Habemus candidam. La militante écologiste Anna Agueb-Porterie, la Socialiste Anne Hidalgo, le Vert Yannick Jadot, l’eurodéputé écologiste Pierre Larrouturou, la militante associative Charlotte Marchandise, l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon et l’ancienne garde des sceaux Christiane Taubira : voici les figures retenues par la primaire populaire, présentées à la presse ce samedi par ses porte-paroles Mathilde Imer et Samuel Grzybowski.

Quelques heures auparavant, à Lyon, Christiane Taubira officialisait sa candidature à l’élection présidentielle, l’une des deux conditions pour figurer au vote – avec celle d’avoir été parrainé·e par les citoyen·nes à l’été 2021. L’ex-ministre est la seule des principaux·les candidat·es à avoir accepté les règles du scrutin. Si un autre nom que le sien devait sortir du chapeau de la primaire, elle se retirerait de la course. Contrairement à ce qu’ont déjà annoncé Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon ou Yannick Jadot. Ce dernier a d’ailleurs fustigé, dimanche, sur le plateau du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI « une forme de tromperie vis-à-vis des gens qui payent parfois pour participer à ce scrutin faisant croire que finalement, les personnes qui sont sur la liste pourraient accepter le résultat de ce vote » (Le Figaro). Précisons que le scrutin de la primaire populaire est gratuit. Seule l’empreinte de la carte bancaire est relevée pour vérifier l’identité des votant·es.

Comme ses fondateur·rices l’ont rappelé ce week-end, c’est à l’été 2020, dans le prolongement de la Convention citoyenne pour le climat dont Mathilde Imer fut l’une des instigatrices, qu’est née la primaire populaire. 175 jeunes, étudiant·es et entrepreneur·ses s’étaient alors rassemblé·es au cours d’un événement intitulé « Rencontres des justices ». Elles et ils avaient ensuite élaboré 30 mesures de justice sociale et environnementale, et une méthode pour faire gagner ce programme embryonnaire. « L’un des scénarios de cette méthode était de passer par une primaire populaire », explique Mathilde Imer. Les organisateur·ices se sont inspiré·es du mouvement Sunrise aux Etats-Unis : « ils sont partis de 200 000 soutiens et aujourd’hui ils gagnent une élection sur deux. Ils ont fait inscrire des milliers d’abstentionnistes. »

Aujourd’hui, ce « processus initié par les citoyens » compte 5 000 bénévoles et 300 000 signataires. Ses équipes feront campagne pour la personnalité qui sortira de leurs urnes le 30 janvier, si celle-ci accepte les règles du socle commun et s’engage à « œuvrer au rassemblement ». 

Organisé du 27 au 30 janvier, le vote s’effectuera au jugement majoritaire, « une innovation démocratique » voulue par les tenants de la primaire populaire.les électeur•ices devront attribuer à chaque candidat·e une mention – « très bien », « bien », « assez bien » « passable » ou « insuffisant ». Celui ou celle qui obtiendra la meilleure évaluation générale sera retenu·e. « C’est un système où les gens n’ont plus à voter contre, à voter utile ou pour le moins pire, se réjouit Mathilde Imer. Il y a un seul tour donc moins de clash et c’est moins humiliant. Ça permet de créer plus facilement une équipe ». Un remède au vote par défaut « compté comme un vote d’adhésion aujourd’hui » et au vote blanc « qui n’est pas comptabilisé », défend la fondatrice de l’association Mieux voter, Chloé Ridel.

Accusée de vouloir encombrer le paysage des candidatures, déjà très chargé, à gauche, la primaire populaire rétorque qu’elle œuvre à l’union depuis plusieurs mois et se pose en « juge de paix ». « On a laissé le temps aux candidats de faire l’union par eux-mêmes, justifie Mathilde Imer. On a même décalé l’élection pour attendre de voir s’il n’y avait pas une autre voie. Aujourd’hui, on s’adresse aux électeurs de gauche qui sont dans le désarroi. Ils sont 35% à vouloir s’abstenir. On veut les sortir de cette désespérance. » Quid des candidats inscrits malgré eux à cette primaire ? La militante écologiste retourne la question : « Que répondent-ils, eux, aux 85% des citoyens qui veulent l’union et aux 75% qui veulent que ça passe par un vote ? ».

Lundi 17 janvier, la barre des 250 000 inscriptions au vote a été franchie. Les sympathisant•es ont jusqu’au 23 janvier pour s’enregistrer sur la plateforme Neovote.