
«Ce rassemblement est inédit», pose Jean-François Julliard, directeur général de France nature environnement (FNE). Ce mardi 15 septembre, à 19h30, de nombreuses associations, collectifs et syndicats se rejoindront devant le ministère de l’économie et des finances, à Paris. Elles et ils réclament des moyens financiers d’adaptation face au réchauffement climatique et une véritable trajectoire de diminution des émissions de gaz à effet de serre.
Un premier rendez-vous militant en ce mois de septembre avant la marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale du 26 septembre prochain. Les associations écologistes veulent que les drames de l’été caniculaire ne soient pas oubliés. Les prochaines semaines seront riches en mobilisations dans toute la France.
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«C’est peut-être la dimension qui manquait aux marches pour le climat de ces dernières années : la convergence entre nos collectifs et les syndicats de travailleurs comme ceux des infirmiers et de pompiers», avance Jean-François Julliard.
Une présence évidente, pour Thierry Amouroux, porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI). «L’effet du réchauffement climatique et des canicules, on le voit directement sur nos patients, raconte-t-il à Vert. Ce ne sont pas des concepts théoriques pour l’an 2050, c’est une dégradation conséquente de l’état de santé des personnes que l’on suit. À peine une première vague de chaleur se finissait qu’une autre arrivait, sans qu’elles aient le temps de récupérer.»
Des hôpitaux «complètement inadaptés aux canicules»
La longueur et l’intensité des canicules fragilisent tous nos organes et affectent particulièrement les personnes atteintes de maladies chroniques. «Certains de nos patients ont atteint des niveaux de dégradation à cause des canicules qu’ils ne devaient pas connaître avant des années», déplore-t-il.
Les infirmier·es du SNPI travaillent dans des hôpitaux «complètement inadaptés aux canicules», insiste-t-il. Cet été, «ils se sont transformés en serres médicalisées : la température est montée à 35°C voire 40°C degrés dans certaines chambres. Ça a été terrible, on voyait nos patients se réfugier à l’hôpital, mais l’environnement y était dégradé et leur état de santé en pâtissait», rembobine le professionnel.
En juin dernier, l’ONG Oxfam pointait l’explosion des besoins en soins due au réchauffement climatique et celle de la fréquentation des urgences dans un système de santé déjà en crise. «Nous, soignants, à part scotcher une couverture de survie avec du sparadrap le long des vitres, on ne pouvait rien faire», s’indigne Thierry Amouroux.
Utiliser l’argent existant pour l’adaptation au changement climatique
Outre un budget de l’État à la hauteur des enjeux, le syndicat réclame une meilleure utilisation du budget existant, et notamment des 60 milliards d’euros cumulés depuis 2004 avec la création de la journée de solidarité. Pour le syndicaliste, «cette mesure post-canicule de 2003 fait contribuer les Français financièrement ; ce montant ne peut pas être fléché à d’autres fins que protéger les plus vulnérables, ce n’est pas admissible.»
Le SNPI prendra la parole devant Bercy ce mardi soir aux côtés de pompier·es, d’organisations de défense des précaires (Fondation pour le logement des défavorisés), de syndicats étudiants et de multiples associations écologistes (FNE, Greenpeace).
L’occasion pour chaque collectif de rappeler que le réchauffement climatique creuse les inégalités et les discriminations déjà existantes. Alors que les fortes chaleurs attisent les violences contre les femmes, l’association Nous toutes s’exprimera également.
«Rien n’est acquis et c’est un combat difficile»
«Si nous nous retrouvons ensemble ce soir, c’est parce que l’été a été particulièrement douloureux et a affecté quasiment tous les secteurs de la société», souligne Jean-François Julliard. Le point de convergence de ces collectifs : appeler à un projet de loi de finances avec davantage de moyens pour l’adaptation au changement climatique. «Le budget de l’État, qui sera voté d’ici la fin de l’année, doit compenser les failles et les vulnérabilités de cet été», insiste le directeur général de FNE.
Rénovation thermique des écoles et des hôpitaux, recrutements et moyens matériels pour les pompier·es, augmentation du Fonds vert pour aider les collectivités territoriales à s’adapter… La liste des demandes est longue.
Le militant écologiste l’admet : «Rien n’est acquis et c’est un combat difficile, mais on rentre dans une séquence présidentielle ; on veut que ces sujets-là soient présents dans le débat, qu’ils ne tombent pas dans l’oubli sitôt les températures redescendues.»











