Les villes où l’extrême droite est en force
À Marseille (Bouches-du-Rhône), le maire sortant socialiste, Benoît Payan (36,70%), est talonné par le candidat du Rassemblement national (RN), Franck Allisio (35,02%). La candidate Les Républicains (LR), Martine Vassal, a recueilli 12,41% des voix après avoir fait parler d’elle avec son slogan aux accents pétainistes, «travail, famille, patrie», tandis que le candidat de La France insoumise (LFI), Sébastien Delogu, a récolté 12% des suffrages.
Après le refus de Benoît Payan de s’allier avec son adversaire insoumis, ce dernier a retiré sa candidature ce mardi pour le second tour. La veille, plus de 1 000 manifestant·es s’étaient rassemblé·es devant le QG de Benoit Payan pour appeler à «faire barrage au RN».

À Douai (Nord), le candidat RN Thierry Tesson (29,72%) est arrivé en tête du premier tour, devançant le maire socialiste sortant, Frédéric Chéreau (26,13 %), la candidate de droite Coline Craeye (19,3%) et le divers gauche François Guiffard (13,61%). Sans alliance à gauche, la ville pourrait basculer à l’extrême droite.
À Carpentras (Vaucluse), le frontiste Hervé de Lépinau est devant avec 26,71% des voix, suivi par le maire sortant de gauche, Serge Andrieu (25,17%). En tout, trois listes d’extrême droite se sont présentées, cumulant 50,55% des suffrages exprimés, et des alliances se profilent en vue du second tour. À gauche, les deux listes menées par Serge Andrieu et Francis Adolphe engrangent 49,46% des votes. Sans accord, le risque est fort de voir la ville tomber aux mains du RN.
À Montargis (Loiret), Côme Dunis (RN, 29,47%) devance le maire LR sortant Benoît Digeon (27,83%). À gauche, les listes menées par le communiste Bruno Nottin (18,08%) et le socialiste Dalip Vehapi (15,38%) fusionneront au second tour. «Sans cela, on donnait la ville à l’extrême droite», a expliqué Bruno Nottin à la République du Centre.
À Avignon (Vaucluse), la lepéniste Anne-Sophie Rigault a cumulé 25,52% des suffrages, juste derrière le divers droite Olivier Galzi (27,04%). Les listes de David Fournier (Parti socialiste) et Mathilde Louvain (LFI), fortes de leurs 40% cumulés, ont fusionné. Une condition indispensable pour espérer garder Avignon à gauche, après 14 ans de mandat socialiste.
À Nîmes (Gard), l’eurodéputé RN climatosceptique Julien Sanchez (30,39%) est au coude-à-coude avec le communiste Vincent Bouget (30,05%), qui conduit la liste d’union de la gauche. Le candidat insoumis, Pascal Dupretz (4,46%), lui a proposé de s’unir. Les prétendants de la droite et du centre, Franck Proust et Julien Plantier, ont annoncé la fusion de leurs listes, qui ont cumulé 35% des voix au premier tour.
À Toulon (Var), la candidate d’extrême droite Laure Lavalette a réalisé un score historique de 42,05%, tandis que deux listes de droite se sont qualifiées. Pour faire barrage, Michel Bonnus (LR, 15,71%) s’est retiré en faveur de la maire sortante divers droite, Josée Massi (29,54%). Les candidat·es de gauche, défait·es, avaient également appelé à la constitution d’un «front républicain».
À Carcassonne, Christophe Barthès (RN) est arrivé en tête avec 34,52% des voix. Le maire sortant de droite, Gérard Larrat (7,10%), s’est retiré au profit de François Mourad, qui a obtenu 25,36% des votes. En troisième position, le candidat de la gauche Alix Soler-Alcaraz (23,27%) a proposé «une coalition républicaine» à toutes les autres listes.
Pour les candidats de l’écologie : des villes à conserver, d’autres à conquérir
À Grenoble (Isère), gouvernée par Les Écologistes depuis 2014, la liste LR d’Alain Carignon est arrivée légèrement en tête (27,04%), devant celle de Laurence Ruffin (Les Écologistes, le Parti communiste français et le PS), qui a obtenu 26,33% des votes. La candidate a scellé un accord avec Allan Brunon, de LFI (15%), lundi. Des insoumis·es intégreront la liste écologiste pour tenter de se maintenir face à la droite dimanche prochain.
À Strasbourg (Bas-Rhin), la maire écologiste sortante, Jeanne Barseghian (19,72%), a annoncé une fusion entre sa liste et celle de Florian Kobryn (LFI, 12,03%). Une décision qui a ulcéré la candidate socialiste Catherine Trautmann (25,93%). La droite de Jean-Philippe Vetter a obtenu 24,23% des voix.
À Besançon (Doubs), la maire écologiste Anne Vignot (33,37%) s’est également alliée avec l’insoumise Séverine Véziès (10,90%). Elle est arrivée sept points derrière le candidat LR Ludovic Fagaut (40,13%). La ville est dirigée par la gauche depuis presque un siècle.
À Bordeaux (Gironde), remportée par les Écologistes lors de la «vague verte» de 2020, le maire sortant Pierre Hurmic a une légère avance (27,69%), devant la liste Renaissance de Thomas Cazenave (25,58%) et celle divers droite de Philippe Dessertine (20,20%). Le candidat écolo a refusé l’accord que lui proposait Nordine Raymond, de LFI (9,36%).
À Lorient (Morbihan), historiquement à gauche, l’écologiste Damien Girard (23,19%) et la candidate de gauche Gaëlle Le Stradic (19,03%) font liste commune contre le maire sortant UDI Fabrice Loher (35,44%). Il est arrivé en tête au premier tour, mais sans réserve de voix suffisante pour s’assurer une victoire.
À Villepinte (Seine-Saint-Denis), la candidate écologiste Mélissa Youssouf est arrivée en pôle position avec 38,17% des votes, devant Farina Adlani (divers centre, 31,02%). Elle a choisi le regroupement avec la liste de gauche de Nelly Roland (15,72%) pour renforcer ses chances de victoire au second tour.
À Mulhouse (Haut-Rhin), aucune alliance n’a encore été annoncée, alors que six listes sont encore en lice. La maire sortante divers droite Michèle Lutz (17,60%) est talonnée par l’écologiste Loïc Minery (15,96%) et deux candidats sans étiquette, l’un plutôt positionné au centre, Frédéric Marquet (14,26%), l’autre plus à gauche, Annouar Sassi (14,16%). Ils sont suivis de près par Christelle Ritz, du Rassemblement national (13,63%).
À Lyon (Rhône), le maire Les Écologistes sortant, Grégory Doucet (37,36%), espère rempiler grâce à son pacte avec l’insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi (10,41%). Au premier tour, il est arrivé juste devant le candidat soutenu par le centre et la droite, Jean-Michel Aulas (36,78%).
Les villes de gauche qui pourraient passer à droite
À Paris, le successeur d’Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, est arrivé en tête avec 38% des voix, mais il a refusé l’appel du pied de Sophia Chikirou (LFI), qui a récolté 12% des suffrages. À droite, Rachida Dati (LR) et Pierre-Yves Bournazel (Horizons) ont fusionné leurs listes, qui ont cumulé 36,8% des voix au premier tour. Sans compter que la candidate de Reconquête, Sarah Knafo, a totalisé 10,40% des votes.
À Amiens (Somme), le candidat PS Frédéric Fauvet a une très légère avance (23,97%) sur la liste centriste du sortant Hubert de Jenlis (25,98%). Le socialiste a refusé la proposition d’alliance de l’insoumis Samy Olivier (9,70%). Le Rassemblement national a obtenu 14,71% des voix.
À Brest (Finistère), le candidat LR Stéphane Roudaut (32%) est arrivé en tête du scrutin. Pour espérer conserver la mairie, le socialiste François Cuillandre a acté un accord avec l’insoumise Cécile Beaudouin (15,38%).
À Nantes (Loire-Atlantique), la maire sortante socialiste, Johanna Rolland (35,24%), a conclu un accord avec William Aucant (LFI, 11,20%) pour renforcer ses chances de conserver son fauteuil, alors que Foulques Chombart de Lauwe (LR) a fait 33,77%.
Les mairies de droite qui pourraient basculer à gauche
À Toulouse (Haute-Garonne), le maire sortant Jean-Luc Moudenc a remporté 37% des voix au premier tour, mais l’insoumis François Piquemal (28%) et le socialiste François Briançon (25%) fusionnent leurs listes au second tour.
À Limoges (Haute-Vienne), le candidat des Républicains, Guillaume Guérin, est arrivé en tête avec 27,34% des suffrages. Le maire sortant divers droite, Emile Roger Lombertie (10,5%), s’est retiré. À gauche, l’insoumis Damien Maudet (25%) et le socialiste Thierry Miguel (16,92%) ont fusionné leurs listes. La liste RN, menée par Albin Freychet, a obtenu 12,54% des voix.
À Saint-Étienne (Loire), le candidat socialiste Régis Juanico est arrivé en tête (29,16%) et a refusé la main tendue de la candidate insoumise Valentine Mercier (13,29%). Le frontiste Corentin Jousserand est arrivé deuxième, réalisant une percée historique (18,97%). Enfin, trois listes de droite ont cumulé 32,38% des suffrages au premier tour, mais elles n’ont pas (encore) annoncé de regroupement.
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