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Résultats des élections municipales 2026 : défaite de François Piquemal à Toulouse, victoire de David Guiraud à Roubaix… bilan mitigé pour LFI

Victoire au Roubaix. Le second tour des élections municipales a confirmé une certaine percée de La France insoumise, qui remporte Saint-Paul à La Réunion et Roubaix, dans le Nord. Dans les villes où LFI avait scellé des alliances avec Les Écologistes ou le Parti socialiste, certains espoirs ont été déçus, comme à Toulouse ou Besançon.
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Tampon, Roubaix et Creil : des villes gagnées par LFI

Au Tampon, à La Réunion, La France insoumise remporte la mairie avec la victoire d’Alexis Chaussalet (45,29%), face au maire divers droite sortant Patrice Thien-Ah-Koon (43,23%). À Saint-Paul également, Emmanuel Séraphin (PLR, soutenu par La France insoumise) devient édile avec 55,74% des voix : il devance Cyrille Melchior (Les Républicains). La deuxième plus grande commune de l’île était historiquement à droite.

À Roubaix (Nord), le député insoumis David Guiraud devient maire avec 53,19% des suffrages. Il bat le maire sortant Alexandre Garcin (25,55%). Un grand succès pour La France insoumise, qui remporte sa première ville de 100 000 habitant·es. Dans son programme, on retrouve des mesures en faveur de l’écologie : développement des cours oasis (végétalisées) dans les écoles, plan pour favoriser les déplacements à vélo…

David Guiraud (La France insoumise) devient maire de Roubaix. © Lo Presti/AFP

À Creil (Oise), le candidat insoumis Omar Yaqoob a gagné avec 51,19% des votes, devant la maire socialiste sortante Sophie Dhoury Lehner, qui a recueilli 48,81% des suffrages.

À La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le député insoumis Aly Diouara devient maire après trois décennies de gestion communiste de la commune. Il a obtenu 51,53% des votes, devant le socialiste Oumarou Doucoure (48,47%). À Vénissieux (Rhône) aussi, le candidat LFI Idir Boumertit l’a emporté avec 34,11% des voix, talonné par la candidate de l’union de la gauche et des Écologistes, Michèle Picard, qui a récolté 12,70% des suffrages.

Limoges, Toulouse et Besançon : les espoirs déçus de la gauche et des Écologistes

À Limoges (Haute-Vienne), la fusion des listes de l’insoumis Damien Maudet et du socialiste Thierry Miguel n’a pas permis de faire basculer la mairie à gauche. Guillaume Guérin (Les Républicains) l’a emporté avec 51,25% des voix, selon une estimation d’Ipsos BVA. Damien Maudet arrive en deuxième position, avec 40,82% des suffrages. Le candidat RN, Albin Freychet, fait un score de 7,92%.

À Besançon (Doubs), c’est le candidat LR-Modem Ludovic Fagaut qui devient maire, avec 53,29% des voix, selon une estimation d’Ipsos BVA. La maire écologiste sortante, Anne Vignot, qui avait fait partie de la «vague verte» de 2020, n’a récolté que 46,71% des votes, malgré son alliance avec la candidate LFI Séverine Véziès.

À Toulouse (Haute-Garonne), le maire sortant de droite Jean-Luc Moudenc garde la mairie avec 53,87% des voix. L’insoumis François Piquemal, qui s’était allié avec le socialiste François Briançon après le premier tour, n’a obtenu que 46,13% des votes.

Le candidat LFI François Piquemal n’a pas remporté la mairie de Toulouse. © Wikimedia

Dans son programme pour la ville rose, le candidat insoumis prônait la gratuité des transports pour les moins de 26 ans et le renforcement du maillage du réseau de bus. Il soulignait la nécessité de mieux relier les quartiers périphériques avec une fréquence plus élevée de ces transports collectifs.

Le bilan en demi-teinte des alliances pour imposer des programmes écologistes de gauche

À Paris, Emmanuel Grégoire, le candidat d’union d’une partie de la gauche (hors LFI), arrive en tête avec 51,8%, devant la figure des Républicains Rachida Dati (39,6% des suffrages), selon l’estimation Ifop. L’insoumise Sophia Chikirou a obtenu 8,9% des voix.

À Lyon également, le maire sortant écologiste Grégory Doucet conserve la mairie avec 50,67% des voix, contre 49,33% pour le candidat de droite Jean-Michel Aulas, selon l’estimation Ifop. La liste écologiste s’était alliée avec celle de l’insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi. Jean-Michel Aulas refuse de reconnaître sa défaite. Il a annoncé dans la soirée qu’il déposerait un recours et dénonce «des irrégularités».

À Tours (Indre-et-Loire), l’alliance a payé : le candidat d’union de la gauche Emmanuel Denis l’a emporté avec 47,20% des suffrages, devant Christophe Bouchet et sa liste divers droite (43,86%).

À Besançon (Doubs) ou Poitiers, au contraire, les alliances avec les Écologistes n’ont pas permis de gagner. Même chose à Limoges et Clermont-Ferrand, où les accords avec les socialistes n’ont pas été concluants.

À Strasbourg (Bas-Rhin), la maire sortante Les Écologistes Jeanne Barseghian perd son fauteuil avec 31,7% des suffrages, selon l’Ifop. Elle est devancée par Catherine Trautmann (divers gauche), qui a fait 37%. Le candidat LR Jean-Philippe Vetter a recueilli 31,29% des votes.

À Marseille, où l’insoumis Sébastien Delogu s’était retiré, le maire sortant Benoit Payan (54,34%) a triomphé face au candidat du Rassemblement national Franck Allisio (40,30%), d’après les premières estimations de l’Ifop. Manuel Bompard, député La France insoumise des Bouches-du-Rhône, s’est malgré tout réjoui : «La percée des listes de La France insoumise est remarquable ; [elle] se confirme, s’amplifie et se renforce encore.»

«On ne peut pas tirer de conclusions générales de la stratégie des alliances, estime auprès de Vert la députée insoumise de l’Essonne Claire Lejeune. Dans chaque ville, il y avait des configurations particulières.» «En tout cas, nous assumons nos fusions avec les Écologistes, qui ont permis, à Lyon par exemple, de maintenir un maire de la vague verte de 2020. Ce que je retiens, c’est que pour gagner, l’écologie politique doit assumer d’être populaire, comme à Roubaix», souligne-t-elle. Et d’ajouter que, dans cette ville, «le programme de David Guiraud contient des mesures comme la cantine gratuite avec de la nourriture bio et locale, qui sont à la fois des mesures de justice sociale et de transition écologique».

À Saint-Denis, une victoire dès le premier tour pour le candidat LFI

Bally Bagayoko est devenu maire de Saint-Denis-Pierrefitte (Seine-Saint-Denis), l’une des plus grosses villes d’Île-de-France, dès le premier tour des élections municipales, avec 50,77% des voix. Il a détrôné l’édile socialiste Mathieu Hanotin. L’insoumis se dit en faveur d’«une écologie populaire».

Bally Bagayoko (LFI) est devenu maire de Saint-Denis-Pierrefitte dès le premier tour. © Julien De Rosa/AFP

Son programme insiste sur l’aménagement d’îlots de fraicheur dans chaque grand quartier, la rénovation de squares ou encore le cofinancement de paniers bio pour les bénéficiaires de la Caisse centrale d’activités sociales (CCAS).

Faches-Thumesnil et Grabels : la fin des premières mairies LFI

À Faches-Thumesnil (Nord), le candidat LFI sortant Patrick Proisy a perdu, avec 25,64% des voix, derrière le candidat divers droite Brice Lauret (28,95%).

À Grabels (Hérault) aussi, l’édile divers gauche René Révol, soutenu par LFI et en poste depuis 2008, n’a obtenu que 21,98% des voix contre Pascal Heymes (divers droite), qui l’emporte avec 63,89% des suffrages. Ce dernier déplorait l’artificialisation croissante du territoire de la commune.

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