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À Marseille, les activités portuaires dégradent la qualité de l’air.

Bombardements au Moyen-Orient : quelle place pour l’écologie en temps de guerre ?
La crise déclenchée samedi par les frappes étasuniennes et israéliennes en Iran a fait bondir les cours mondiaux du gaz et du pétrole. Pour le philosophe Pierre Charbonnier, les conflits internationaux révèlent notre dépendance aux énergies fossiles et pourraient nous inciter à accélérer la transition écologique. Une hypothèse illusoire, répond le militant écologiste Vincent Rissier dans ce double entretien à Vert.
Le mouvement écologiste doit-il sortir de son antimilitarisme historique, qui consiste à refuser le recours de l’État à l’armée, ou au contraire le renforcer ?
Pierre Charbonnier. Il n’y a pas de contradiction entre l’antimilitarisme et l’appel à se tourner vers les énergies renouvelables quand on prend conscience que les énergies fossiles sont un facteur d’insécurité. Les conflits incitent au déploiement des renouvelables comme facteur de stabilité géopolitique.
Vincent Rissier. La priorité est de lutter contre notre propre impérialisme. L’écologie de guerre postule qu’en se détachant des énergies fossiles, l’Europe pourrait être le dernier havre de démocratie et d’écologie face à Donald Trump et Vladimir Poutine. Ce discours oublie que la France est le deuxième fournisseur d’armes à l’échelle internationale.

La guerre au Moyen-Orient pourrait-elle inciter l’Europe à accélérer sa transition écologique ?
Pierre Charbonnier. Dans un premier temps, la guerre peut avoir l’effet inverse. Ce n’est pas le moment de parler de transition écologique, car les gens qui subissent le plus la hausse du prix de l’essence ne pourront pas s’acheter une voiture électrique ou rénover leur maison.
Vincent Rissier. L’agression impérialiste des États-Unis et d’Israël sur l’Iran a fait des centaines de morts. Plutôt que de réfléchir à ce qu’elle pourrait y gagner, l’écologie devrait se constituer en force qui refuse la guerre, pas comme une force qui veut arracher des arrangements avec ce contexte international.
👉 Cliquez ici pour lire l’intégralité de cet entretien croisé mené par Mathilde Picard.

· Les appellations «steak végétal», «côtelettes végétariennes» et 31 autres dénominations qualifiant des alternatives inspirées de la viande vont être interdites en Europe, a convenu l’Union européenne jeudi. Les mots «saucisses» et «burgers» restent autorisés. Ce compromis, issu d'âpres négociations, doit encore être soumis à un vote du Parlement et des Vingt-Sept. - L’Essentiel
· Près de la moitié des 1 200 espèces migratrices inscrites dans la convention des Nations unies qui les protège sont en déclin, selon une nouvelle évaluation publiée jeudi. Le rapport révèle aussi que la situation s'est empirée en deux ans, et que 24% de ces animaux sont désormais menacés d'extinction. - Vert

· Jeudi encore, le monde des amateur·ices de pêche en eau douce a appris qu'il pourrait continuer à capturer des anguilles européennes, un poisson en «danger critique» d'extinction (notre article). Le ministère de la transition écologique a confirmé au Monde la suspension du moratoire sur la pêche aux individus «jaunes» (les anguilles adolescentes), qui devait entrer en vigueur ces prochaines semaines.


Croisières, chantier naval… Les émissions nocives du Grand port maritime de Marseille au cœur des débats des municipales 2026
Pas que beau. Le secteur maritime est le principal émetteur d’oxydes d’azote à Marseille, à cause des gaz d’échappement des bateaux. Des rejets qui pèsent sur la santé des habitant·es – surtout dans les quartiers nord, proches du port – et qui font débat à quelques jours des élections municipales de 2026. Jean-Pierre Lapebie, président de l’association de riverain·es Cap au nord, mène une bataille pour la transparence des autorités sur la question. «Quand on écoute les déclarations de Renaud Muselier [le président macroniste de la région PACA, NDLR], qui dit que les croisières sont une activité économiquement rentable, il y a des questions à se poser. Il suffit de regarder le coût final supporté par la communauté», pointe-t-il, en référence à la pollution.
👉 Cliquez ici pour lire ce décryptage de Sophie Boutière-Damahi.


Donald Trump enterre le travail de scientifiques sur l’état de la nature aux États-Unis : ils s’allient pour sortir l’étude malgré tout
Eau rapport. 34% des espèces de plantes et 40% des espèces animales des États-Unis sont en danger d’extinction et les écosystèmes d’eau douce sont en crise. C’est ce que révèle la première version d’un rapport scientifique qu’un collectif de 125 chercheur·ses vient de publier de manière indépendante. Ce grand état des lieux avait été commandé par l’ancien président Joe Biden. Alors qu’il était sur le point d’être achevé en janvier 2025, le projet a été annulé par Donald Trump après son retour à la Maison Blanche. Selon le New York Times, les chercheur·ses ont pu trouver d’autres financements pour mener à bien leur étude.
👉 Cliquez ici pour lire l’intégralité de cet article et en savoir plus sur les conclusions du rapport.


Guerre au Moyen-Orient : le mouvement MAGA se retourne contre Donald Trump
Trump et son monde. Depuis samedi, l’offensive israélo-étasunienne en Iran divise le monde et même la sphère «Make america great again» (MAGA), fidèle soutien de Donald Trump. Les figures du mouvement d’extrême droite se sentent trahies. Avant d’être élu, le président avait promis d’arrêter de lancer des conflits armés à travers le monde, comme l’explique Moncef Arbadji, journaliste vidéo de Vert.

+Moncef Arbadji, Esteban Grépinet, Anne-Claire Poirier et Antont contribué à ce numéro.
