Depuis la découverte d’un ver microscopique dans des pins maritimes, dans les Landes le 3 novembre, de nombreux arbres contaminés ou susceptibles de l’être vont être abattus. Le ministère de l’Agriculture a annoncé un plan d’abattage préventif pour évité la propagation du nématode du pin.
C’est la première fois qu’un foyer de ce ver ravageur, originaire d’Amérique du Nord, est détecté en France. Il est considéré par les autorités comme «une menace sanitaire majeure» pour les forêts de résineux, selon la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de Nouvelle-Aquitaine (Draaf) et est classé «organisme de quarantaine prioritaire» par la législation européenne.
Des coupes rases vont être effectuées dans un rayon de 500 mètres autour du foyer de contamination, comme le prévoit la réglementation européenne, détaille le journal le Monde. 30 000 pins seraient concernés selon les propriétaires de cette parcelle touchée, rencontrés par France 3 Nouvelle-Aquitaine. Une «zone tampon» dans un rayon de 20 kilomètres est, quant à elle, placée sous surveillance pendant quatre ans.

Dans un arrêté publié ce vendredi au journal officiel, l’État a détaillé les mesures de soutien financier qui seront apportées notamment aux sylviculteurs – les professionnel·les qui entretiennent ou cultivent les forêts – pour éradiquer le parasite. Une indemnisation, pouvant aller jusqu’à 4 000 euros par arbre contaminé et abattu, est prévue.
«Les propriétaires ou détenteurs de végétaux, produits végétaux ou autres objets qui ont fait l’objet d’une mesure de lutte ordonnée par l’autorité administrative […] dans le cadre de la lutte contre Bursaphelenchus xylophilus [le nom scientifique du ver, NDLR] en vue de son éradication, peuvent prétendre à une prise en charge par l’Etat», précise l’arrêté.
Cette aide comprend notamment l’abattage, le broyage, le transport et le traitement des arbres contaminés et identifiés. Dans le détail, le barème d’indemnisation prévoit par exemple 400 euros par arbre «contaminé ou identifié sans analyse officielle négative» pour les propriétaires forestiers en zone infestée de 20 arbres et plus d’espèces sensibles au nématode du pin. Cette somme monte à 3 000 euros par arbre contaminé pour les détenteurs ou propriétaires de moins de 20 arbres, et jusqu’à 4 000 euros pour les arbres de parcs et jardins de grandes dimensions.
L’annonce du déblocage de fonds pour aider les sylviculteurs face à cette crise du nématode du pin avait été saluée dès mardi par les professionnels du secteur qui début décembre avaient réclamé au gouvernement des «procédures d’urgence»et des financements pour lancer le plan «d’éradication». La profession a évalué à «plusieurs dizaines de millions d’euros»les pertes liées à cette crise.
Les Landes, zone la plus à risque
La colonisation du parasite sur de longues distances passe par le transport du bois ou des végétaux, indique l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae). Il avait été repéré pour la première fois en Europe au Portugal en 1999 avant de gagner l’Espagne en 2008 malgré les coupes massives et les zones tampons.

Dès 2019, les Landes étaient considérées comme la zone la plus à risque d’arrivée du ravageur en raison de «la forte abondance de l’insecte vecteur», du «climat doux» et «des échanges commerciaux (bois)» précise l’Inrae.
Les vers se déplacent d’arbre en arbre par la biais d’insectes vecteurs comme le coléoptère Monochamus galloprovincialis qui les transportent lors de leur alimentation ou de la ponte. Une fois entrés dans les conifères, les nématodes se multiplient et bloquent ainsi la montée de la sève : les arbres rougissent, perdent leurs aiguilles et peuvent mourir en quelques semaines, explique l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur son site.