
Cela n’aura échappé à personne, l’été 2026 a été marqué par une série d’événements climatiques extrêmes. Canicules à répétition, sécheresse, mégafeux… Rarement nous avions été frappé·es de manière aussi directe par les effets du changement climatique. En cette rentrée, les associations et ONG écologistes veulent transformer ce traumatisme collectif en un véritable sursaut.
«On a vécu une sorte de simulation de ce à quoi un avenir à +4 degrés peut ressembler, se désole Jean-François Julliard, directeur général de France Nature Environnement (FNE), qui fédère plus de 6 000 associations environnementales. Que ce soit les nuits caniculaires ou la vulnérabilité des systèmes de soin, tout le monde a ressenti dans sa chair les effets du changement climatique. On en ressort meurtri.»
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Cela fait pourtant des années que les associations alertent sur l’intensification des événements extrêmes et l’arrivée d’un été aussi infernal, projections scientifiques à l’appui. Pour Gaspard Tamagny, porte-parole d’Alternatiba, c’est donc surtout la «colère» de ne pas avoir été entendu·es qui a dominé tout l’été.
Des dizaines de manifestations prévues
L’agacement a laissé place à l’envie de se mobiliser. Toutes les associations contactées par Vert veulent agir pour que les années à venir ne soient pas pires encore. Une dizaine de manifestations et de marches pour le climat sont donc organisées dès ce mois de septembre. «On ne veut pas que les drames soient oubliés aussitôt les températures redescendues, assène Marion Cubizolles, des Amis de la Terre. Il faut continuer d’inscrire l’environnement à l’agenda médiatique et politique.»
D’autant plus que les événements de cet été semblent avoir renforcé la prise de conscience de l’urgence climatique au sein de la population. D’après la dernière étude du laboratoire d’idées Destin Commun, publiée en août, entre 77% et 86% des personnes interrogées établissent désormais un lien important entre le changement climatique et la sécheresse, les canicules et les incendies ; et 49% déclarent ressentir une volonté accrue d’agir à leur échelle. «Tout l’été, on a reçu des dizaines de messages de citoyens qui veulent savoir comment se mobiliser au plus vite», raconte Gaspard Tamagny, d’Alternatiba.
Le rassemblement du 15 septembre en offre une première illustration, avec une convergence des luttes particulièrement forte. Pour la première fois, syndicats de travailleur·ses – des pompier·es aux infirmier·es –, associations de défense des plus précaires (Fondation pour le logement des défavorisés), organisations écologistes (Greenpeace, FNE…) et citoyen·nes se rassembleront devant le ministère de l’économie et des finances, à Paris, pour demander des moyens concrets d’adaptation et d’atténuation face au réchauffement climatique. «Après un été avec des conditions de travail dégradées, les citoyens comprennent que, pour obtenir un meilleur cadre, cela passe obligatoirement par la lutte environnementale», analyse Gaspard Tamagny.
La marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale, prévue le 26 septembre à l’initiative de citoyen·nes et dont l’appel a été publié en exclusivité par Vert, témoigne elle aussi de cette volonté croissante de s’engager. Sur le terrain, les organisations militantes voient leurs rangs grossir. Selon une membre du mouvement de désobéissance civile Extinction Rebellion, la fréquentation des réunions d’accueil a fortement augmenté, et ce dans tout l’Hexagone.
La présidentielle en ligne de mire
Cette rentrée militante s’annonce d’autant plus particulière qu’elle est aussi marquée par le début de la campagne présidentielle. «On va se mobiliser pour que l’environnement soit au cœur de la campagne, dans une période où les effets du changement climatique seront moins visibles», prévient François Veillerette, porte-parole de l’ONG anti-pesticides Générations futures.
Pour y parvenir, les associations entendent multiplier les leviers : décryptage des propositions des candidat·es, sensibilisation des citoyen·nes aux enjeux environnementaux, interpellation des journalistes afin que ces questions s’imposent dans les débats et les interviews. «On va redoubler de moyens pour montrer que si les différents mouvements d’extrême droite arrivaient au pouvoir, ils aggraveraient très largement les crises que nous vivons», projette Clara Jamart, chargée de campagne chez Greenpeace France.
Plus généralement, les organisations écologistes comptent poursuivre les campagnes déjà engagées. «C’est important qu’on ne se désintéresse pas de nos sujets habituels pour que ceux qui veulent agir de manière très concrète puissent nous rejoindre», souligne le porte-parole d’Alternatiba. Pour nombre d’entre elles, la santé environnementale et la lutte contre la pollution restent au cœur des priorités, à l’heure où la loi d’urgence agricole, votée cet été, ouvre la voie à la réintroduction de pesticides interdits. Dans le même temps, le Parlement européen doit aussi se prononcer sur l’Omnibus X, un paquet législatif qui vise à simplifier les règles encadrant la sécurité des aliments, l’alimentation animale et l’utilisation des pesticides.











