Dans l'actu

Renforcée par le changement climatique, la tempête Nils prive encore 450 000 foyers d’électricité

La dépression qui a frappé la côte ouest et le sud de la France en ce milieu de semaine a fait deux mort·es et causé de nombreux dégâts. Une étude scientifique montre que l’intensité des pluies a été accrue par le dérèglement du climat.
  • Par

Entre mercredi soir et jeudi, la tempête Nils a frappé la France d’ouest en est, faisant deux mort·es, cinq blessé·es graves et 21 léger·es, entraînant quelque 4 500 interventions des secours. Elle s’est déplacée vers l’est de l’Europe ce vendredi matin mais encore 450 000 foyers sont privés d’électricité dans le sud-ouest de la France.

Si Météo-France a levé les vigilances pour vents violents, orages et pluies-inondations, la Gironde et le Lot-et-Garonne sont toujours concernés par la vigilance rouge aux crues. Les précipitations régulières depuis le début de l’hiver ont gorgé les sols en eau, «un facteur aggravant en matière de dégâts», selon l’institution.

Jeudi, la tempête Nils a frappé les côtes corses. Ici, les îles Sanguinaires, face à Ajaccio. © Pascal Pochard-Casabianca/AFP

«Ces vents plus forts et les fortes pluies de la tempête Nils sont attribués au changement climatique induit par l’Homme», selon l’étude de l’équipe de scientifiques du laboratoire des sciences du climat et de l’environnement de l’université Paris-Saclay, ClimaMeter. Elle a publié de premières conclusions jeudi 12 février.

Au-delà du risque d’inondations, la dépression s’est déplacée vers l’est du pays et a provoqué de fortes chutes de neige dans les Alpes, jusqu’à 1,50 mètre ce matin. Quatre départements alpins étaient en vigilance orange hier pour prévenir les avalanches et restent en vigilance jaune ce matin.

L’Espagne et le Portugal encore touchés par la tempête

«Nils est la troisième forte tempête hivernale de la saison sur la France après le passage de Benjamin (octobre 2025) et Goretti (janvier 2026)», indique Météo-France. Les bourrasques n’avaient pas été aussi puissantes depuis la tempête Klaus, en 2009, pendant laquelle le vent avait atteint 184 km/h dans le Sud-Ouest.

La tempête a également frappé le Portugal et l’Espagne, hier. À Barcelone, elle a provoqué la mort d’une femme de 46 ans après l’effondrement du toit d’un entrepôt industriel. Des vents dépassant 100 km/h ont déraciné des arbres, endommagé des bâtiments et perturbé le trafic aérien.

«Du fait du changement climatique, les tempêtes similaires à Nils sont jusqu’à 10% plus humides et localement jusqu’à 5% plus venteuses sur la France, l’Espagne et le Portugal aujourd’hui qu’elles ne l’étaient dans le passé», détaillent les chercheur·ses. L’Espagne et le Portugal figurent parmi les pays les plus exposés au dérèglement climatique, subissant des vagues de chaleur de plus en plus longues et des épisodes de fortes pluies plus fréquents et plus intenses.

La semaine passée, les dépressions Leonardo puis Marta avaient déjà provoqué des inondations spectaculaires et l’évacuation de plusieurs milliers de personnes en Andalousie, dans le sud de l’Espagne. C’est maintenant la tempête Oriana qui est attendue dans le pays, avec des vents violents, de fortes précipitations et de la neige dans certaines régions.

L’atmosphère plus chaude accroît l’intensité des tempêtes

Ces fortes pluies liées au changement climatique seront-elles plus fréquentes et plus intenses à l’avenir ? Très probablement, selon Davide Faranda, directeur de recherche en sciences du climat au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), qui a participé à l’étude. Il explique qu’«une atmosphère plus chaude peut contenir plus d’humidité, ce qui augmente le risque de fortes précipitations en cas de tempête».

Pour ce qui est des vents plus forts, le lien est moins explicite. «Le changement climatique n’augmente pas nécessairement le nombre de tempêtes, mais il peut intensifier leurs effets lorsque les conditions atmosphériques sont favorables», note le chercheur.

En février, les tempêtes ne sont pas inhabituelles. Toutefois, David Faranda souligne que «la combinaison de très fortes précipitations et de vents violents observée lors de la tempête Nils se démarque par rapport à ce qui était habituel il y a quelques décennies».

Le savoir c'est la santé

Aujourd’hui, ne pas avoir les informations essentielles sur les pollutions qui affectent notre eau, nos aliments, nos jardins, nos villes, nos plages, c’est prendre des risques pour sa santé et celles des siens.

PFAS, pesticides, microplastiques, hexane… Vert a publié des dizaines d’articles accessibles à toutes et tous pour alerter sur ces dangers, expliquer leur origine, et proposer des solutions pour s’en protéger.

Pour continuer ce travail essentiel en toute indépendance, nous avons besoin de votre soutien.

💚​ Activez un don mensuel à Vert et rejoignez le Club de celles et ceux qui s’engagent pour une meilleure information et un environnement plus sain.