• «C’est quelque chose qu’aucun être humain sur cette Terre n’a jamais fait» : Noam Yaron revient sur sa traversée de la Méditerranée à la nage

    Hallucinations, problèmes de respiration, brûlures… La Méditerranée n’aura pas épargné Noam Yaron. Après 191 kilomètres de nage en cinq jours (et cinq nuits) de Calvi (Haute-Corse) à Monaco, l’éco-aventurier français a dû être sorti de l’eau par son équipe à deux kilomètres de l’arrivée, puis hospitalisé pendant 9 jours.

    «Pour moi le défi est vraiment plus que réussi», estime aujourd’hui le sportif devant la caméra de Vert. Avec les détours, il aura nagé bien plus que les 180 kilomètres initialement prévus (notre article) et aura réussi à «sensibiliser des millions de personnes aux enjeux de la Méditerranée».

    Aires marines protégéesdéchets plastiques, collisions avec les cétacés… Il espère désormais utiliser sa notoriété pour faire pression sur les gouvernements et les entreprises en faveur de la protection de «l’une des mers les plus polluées du monde».

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  • «Les artistes sont encore trop drivés par des ambitions ultra-capitalistes et donc destructrices pour la planète» : rencontre avec la chanteuse Yoa

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  • Pour la science, il va nager 180 kilomètres entre Calvi et Monaco : le défi fou de Noam Yaron

    Après deux ans de préparation et une première tentative ratée en août 2024, Noam Yaron s’apprête à passer jusqu’à cinq jours et cinq nuits dans la mer. Le nageur arrive ce samedi 9 août à Calvi (Haute-Corse), dans l’attente d’une fenêtre météo favorable pour commencer sa traversée vers Monaco. Il sera accompagné par une équipe d’une vingtaine de personnes (dont des scientifiques) et par deux bateaux. Son périple de 180 kilomètres est millimétré et son épreuve est une œuvre collective : «C’est comme si on faisait de la Formule 1 finalement», sourit-il. Au-delà du défi sportif, le but de l’expédition est, entre autres, de «cartographier la mégafaune, c’est-à-dire toutes les espèces que l’on croisera pendant que je nagerai», détaille l’athlète.

    Le tracé n’a pas été choisi au hasard : il s’apprête à traverser la plus grande aire marine protégée de Méditerranée, le sanctuaire Pelagos. «Je souhaite aussi traverser la Méditerranée pour mettre en avant le manque de protection de ces aires marines protégées en France et dans le monde», raconte-t-il.

    Noam Yaron va tenter de relier Calvi à Monaco à la nage. © Nightcall Studio/Noam Yaron Production

    Noam Yaron, qui est constamment à son contact dans l’eau, alerte sur les 600 tonnes de plastique qui finissent dans la mer chaque jour : «Ce microplastique, je le sens beaucoup sur la peau et sur les mains […] Il y a beaucoup de ballons de mariage ou d’anniversaire qui sont lâchés avec de l’hélium dans l’atmosphère et qui finissent leur course dans la Méditerranée.»

    Autre objectif de l’aventure, interpeller le secteur maritime : «Les collisions sont les premières causes de mortalité non naturelle des grands cétacés sur la zone. On demande une limitation de vitesse à dix nœuds, qui permettrait d’éviter ces accidents beaucoup trop souvent mortels.»

    Vous pourrez retrouver toute la traversée de Noam ici, via le tracé GPS.

    Dans cet entretien vidéo pour Vert, l’éco-aventurier nous explique sa démarche.

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  • La recette des merguez de seitan, par Mélanie en véganie

    Gravé dans la broche. Climat, biodiversité, océan… alors que tous les voyants sont au rouge, l’un des principaux leviers d’action se trouve dans notre assiette. Dans cette toute première chronique pour Vert, Mélanie en véganie donne sa recette de merguez seitan maison et liste les bénéfices de l’alimentation végétale pour l’environnement.

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    Retrouvez ci-dessous la liste des ingrédients et le détail de la recette de ces délicieuses merguez végétales.

     La recette

     La source de protéines : 250 grammes de farine de gluten de blé

     Pour le «jus de merguez» :

    150 millilitres d’eau ;

    1 bouillon de légumes ;

    2 gousses d’ail ;

    2 cuillères à café de harissa (ou plus si vous aimez quand c’est spicy ) ;

    3 c. à soupe d’huile d’olive ;

    2 c. à soupe de concentré de tomate ;

    1 c. à soupe de paprika ;

    1 c. à soupe de cumin.

    ‍ Préparation

    1️⃣ Mixer tous les ingrédients du jus, et mélanger progressivement avec le gluten ;

    2️⃣ diviser en dix boules égales ;

    3️⃣ rouler en forme de saucisse ;

    4️⃣ enfermer les tubes dans du papier cuisson ;

    5️⃣ faire cuire 45 minutes à la vapeur ;

    6️⃣ faire griller les merguez au barbecue.

    Infos protéines

    Dans 100 grammes de gluten, vous avez 77 grammes de protéines. En utilisant 250 grammes de gluten dans cette recette, vous obtenez un total de 192,5 grammes de protéines.

    Si l’on divise par dix merguez, cela fait 19,25 grammes de protéines par pièce.


  • Face aux fortes chaleurs, ces animaux hibernent… l’été !

    Dort et de platine. Vous connaissez forcément l’hibernation, qui permet à certains animaux de survivre à l’hiver… mais avez-vous déjà entendu parler de l’estivation, sa version estivale ? Dans sa nouvelle chronique pour Vert, Ophélie Damblé – alias Ta mère nature – vous dit tout sur cette façon de résister aux fortes chaleurs en faisant la sieste.

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  • Sécurité des dauphins, une aide pour végétaliser son extérieur : les bonnes nouvelles de la semaine

    À quoi tu danses ? Un tribunal espagnol reconnaît que la pollution de l’élevage intensif piétine les droits humains, des ours de plus en plus nombreux dans les Pyrénées… et trois autres informations réjouissantes repérées par Gaëtan Gabriele pour bien commencer la semaine.

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  • Deux millions de signatures contre la loi Duplomb, le Danemark interdit 23 pesticides et PFAS sur son sol : les bonnes nouvelles de la semaine

    Qu’est-ce que t’en danses ? La Cour internationale de justice rend un avis «historique» sur la responsabilité des États dans la crise climatique, un projet de retenue collinaire pour fabriquer de la neige artificielle annulé… et trois autres réjouissances repérées par Gaëtan Gabriele pour bien débuter la semaine.

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  • Deux millions de signatures contre la loi Duplomb : les partisans du texte controversé dénoncent une «désinformation» écolo

    «On monte en épingle quelque chose qui n’est pas des faits scientifiques avérés par l’Europe», s’agace Laurent Duplomb, le sénateur Les Républicains (LR) qui a donné son nom à la loi adoptée le 8 juillet. Celle-ci est censée «lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur» et réautorise notamment l’acétamipride, un pesticide interdit depuis cinq ans en France. Dimanche 20 juillet, l’élu de Haute-Loire était interrogé sur France info sur le succès d’une pétition contre le texte qu’il a porté, signée alors par 720 000 personnes.

    Lundi 28 juillet, la pétition contre la loi Duplomb a franchi les deux millions de signatures. © Capture d’écran du site de l’Assemblée nationale

    Ce lundi matin, la pétition en question a dépassé les deux millions de signatures. Elle n’est plus qu’à quelques longueurs de celle de l’Affaire du siècle (2,3 millions), la pétition la plus soutenue de l’histoire en France.

    Mais, pour le sénateur LR, ce serait le fruit d’une instrumentalisation «par l’extrême gauche et les écologistes». Dimanche toujours, cette fois sur LCI, Laurent Duplomb déclarait : «On voit bien, depuis six mois, l’acharnement que mettent certaines ONG, certains détracteurs, à désinformer la population.» Cette thèse d’une désinformation a été reprise par plusieurs responsables politiques comme Julien Odoul (député Rassemblement national), François-Xavier Bellamy (député européen LR), ou encore Aurore Berger, la ministre déléguée à l’égalité entre les femmes et les hommes.

    Une thèse, ou plutôt un contre-feu, allumé par les partisans à la loi Duplomb face au succès de la pétition et en dépit du fait que les sociétés savantes médicales (cancérologie, pédiatrie, endocrinologie, hématologie, neurologie…) et le conseil scientifique du CNRS se sont opposés à la réintroduction de l’acétamipride, comme le rappelle le Monde. Pour l’ONG qui lutte contre la désinformation climatique Quota Climat : «Nous assistons à un renversement sémantique à l’américaine : les désinformateurs hurlent à la désinformation, emmenés par le sénateur Laurent Duplomb.»

    Laurent Duplomb sur Public Sénat, le 30 juin dernier. © Capture d’écran Public Sénat/Youtube

    «L’acétamipride, utilisé dans les conditions prescrites, n’est ni dangereux pour l’homme, ni pour l’environnement, ni pour la biodiversité», avance Laurent Duplomb. Au micro de France info, il cite sa source : une interview de la porte-parole de la Commission européenne dans l’émission de… François de Rugy.

    Vert a récemment enquêté sur l’ancien ministre de la transition écologique, qui fait désormais des vidéos sur Youtube où il minimise la dangerosité des PFAS (ces «polluants éternels» qui ont des effets néfastes sur la santé humaine) et de l’acétamipride. François de Rugy est un ardent défenseur de la loi Duplomb. Il a déclaré dans l’Express que, «cliquer sur une pétition, c’est le degré 0,1 du soulèvement populaire», et que «la plupart des signataires ne connaissent rien» à ce pesticide. Lequel, écrivait-il en mai, ne serait «pas un danger, ni pour les abeilles, ni pour la santé humaine».

    Les pro-Duplomb en veulent pour preuve que la substance n’est pas interdite ailleurs en Europe, et que ni l’Agence nationale de sécurité des aliments (Anses) ni l’Efsa (l’agence qui rend des avis sur les risques des pesticides dans l’Union européenne) n’ont opposé de contre-indications à son utilisation.

    Une oeuvre de l’artiste plasticien Joanie Lemercier. © Projection Joanie Lemercier

    «Si 26 pays sur 27 ont confirmé l’usage de cette substance jusqu’en 2033, c’est que le choix a porté sur la non-toxicité pour la santé humaine», défendait la ministre de l’agriculture Annie Genevard auprès de Public Sénat fin mai. Gabriel Attal, chef de file des député·es macronistes, s’est voulu rassurant sur Instagram : «Jamais je ne voterais une loi dont je considère qu’elle pourrait être dangereuse pour les Français.»

     Un poison pour les abeilles et la biodiversité

    Et pourtant. Si l’acétamipride est moins puissant que d’autres produits de sa famille (les néonicotinoïdes, communément appelés «tueurs d’abeilles»), il reste un insecticide nocif. Vert, des dizaines d’études scientifiques à l’appui, avait fait le point en mai.

    Comme nous vous l’expliquions alors, une dizaine de microgrammes d’acétamipride avalée par chaque abeille suffit pour tuer net la moitié d’une colonie en l’espace de deux jours, selon des études indépendantes et l’Efsa elle-même. Surtout, la substance s’attaque au système nerveux des insectes. Avant même de les tuer, il peut leur faire perdre la mémoire ou perturber leur capacité de voler.

    «On observe des effets sublétaux [qui peuvent causer la mort de manière indirecte, NDLR], sur le comportement, les capacités d’apprentissage, le mouvement…», expliquait à Vert Laure Mamy, spécialiste des impacts des pesticides sur la biodiversité. La directrice de recherche au sein de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) rappelait une évidence : «C’est un insecticide donc, par définition, il est fait pour tuer des insectes.»

    D’autant plus que l’acétamipride pourrait être jugé encore plus nocif s’il on tenait compte de sa toxicité chronique, c’est-à-dire l’exposition répétée à une même dose sur le long terme (ce qui est le cas lorsque des insectes butinent des fleurs tous les jours). Et sa toxicité ne s’arrête pas aux insectes. Le pesticide nuit aussi au reste de la biodiversité, notamment aux oiseaux, qui l’ingèrent ou qui n’ont plus suffisamment de proies à cause de lui.

    Un risque pour les humains

    Contrairement à ce que prétendent les partisans de la loi Duplomb, des études récentes (et pas uniquement françaises) alertent sur les dangers de l’acétamipride sur la santé humaine.

    Une étude de 2022, menée en Suisse, a mis en évidence des traces du principal métabolite (les «produits de dégradation» provenant de la transformation de la molécule) de l’acétamipride dans la quasi-totalité des échantillons de liquide cérébro-spinal (le fluide où baignent le cerveau et la moelle épinière) de 14 enfants testés.

    «On en a retrouvé à la base même du fonctionnement du système nerveux, qui pilote tout le corps humain», alertait auprès de Vert Jean-Marc Bonmatin, spécialiste mondialement reconnu de ces substances. Le produit s’attaque précisément au système nerveux des insectes et il est bel et bien toxique pour l’humain, selon le chimiste-toxicologue au Centre national de recherche scientifique (CNRS) d’Orléans (Loiret).

    Les conséquences supposées de la présence de ces substances et leurs dérivés dans le corps humain sont multiples. De nombreuses études internationales suggèrent un risque accru de diabète de type 2, de maladies rénales, malformations cardiaques, tremblements, pertes de mémoire… Ce produit serait aussi risqué pour le développement du fœtus dans le ventre des femmes enceintes, selon une autre étude.

    Ces recherches indépendantes ont amené l’Efsa à reconnaitre l’an dernier des «incertitudes majeures» concernant les effets nocifs de l’acétamipride sur le système nerveux humain et à demander des études «approfondies». Saisie à la demande de la France, l’agence européenne recommande dans son avis du 27 mars 2024 une baisse drastique des doses auxquelles un individu peut être exposé… sans pour autant demander sa suspension dans l’Union européenne. Son autorisation est prévue jusqu’en 2033, mais le produit doit faire l’objet d’un réexamen complet d’ici là.

    En France, l’Anses, interrogée par Libération, indiquait qu’elle «ne dispose pas de données récentes d’évaluations qu’elle aurait menées pour de tels produits». Mais l’Agence nationale de sécurité sanitaire a déjà rendu deux avis, en 2018 et 2021 (notre article), qui concluent que des alternatives efficaces à l’acétamipride existent depuis des années.

     D’autres mesures controversées

    Si les débats se focalisent dans les médias sur la réintroduction de l’acétamipride dans les cultures, d’autres mesures de la loi Duplomb sont considérées comme des reculs environnementaux par ses opposant·es (retrouvez notre décryptage complet sur son contenu).

    Celle-ci prévoit entre autres de faciliter l’agrandissement des élevages intensifs et d’affaiblir la consultation des riverain·es concernant les installations de ces élevages. Enfin, les projets de stockage d’eau (dont les très critiquées mégabassines) pourraient désormais être «présumés d’intérêt général majeur» dans les zones en manque de pluie, ce qui faciliterait leur installation.


  • Le succès fou des trains de nuit, l’improbable transformation d’un terrain de golf : les bonnes nouvelles de la semaine

    Locaux motivent. Grâce à l’association L214, le volailler Le Gaulois abandonne les pires pratiques d’élevage intensif, une pétition contre la loi Duplomb dépasse le million de signatures… et trois autres bonnes nouvelles repérées par Gaëtan Gabriele pour démarrer la semaine du bon pied.

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  • Même si c’est tentant, éradiquer les moustiques n’est pas une bonne idée : la chronique de Ta mère nature

    Ça tombe à pique. Le moustique est l’animal le plus meurtrier pour l’humain, devant… les autres humains, et les serpents. Et même si on rêve chaque été de tous les éradiquer, Ophélie Damblé – alias Ta mère nature – nous explique dans sa dernière chronique pour Vert pourquoi ils sont de précieux alliés de la biodiversité.

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