Édition du 5 juin 2026

Fringue sur la tempe

⏰ J-9 : Contre leurs pollutions, vous êtes la solution. Rejoignez le Club de Vert avant le 14 juin !

Chères toutes et chers tous,

🗞️ Quel est votre jeu de mots préféré paru dans Vert ces derniers jours ? La semaine dernière, Vague d’incultes l’a emporté, avec 38,9% de vos suffrages.

À vos votes !

👌 Les doigts dans la crise

🗳️ À vote santé !

🏟️ Mac arena

🐤 Pinson et lumière

🔥 Vous êtes presque 2 000 à avoir rejoint le Club de Vert ces derniers jours. Le Club, c’est une communauté de plus de 12 000 personnes qui nous permet de diffuser des informations bonnes pour la santé et des révélations qui mettent la société en mouvement. Nous avons besoin de gonfler nos rangs pour lancer notre pôle enquête. N’attendez plus une seconde, rejoignez-nous !


La fast fashion use de stratagèmes pour refourguer ses fringues, même si c’est la planète qu’on flingue. 


Faux labels, contrats avec le luxe, rachat de marques «éthiques» : plongée dans le greenwashing débridé de Shein et de la fast fashion

Habille ment. L’acquisition fin mai de la marque de mode «durable» Everlane par Shein illustre une pratique bien rodée : le greenwashing. Pour masquer leur impact social et environnemental délétère, les enseignes de fast et d’ultra-fast fashion multiplient les opérations de communication. Vert passe en revue leurs techniques privilégiées.

Après s’être installé en novembre au quatrième étage du BHV Paris, grand magasin symbole du luxe à la française, le géant de l’ultra-fast fashion Shein tente une nouvelle fois de faire oublier son impact socio-environnemental néfaste. Le 22 mai dernier, la firme a acquis pour 100 millions de dollars (environ 85 millions d’euros) la marque étasunienne Everlane, devenue une référence dans le secteur de la mode dite durable.

Fin 2025, Shein s’est associée aux enseignes BHV. Ici dans le magasin d’Angers (Maine-et-Loire), le 25 février. © Loïc Venance/AFP

«Shein cherche à verdir son image et à paraître plus respectable pour qu’on oublie qu’elle est ce qu’il y a de pire dans la mode», analyse Pauline Debrabandere, responsable du plaidoyer de l’association de lutte contre les déchets Zero waste France. Avec plus 7 000 nouvelles références par jour, elle est la marque de vêtements qui pollue le plus au monde. Entre 2021 et 2023, l’entreprise a multiplié par deux ses émissions de gaz à effet de serre (GES), détrônant les pionniers de la mode jetable comme H&M ou Zara.

Dans la même idée, Zara a annoncé en mars dernier collaborer avec le créateur de haute couture John Galliano pour deux ans. Quant à H&M, la marque suédoise a lancé début mai une collection avec Stella McCartney, connue pour son engagement environnemental. Dans l’imaginaire collectif, le haut de gamme «prône un savoir-faire artisanal», éloigné des méthodes de surproduction de la fast fashion, détaille Pauline Debrabandere.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage de Lilou Hiver et découvrir les autres techniques de greenwashing de la mode jetable.

· À l’appel d’une cinquantaine d’organisations écologistes et paysannes (Confédération paysanne, Greenpeace, Cancer colère…), une manifestation est organisée ce dimanche à Rennes (Ille-et-Vilaine) «pour défendre l’eau, la santé et la démocratie». Une réaction aux reculs en cours sur la protection de la ressource, tant à l’échelle locale que nationale, dont le plus récent a été entériné mardi par les député·es avec l’adoption du projet de loi d’urgence agricole. – Lire notre article

Le 10 janvier, une précédente manifestation de défense de la démocratie locale de l’eau avait rassemblé plusieurs milliers de personnes à Rennes. © Léa Thomas/Hans Lucas via AFP

· Jeudi, plusieurs député·es ont réagi auprès de Vert après le vote de la loi cadmium à l’Assemblée nationale, adoptée contre l’avis du gouvernement. Comment expliquer que les élu·es du groupe présidentiel Ensemble pour la République aient retiré leurs amendements ? «Je pense qu’ils ont eu peur du name and shame», analyse la députée Clémentine Autain (L’Après), en référence à cette pratique qui vise à exposer publiquement des personnes aux pratiques réprouvées. – Lire notre article

· Jeudi encore, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi (PPL) visant à bannir la vaisselle en plastique de la restauration collective accueillant du jeune public, comme les écoles ou les services hospitaliers. «Les scientifiques ont mis en évidence que les additifs chimiques présents dans la fabrication du plastique peuvent avoir des conséquences négatives sur la santé humaine», a noté Graziella Melchior, élue Renaissance du Finistère et rapporteure de la PPL. Un précédent texte était entré en vigueur le 1er janvier dernier, mais il a été remis en cause par une décision du Conseil d’État.

Un nouveau rapport dévoile des pistes ambitieuses pour réduire les inégalités mondiales et limiter le réchauffement climatique

Égaux centrés. Proposer un avenir désirable, dresser un plan pour réduire les inégalités dans les limites planétaires : telles sont les ambitions du rapport sur la justice mondiale publié jeudi par le World inequality lab, un institut de recherche rattaché à l’École d’économie de Paris. Pour y parvenir, le rapport identifie trois conditions. La première : une décarbonation rapide de l’économie, avec une réduction massive de l’usage des énergies fossiles et des investissements colossaux dans les énergies renouvelables à l’échelle mondiale. La deuxième : un basculement vers davantage de sobriété, surtout dans les secteurs des biens manufacturés et des transports. La troisième : une évolution des habitudes alimentaires, avec une diminution de la consommation de viande. Lucas Chancel, coauteur du projet, insiste : «C’est un plan pour changer de système en partant de celui existant, pour éviter de foncer vers l’abîme.»

Une espèce de poisson survit sans mâle depuis 100 000 ans

Sœur dîne. Une société sans aucun mâle ? Il n’y a pas que chez les Amazones de la mythologie grecque que ça existe. Le molly amazone, une espèce de petits poissons aux écailles argentées des rivières du Mexique et du sud du Texas, est exclusivement composée de femelles, et ce depuis 100 000 ans. Pour faire perdurer sa lignée, la femelle choisit un partenaire parmi des mâles d’espèces très proches. Mais leur sperme est utilisé uniquement pour déclencher le développement de l’œuf, avant que l’ADN paternel ne soit rapidement éliminé. Ce mécanisme, appelé gynogenèse, n’engendre que des femelles, chacune étant un clone génétique exact de sa mère.

Le nom du molly amazone fait référence aux guerrières de la mythologie grecque. © Wikimedia

En Albanie, des milliers de manifestants face au gigaprojet hôtelier du gendre de Donald Trump dans un sanctuaire de biodiversité

Trump et son monde. Depuis fin mai, des manifestations d’ampleur secouent l’Albanie, sur fond de lutte environnementale et anticorruption. Sous le feu des critiques, un projet hôtelier hors normes dont le chantier ravage déjà le littoral. Au-delà des porteurs du projet, dont Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, le premier ministre albanais Edi Rama est pointé du doigt, comme l’explique Gaëtan Gabriele dans cette vidéo.

© Gaëtan Gabriele

+ Rémy Calland, Gaëtan Gabriele, Esteban Grépinet, Zoé Moreau, Anne-Claire Poirier et Antoine Poncet ont contribué à ce numéro.