Note aux lecteur·ices : cet article a été mis à jour le 18 mars, avec l’ajout des derniers accords.
Les villes où l’extrême droite est en force
À Marseille (Bouches-du-Rhône), le maire sortant socialiste, Benoît Payan (36,70%), est talonné par le candidat du Rassemblement national (RN), Franck Allisio (35,02%). Devant le refus de Benoît Payan de s’allier avec lui, le candidat insoumis Sébastien Delogu (12%) a retiré sa candidature pour le second tour. La veille, plus de 1 000 manifestant·es s’étaient rassemblé·es devant le QG de Benoit Payan pour appeler à «faire barrage au RN».
À droite, le président du RN, Jordan Bardella, a appelé le patron de LR, Bruno Retailleau, à «obtenir le retrait» de la candidate de droite Martine Vassal, en vain. Celle-ci a recueilli 12,41% des voix après avoir fait parler d’elle avec son slogan aux accents pétainistes, «travail, famille, patrie».

À Nice (Alpes-Maritimes), le candidat de l’Union des droites, Éric Ciotti, est en ballotage favorable (43,43%) devant le maire sortant de droite, Christian Estrosi (30,92%). Celui-ci a appelé la candidate écologiste, Juliette Chesnel-Leroux (11,93%) à se retirer, ce qu’elle a refusé. Les chances de voir la cinquième ville de France basculer à l’extrême droite sont élevées.
À Douai (Nord), le candidat RN Thierry Tesson (29,72%) est arrivé en tête du premier tour, devançant le maire socialiste sortant, Frédéric Chéreau (26,13 %), la candidate de droite Coline Craeye (19,3%) et le divers gauche François Guiffard (13,61%). Ce dernier a conclu une alliance avec l’élu du Parti socialiste pour faire barrage au RN dimanche prochain.
À Carpentras (Vaucluse), le frontiste Hervé de Lépinau est devant avec 26,71% des voix, suivi par le maire sortant de gauche, Serge Andrieu (25,17%). En tout, trois listes d’extrême droite se sont présentées, cumulant 50,55% des suffrages exprimés, et des alliances se profilent en vue du second tour. À gauche, les deux listes menées par Serge Andrieu et Francis Adolphe engrangent 49,46% des votes. Sans accord, le risque est fort de voir la ville tomber aux mains du RN.
À Montargis (Loiret), Côme Dunis (RN, 29,47%) devance le maire LR sortant Benoît Digeon (27,83%). À gauche, les listes menées par le communiste Bruno Nottin (18,08%) et le socialiste Dalip Vehapi (15,38%) fusionneront au second tour. «Sans cela, on donnait la ville à l’extrême droite», a expliqué Bruno Nottin à la République du Centre.
À Avignon (Vaucluse), la lepéniste Anne-Sophie Rigault a cumulé 25,52% des suffrages, juste derrière le divers droite Olivier Galzi (27,04%). Les listes de David Fournier (Parti socialiste) et Mathilde Louvain (LFI), fortes de leurs 40% cumulés, ont fusionné. Une condition indispensable pour espérer garder Avignon à gauche, après 14 ans de mandat socialiste.
À Nîmes (Gard), l’eurodéputé RN climatosceptique Julien Sanchez (30,39%) est au coude-à-coude avec le communiste Vincent Bouget (30,05%), qui conduit la liste d’union de la gauche. Le candidat insoumis, Pascal Dupretz (4,46%), lui a proposé de s’unir, en vain. Les prétendants de la droite et du centre, Franck Proust et Julien Plantier, ont annoncé la fusion de leurs listes, qui ont cumulé 35% des voix au premier tour.
À Toulon (Var), la candidate d’extrême droite Laure Lavalette a réalisé un score historique de 42,05%, tandis que deux listes de droite se sont qualifiées. Pour faire barrage, Michel Bonnus (LR, 15,71%) s’est retiré en faveur de la maire sortante divers droite, Josée Massi (29,54%). Les candidat·es de gauche, défait·es, avaient également appelé à la constitution d’un «front républicain».
À Carcassonne (Aude), Christophe Barthès (RN) est arrivé en tête avec 34,52% des voix, devant le candidat Horizons, François Mourad (25,36%). Ce dernier a refusé la proposition de «coalition républicaine» du candidat de la gauche Alix Soler-Alcaraz (23,27%). En revanche, le maire sortant de droite, Gérard Larrat (7,10%), a accepté et fusionné sa liste avec celle de la gauche.
À Menton (Alpes-Maritimes), la députée RN Alexandra Masson a récolté 36,25% mais les deux candidats de droite Sandra Paire (19,74%) et Louis Sarkozy (18,01%) ont décidé de fusionner leurs deux listes. «Menton ne veut pas du Rassemblement national», a expliqué Louis Sarkozy.
Pour les candidats Les Écologistes : des villes à conserver, d’autres à conquérir
À Grenoble (Isère), gouvernée par Les Écologistes depuis 2014, la liste LR d’Alain Carignon est arrivée légèrement en tête (27,04%), devant celle de Laurence Ruffin (Les Écologistes, le Parti communiste français et le PS), qui a obtenu 26,33% des votes. La candidate a scellé un accord avec Allan Brunon, de LFI (15%), lundi. En revanche, le candidat de Place publique, Romain Gentil (9,99%) a déclaré renoncer à fusionner faute de terrain d’accord.
À Strasbourg (Bas-Rhin), la maire écologiste sortante, Jeanne Barseghian (19,72%), a annoncé une fusion de sa liste avec celle de Florian Kobryn (LFI, 12,03%). De son côté, la candidate socialiste et ex-maire de Strasbourg, Catherine Trautmann (25,93%) a fusionné avec le candidat Horizons, Pierre Jakubowicz, crédité de 5,10% des suffrages. La droite de Jean-Philippe Vetter a, elle, obtenu 24,23% des voix.
À Besançon (Doubs), la maire écologiste Anne Vignot (33,37%) s’est également alliée avec l’insoumise Séverine Véziès (10,90%), après être arrivée sept points derrière le candidat LR Ludovic Fagaut (40,13%). La ville est dirigée par la gauche depuis presque un siècle.

À Bordeaux (Gironde), remportée par les Écologistes lors de la «vague verte» de 2020, le maire sortant Pierre Hurmic a une légère avance (27,69%) sur la liste Renaissance de Thomas Cazenave (25,58%) au premier tour. Mais ce dernier pourrait bénéficier d’un important report de voix suite au retrait surprise du candidat divers centre, Philippe Dessertine (20,20%). Le candidat écolo a, quant à lui, refusé l’accord que lui proposait Nordine Raymond, de LFI (9,36%).
À Tours (Val de Loire), le maire écologiste sortant, Emmanuel Denis est arrivé en tête avec 34% des suffrages, suivi par la droite (23,88%) et l’extrême droite (11,69%). Pour le second tour, il a fusionné sa liste avec celle de l’insoumise, Marie Quinton (11,46%)
À Lyon (Rhône), le maire Les Écologistes sortant, Grégory Doucet (37,36%), espère rempiler grâce à son pacte avec l’insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi (10,41%). Au premier tour, il est arrivé juste devant le candidat soutenu par le centre et la droite, Jean-Michel Aulas (36,78%).
À Lorient (Morbihan), historiquement à gauche, l’écologiste Damien Girard (23,19%) et la candidate de gauche Gaëlle Le Stradic (19,03%) font liste commune contre le maire sortant UDI Fabrice Loher (35,44%). Il est arrivé en tête au premier tour, mais sans réserve de voix suffisante pour s’assurer une victoire.
À Villepinte (Seine-Saint-Denis), la candidate écologiste Mélissa Youssouf est arrivée en pôle position avec 38,17% des votes, devant Farina Adlani (divers centre, 31,02%). Elle a choisi le regroupement avec la liste de gauche de Nelly Roland (15,72%) pour renforcer ses chances de victoire au second tour.
À Mulhouse (Haut-Rhin), où six listes avaient dépassé la barre des 10 % de voix, la maire sortante divers droite Michèle Lutz (17,60%) est talonnée par l’écologiste Loïc Minery (15,96%). Ce dernier a échoué à s’unir avec son adversaire marqué à gauche Anouar Sassi (14,1 %) en vue du second tour, contrairement aux deux candidats centristes Frédéric Marquet (14,3%) et Lara Million (13,2%) qui feront liste commune. Tous sont suivis de près par Christelle Ritz, du Rassemblement national (13,63%).
Les villes de gauche qui pourraient passer à droite
À Paris, le successeur d’Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire (PS), a récolté 38% des voix mais il a refusé l’appel du pied de Sophia Chikirou (LFI), qui a récolté 12% des suffrages. À droite, Rachida Dati (LR) et Pierre-Yves Bournazel (Horizons) ont fusionné leurs listes, qui ont cumulé 36,8% des voix au premier tour. Sans compter que la candidate de Reconquête, Sarah Knafo (10,40%) a décidé de retirer sa candidature pour «chasser la gauche de la mairie de Paris».
À Amiens (Somme), le candidat PS Frédéric Fauvet a une très légère avance (23,97%) sur la liste centriste du sortant Hubert de Jenlis (25,98%). Le socialiste a refusé la proposition d’alliance de l’insoumis Samy Olivier (9,70%). Le Rassemblement national a obtenu 14,71% des voix.
À Brest (Finistère), le candidat LR Stéphane Roudaut (30,24%) est arrivé en tête du scrutin. Pour espérer conserver la mairie, le socialiste François Cuillandre a acté un accord avec l’insoumise Cécile Beaudouin (15,39%).
À Nantes (Loire-Atlantique), la maire sortante socialiste, Johanna Rolland (35,24%), a conclu un accord avec l’Insoumis William Aucant (11,20%) pour renforcer ses chances de conserver son fauteuil, alors que Foulques Chombart de Lauwe (LR) a fait 33,77%.
À Limoges, le candidat Les Républicains, Julien Bony (33,93%) est arrivé devant le maire socialiste sortant Olivier Bianchi (29,99%). Ce dernier a conclu un accord avec l’insoumise Marianne Maximi (17,01%) pour conserver son poste.
À Tulle (Corrèze), la liste divers droite de Laurent Melin est arrivée en tête avec 38% des voix. Pour se maintenir, le maire ex-PS Bernard Combes, arrivé second (32,28 %) fusionne sa liste avec celle de Nicolas Marlin (17%), qui rassemble PCF, Les Ecologistes et LFI. Tulle est le fief de l’ex-président François Hollande, farouche opposant à l’union avec LFI.
Les mairies de droite qui pourraient basculer à gauche
À Toulouse (Haute-Garonne), le maire sortant Jean-Luc Moudenc a remporté 37% des voix au premier tour, mais l’insoumis François Piquemal (28%) et le socialiste François Briançon (25%) fusionnent leurs listes au second tour.
À Limoges (Haute-Vienne), le candidat des Républicains, Guillaume Guerin, est arrivé en tête avec 27,34% des suffrages. Le maire sortant divers droite, Émile Roger Lombertie (10,05%), s’est retiré. À gauche, l’insoumis Damien Maudet (25%) et le socialiste Thierry Miguel (16,92%) ont fusionné leurs listes. La liste RN, menée par Albin Freychet, a obtenu 12,54% des voix.
À Saint-Étienne (Loire), le candidat socialiste Régis Juanico est arrivé en tête (29,16%) et a refusé la main tendue de la candidate insoumise Valentine Mercier (13,29%). Le frontiste Corentin Jousserand est arrivé deuxième, réalisant une percée historique (18,97%) et trois listes de droite ont cumulé 32,38% des suffrages au premier tour.
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