivi médical.»

La ministre de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, s’est aussi réjouie sur X de «ce pas de plus pour mieux encadrer l’usage de ces molécules et protéger notre environnement et la santé des Françaises et des Français».

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

Alors que les alertes des scientifiques sont à nouveau ignorées, que les intérêts des industriels sont toujours mieux protégés que notre santé, et que les citoyen·nes, mal informé·es, risquent de faire des choix nocifs pour leur santé et celle de l’environnement, le journalisme a un rôle inédit à jouer. Vous avez le droit d’être bien informé·es pour rester en bonne santé.

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