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«On subit la répression de plein fouet» : la Confédération paysanne porte plainte pour atteinte aux libertés syndicales

Agro sur la patate. Mardi, le syndicat agricole a annoncé déposer une cinquantaine de plaintes contre X pour dénoncer les gardes à vue jugées abusives après leur action dans une annexe du ministère de l’agriculture, le 14 janvier.
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On ne peut pas accepter la façon dont la parole syndicale est traitée», assène Stéphane Galais, porte-parole national de la Confédération paysanne, syndicat défenseur d’une agriculture paysanne et respectueuse de l’environnement. Mardi, l’organisation a déclaré qu’elle déposerait plus de cinquante plaintes contre X pour «atteinte à la liberté d’expression, de réunion, d’exercice des droits syndicaux et de manifestation, atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l’autorité publique et non-intervention pour l’arrêt d’une privation de liberté illégale».

Cette démarche intervient à la suite des gardes à vue de 52 membres du syndicat, le 14 janvier dernier. Ce jour-là, un groupe avait pénétré dans une annexe du ministère de l’agriculture pour mener une action pacifique en opposition à la politique agricole du gouvernement. Elles et ils avaient été arrêté·es et mis·es derrière les barreaux pendant presque vingt heures.

Le 14 janvier dernier, les manifestant·es ont déployé leur banderole dans la cour intérieure d’une annexe du ministère de l’agriculture. © Dimitar Dilkoff/AFP

Leur action dénonçait la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (notre article) et la signature de l’accord de libre-échange UE-Mercosur. Des agriculteur·ices d’outre-mer étaient également présent·es pour demander la «décolonisation de l’agriculture» et rappeler «la solidarité entre les paysans».

Selon le syndicat, les gardes à vue, «sans aucune poursuite judiciaire à l’issue, s’apparentent à une procédure bâillon», c’est-à-dire une action qui vise surtout à intimider. Nombre de membres n’avaient jamais été arrêté·es pour leur participation à une action avant le 14 janvier. «C’est la première fois que tous les porte-parole du syndicat, des présidents de chambre et la coordinatrice de la Via campesina [mouvement altermondialiste d’agriculteur·ices, NDLR] étaient en garde à vue en même temps, c’est un message politique», affirme Stéphane Galais. Outre l’action en justice, la Confédération paysanne a aussi saisi la défenseure des droits.

«Une criminalisation croissante du monde paysan»

L’objectif pour le syndicat : montrer qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé mais d’un contexte global. «La répression de plus en plus forte est un constat partagé avec d’autres syndicats agricoles et ouvriers», note Stéphane Galais. Les rapporteurs spéciaux du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU ont exprimé, en janvier dernier, leurs inquiétudes face à la «criminalisation croissante du monde paysan», «un signal inquiétant qui menace ses droits à exprimer ses griefs sans crainte d’intimidation ou de représailles».

Malgré cette tendance générale, le porte-parole de la Confédération paysanne pointe du doigt un traitement différencié de son syndicat : «C’est sûr qu’on n’est pas traité avec la même bienveillance que la FNSEA [le syndicat agricole majoritaire, qui prône une agriculture productiviste, NDLR]. Dès que l’on porte des revendications environnementales en dehors de l’actualité agricole, on subit la répression de plein fouet.»

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