34% des espèces de plantes et 40% des espèces animales des États-Unis sont en danger d’extinction. C’est ce que révèle la première version d’un rapport scientifique qu’un collectif de 125 chercheur·ses vient de publier de manière indépendante. Ce grand état des lieux avait été commandé par l’ancien président Joe Biden. Alors qu’il était sur le point d’être achevé en janvier 2025, le projet a été annulé par Donald Trump après son retour à la Maison Blanche.
Hors de question d’abandonner, pour les scientifiques. Les co-auteur·ices ont cherché de nouveaux financements. Ils et elles ont réussi à obtenir trois millions de dollars (soit 2,6 millions d’euros) de la part de diverses fondations et ont pu poursuivre leurs recherches sans l’aide de l’administration fédérale. L’étude est désormais ouverte au public afin d’avoir des retours et des commentaires de pairs. L’Académie des sciences, de l’ingénierie et de médecine est chargée de relire leur travail pour le valider. La version finale sera publiée à l’automne prochain.

Parmi les résultats alarmants des scientifiques : les écosystèmes d’eau douce du pays sont en crise en raison des pollutions multiples et des pressions humaines sur la ressource. Mais il y a de l’espoir, selon le chercheur en conservation environnementale Philip Levin. Il dirigeait ce grand état des lieux pour le gouvernement avant le retour de Donald Trump au pouvoir et a poursuivi sa mission. «La conservation, la restauration et le renouveau des liens entre les hommes et la nature peuvent améliorer la santé des écosystèmes et renforcer la résilience des communautés», a-t-il expliqué au New York Times.
Au-delà de la dégradation de la biodiversité, le rapport met en lumière le rôle crucial de l’environnement pour assurer la bonne santé et la prospérité des Étasunien·nes. Un chapitre est dédié aux actions réussies en faveur des écosystèmes : les réintroductions de bisons, de loups gris, de loutres ou de condors ont permis d’assurer la survie et la bonne santé de ces espèces qui ont frôlé l’extinction. Les scientifiques offrent de multiples exemples de restaurations bénéfiques sur la nature : créer des corridors écologiques pour le déplacement des espèces, renaturer des cours d’eau et enlever des barrages. Autant de pistes qui rappellent que les solutions existent pour protéger l’environnement.
Il s’agit avant tout d’un grand travail de synthèse de diverses études pour entériner un consensus scientifique dont pourraient se servir les décideur·ses. Les thèmes d’équité et de justice environnementale, honnis par Donald Trump, infusent les 800 pages du document. De son côté, l’administration fédérale a produit un rapport en septembre dernier qui minimise l’impact du réchauffement climatique sur l’environnement. Un document condamné par le monde scientifique et considéré illégal par un juge fédéral.
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