
Depuis quelques années, ce mode d’action – ingénieux ou perfide, selon les points de vue – a fait son apparition dans plusieurs villes françaises, donnant même lieu à une condamnation en octobre 2024 (notre article). Dans son premier livre, Fuites (Cause perdue éditions, 2026), Étienne Bretin raconte de l’intérieur la vie d’un groupe de «dégonfleurs de SUV» dans les rues de Lyon (Rhône).
Sur le chemin tumultueux de la conscience écologiste
L’écrivain décrit les nuits de doute et de réconfort de ces jeunes engagé·es, qui débattent stratégie militante autour d’un pack de Heineken et scrutent les retombées de leurs actions avec la boule au ventre. Au milieu de la fièvre médiatico-politique qui s’empare de la ville, leurs angoisses climatiques semblent résonner dans le vide.
Cet article est en accès libre.
C’est un engagement fort de notre équipe, pour permettre à tout le monde de s’informer gratuitement sur l’urgence écologique et de faire des choix éclairés. Si vous le pouvez, faites un don pour soutenir notre travail dans la durée et garantir notre indépendance.
Ce roman en immersion dans les milieux écologistes – un sujet pas si fréquent dans la littérature – peut se voir comme une autopsie. Une autopsie au sens médical du terme : des plaies saignantes après une nuit d’action, des pigeons aplatis sur l’asphalte… Et une autopsie sociale de l’entourage du narrateur : de Sarah, la camarade bien lotie, tiraillée entre ses idéaux et son boulot ; ou de Hassan, le collègue père de famille qui peste contre ces écolos ne faisant qu’«emmerder les gens normaux».
Des quais du Rhône au cossu 6ème arrondissement, de nuits ardentes en lendemains qui déchantent, Fuites embarque ses lecteur·ices sur le chemin tumultueux de la conscience écologiste. Une voie (qu’on imagine cyclable) semée d’embûches, et qui mènera les jeunes militant·es jusqu’en haut d’un des plus hauts sommets de Lyon…
«Fuites», Étienne Bretin, Cause perdue éditions, mars 2026, 152 pages, 15 euros.









