Édition du 5 octobre 2026

Foule sentiment sale

Chères toutes et chers tous,

🗞️ C’est l’article le plus lu de la semaine dernière sur vert.eco : Laure Moriot, pompière atteinte d’un cancer : «C’est un métier qui nous détruit de l’intérieur» (Re)lisez-le en cliquant juste ici.


À la marche anti-pesticides, une même colère unit écologistes et antiracistes.



«La lutte contre les pesticides fait partie des combats antiracistes» : la colonisation chimique au cœur de la marche contre Syngenta

Octobre ose. Plus de 15 000 personnes ont manifesté contre les pesticides et le géant de l’agrochimie Syngenta, samedi, à Saint-Pierre-la-Garenne (Eure). Au sein du cortège, les revendications anticoloniales se sont imposées. On vous explique.

«C’est une alliance nouvelle qui augure d’autres mobilisations à venir», prévient Fanny Métrat, porte-parole du syndicat agricole Confédération paysanne. Ce samedi, l’agricultrice, debout sur un camion, harangue la foule venue nombreuse – 15 000 personnes selon les organisateur·ices. Réuni·es à Saint-Pierre-la-Garenne (Eure), elles et ils manifestent contre les pesticides et l’entreprise Syngenta, leader mondial de la production de ces substances.

La multinationale est au centre des débats lors de cette marche organisée par Les Soulèvements de la Terre, Cancer colère, le collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest (CSVPO) et la Confédération paysanne. «C’est extraordinaire : il y a des malades, des paysans, des soignants», liste Fleur Breteau, de Cancer colère. On retrouve aussi des collectifs antiracistes, venus dénoncer le «colonialisme chimique».

Plus de 15 000 personnes sont venues manifester à Saint-Pierre-la-Garenne (Eure), selon les organisateur·ices. ©  Rémi-Kenzo Pagès/Vert

Le terme, inventé par la géographe brésilienne Larissa Mies Bombardi, désigne le fait de produire des pesticides interdits localement à cause de leur dangerosité pour les exporter vers des pays (souvent pauvres) où ils sont autorisés.

«Ce n’est pas connu du grand public, explique l’activiste Léna Lazare, des Soulèvements de la Terre. Mais, pour nous, c’est désormais un fil rouge, sur la base d’alliances avec des collectifs concernés, comme Vietnam Dioxine ou le Coaadep.» Le premier est engagé contre l’agent orange, un herbicide connu pour son utilisation durant la guerre du Vietnam. Le second, le Collectif des ouvriers agricoles empoisonnés par les pesticides, qui milite contre le chlordécone, un insecticide pulvérisé dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique jusqu’en 1993.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce reportage de Rémi-Kenzo Pagès à Saint-Pierre-la-Garenne.
 


· Ce lundi, l’association Quota Climat annonce saisir l’Arcom, le gendarme de l’audiovisuel, pour contrer la «mésinformation climatique» de CNews. Dans un rapport paru ce jour, elle met en lumière le faible temps d’antenne accordé aux sujets environnementaux et l’absence de contradictoire sur la chaîne d’infos en continu.

· Lundi encore, le gouvernement indonésien a annoncé les grossesses de deux rhinocéros de Sumatra, une espèce en danger critique d’extinction. Il existe moins de 80 individus à l’état sauvage. La mise-bas, prévue pour mai prochain, représente un espoir pour la survie de ces mammifères.

· Ce week-end, des opposant·es à l’autoroute A412 entre Machilly et Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) se sont perché·es dans des arbres sur la commune de Bons-en-Chablais. Elles et ils veulent empêcher la venue des abatteuses sur une zone sur laquelle vivent des castors. À quelques pas de là, les militant·es redoutent une évacuation de la zone à défendre Chab ZAD, installée depuis un an sur le tracé de la voie à grande vitesse.

Des opposant·es à l’A412 (en Haute-Savoie) perché·es dans les arbres. ©  Max/Collectif Stop A412

· Vendredi, de nouvelles limites à la présence de cadmium dans les fertilisants ont été publiées au Journal officiel. Sept ans après les premières alertes de l’agence sanitaire française sur la surexposition des Français·es à ce métal lourd toxique, qui contamine les sols via les engrais phosphatés, le gouvernement agit enfin. – Notre article 


47%

L’écolo gît. Dimanche, à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle au Brésil, le candidat d’extrême droite Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien chef d’État Jair Bolsonaro, est arrivé en tête avec 47% des voix. Face à lui, l’actuel président Lula da Silva (Parti travailliste) a obtenu 45% des suffrages. Côté écologie, alors que Flávio Bolsonaro assume l’héritage climatosceptique de son père, Lula da Silva veut faire de l’adaptation au changement climatique un axe fort de la planification publique. Mais cela ne l’empêche pas de plaider pour le développement de l’exploitation pétrolière aux portes de l’Amazonie. Les élections législatives, elles, ont entériné une poussée de la droite inattendue et une perte de l’influence de la gauche. Le second tour aura lieu le 25 octobre prochain.

👉 Cliquez ici pour lire le décryptage d’Anaïs Richard et comprendre le bilan environnemental contrasté de Lula da Silva.
 


Élodie Potente, journaliste et essayiste : «Les ruralités peuvent être un refuge pour beaucoup de gens queer»

Queer ira bien. À Paris, samedi, la marche des fiertés LGBTQIA+ (lesbiennes, gay, bisexuel·les, transexuel·les, queer, intersexes, asexuel·les) a réuni plus de 500 000 personnes, selon les organisateur·ices – 74 000, selon la police. Dans son livre Fierté des champs, paru vendredi, la journaliste Élodie Potente rappelle que ces «pride» existent aussi à la campagne.
 

Vous racontez qu’être queer loin des grandes villes, c’est être doublement marginalisé. Qu’est-ce que cela signifie au quotidien ?

Quand on est queer en ruralité, on est à une intersection. Les médias et la culture dominante donnent l’impression que nous n’existons pas dans ces territoires, alors que nous avons toujours été là. Les normes sociales majoritaires sont celles de l’hétérosexualité et de l’urbanité. Vivre en ruralité revient donc à vivre doublement hors de la norme.

👉 Cliquez ici pour lire l’intégralité de cet entretien de Mathilde Picard et en savoir plus sur les marches des fiertés rurales.

Élodie Potente est l’autrice du livre «Fiertés des champs», publié le 2 octobre 2026. © Béa Uhart  


La France agit face au cadmium, naissances exceptionnelles de poulains de Przewalski : les bonnes nouvelles de la semaine

Hongrois rêver. La Hongrie instaure un impôt pour réduire les inégalités ; les culottes menstruelles et cups désormais remboursées en France… et trois autres bonnes nouvelles repérées par Gaëtan Gabriele pour bien débuter la semaine.

©  Gaëtan Gabriele/Vert

+ Gaëtan Gabriele, Lilou Hiver, Mathilde Picard, Antoine Poncet et Anaïs Richard ont contribué à ce numéro.