Le dépistage du cadmium remboursé à partir de ce mardi… mais seulement pour les patients «à risque»

Test pas prêt.
Le test cadmium peut être prescrit à partir de ce mardi par les médecins. Il s’adresse avant tout aux «personnes potentiellement surexposées du fait de leur lieu de résidence». On vous explique.
Le remboursement des tests du cadmium prend effet ce mardi 16 juin. © Adobe Stock

Près d’un an après l’annonce du ministre, le dispositif arrive enfin : depuis ce mardi, le dépistage de la contamination au cadmium est remboursé sur ordonnance pour les patient·es dit·es «à risque». Sinon, il faudra débourser 27,50 euros pour faire le test (contre une quarantaine d’euros jusqu’alors).

Concrètement, ce test s’adresse surtout aux «personnes potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence», quand le sol a «été préalablement reconnu par les autorités compétentes comme étant pollué par le cadmium», précise le gouvernement.

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Pour connaître la quantité de cadmium dans son corps, un prélèvement d’urine peut suffire. Et, en cas de «cadmiurie» élevée, un test sanguin pourra être réalisé «de manière complémentaire», indique le gouvernement.

Les deux tests seront remboursés à hauteur de 60% par l’Assurance maladie, le reste étant pris en charge par la complémentaire santé. Les patient·es devront toutefois s’acquitter d’une participation forfaitaire de deux euros comme «pour chaque acte de biologie médicale ou toute consultation médicale», détaille le gouvernement.

Une promesse ancienne

Voilà plusieurs mois que le dispositif était dans les tuyaux. En juin 2025, l’ancien ministre de la santé, Yannick Neuder, avait fait la promesse du remboursement, dès l’automne de la même année, du dépistage de la contamination au cadmium pour les Français·es.

Ce métal lourd contamine la population via l’alimentation et fait courir des risques graves pour les reins, les os, la reproduction, augmentant même la probabilité, sur le long terme, de développer certains cancers. L’étude Esteban de Santé publique France en 2021 avait même montré que plus de la moitié des Français·es dépassaient le seuil d’imprégnation «critique» de 0,5 µg/g (microgrammes par kilo) de créatinine (un indicateur présent dans l’urine). Au-delà de cette limite, des effets sur les os sont possibles, en plus d’atteintes sur les reins.

7 000 sites potentiellement pollués

À l’annonce, il y a quelques semaines, d’une potentielle restriction du dépistage à certaines zones géographiques, le cardiologue Pierre Souvet avait réagi auprès de Vert : «C’est une ineptie. Ce n’est pas parce que vous habitez dans le Jura que vous consommez des produits du Jura. Ça ne tient pas debout ! À moins que ces tests ne s’adressent qu’aux personnes qui mangent des légumes de leur potager…», tonnait-il. Il plaidait pour un remboursement gratuit «pour tout le monde».

Concernant ce périmètre pressenti, le gouvernement a tout simplement suivi les recommandations de la Haute Autorité de santé, qui avait préconisé en 2024 de dépister les résident·es «potentiellement surexposés» des territoires aux sols géologiquement riches en cadmium (tels que la Charente, la Champagne, le Jura ou le Massif central) ou les riverain·es des 7 000 «sites et sols pollués ou potentiellement pollués recensés».

Finalement, il n’y a pas vraiment de restriction géographique. Interrogé mi-mai par l’AFP, le ministère de la santé a rassuré : «On n’exclura pas [du remboursement, NDLR] les personnes vivant hors de ces sites qui pourraient être sur-imprégnées : ce sera au médecin de juger, face à un problème rénal ou osseux par exemple, de la nécessité de ces analyses.»

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

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