L’équipe de Vert est-elle contaminée au cadmium ? Nous avons fait le test

Métal ta science
Alors que Vert enquête depuis des mois sur ce métal lourd cancérogène, nous avons décidé de faire tester les journalistes de notre rédaction, ainsi que leurs enfants. Voici ce que révèlent nos résultats.

Depuis le mois de mars, la rédaction de Vert se plie en quatre pour vous permettre de comprendre tout ce qui se joue autour de la contamination généralisée au cadmium, ce métal lourd classé «cancérogène certain» par l’Organisation mondiale de la santé, toxique pour les reins, les os, et la reproduction.

Nous avons par exemple révélé que la France avait délibérément financé la contamination de terres africaines au cadmium, nous sommes parti·es à la recherche d’alternatives efficaces aux fertilisants traditionnels et nous avons débunké la désinformation sur ce sujet.

Cet article est en accès libre.

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Plus nous avancions dans nos découvertes, plus cette question nous brûlait les lèvres : et nous ? À quel point sommes-nous contaminé·es ? Qu’en est-il de nos enfants ?

Alors que le gouvernement a promis de bientôt rembourser les tests pour une poignée de Français·es (notre article), nous avons décidé de franchir la porte de laboratoires, entre collègues ou en famille, pour en avoir le cœur net. C’est ce que vous découvrirez dans cette vidéo.

Dix personnes ont été testées – six adultes (de 24 à 40 ans) et quatre enfants (de 9 semaines à 9 ans). Pour interpréter les résultats, nous avons pu bénéficier du regard avisé de Pierre Souvet, cardiologue et fondateur de l’Association santé environnement France (ASEF), qui se bat pour alerter sur le cadmium depuis des années.

Les résultats de nos enfants étaient tous en dessous des seuils d’alerte. Quatre adultes (trois femmes et un homme) présentaient en revanche des teneurs en cadmium notables. Ces personnes ont pourtant des habitudes de consommation et des modes de vie très différents : âges variés, fumeur·ses et non-fumeur·ses, régime végétarien ou non, consommation plus conséquente de produits bio ou non-bio… Il nous est apparu bien difficile de déterminer ce qui justifiait avec précision les écarts entre nos résultats.

Toutes et tous contaminés… à des degrés divers

Comme vous le verrez dans la vidéo, une journaliste de notre équipe présente une teneur en cadmium bien supérieure au reste de l’équipe, de 0,7 microgramme par gramme (μg/g) de créatinine (un indicateur présent dans l’urine). C’est bien au-dessus du seuil de concentration critique de 0,5 μg/g de créatinine à partir duquel des effets osseux sont possibles, et du seuil de 0,1 μg/g de créatinine au-delà duquel les reins peuvent être atteints. Un résultat que notre collègue peine à s’expliquer. Contre toute attente et malgré le regard avisé d’un spécialiste, ces tests nous laissent avec davantage de questions que de réponses.

Aujourd’hui, nous sommes toutes et tous contaminé·es par ce métal toxique à des degrés divers. L’étude nationale de Santé publique France baptisée «Esteban» et publiée en 2021 a montré que près de la moitié de la population française adulte (47,6%) présentait même des taux d’imprégnation supérieurs au seuil de concentration critique. Plus inquiétant encore : les niveaux mesurés étaient jusqu’à trois ou quatre fois supérieurs à ceux observés dans d’autres pays nord-américains et européens.

Journalistes, nous avions connaissance de ces chiffres. En revanche, nous avons été surpris·es par le manque d’information des professionnel·les de santé à ce sujet. Parmi celles et ceux qui ont réalisé nos prélèvements en laboratoire (à Paris, dans différents labos, mais aussi en Bretagne), beaucoup ignoraient l’existence même du cadmium.

Vert monte une équipe dédiée aux enquêtes sur les pollutions et la santé

Alors même que les médecins parlent de «bombe sanitaire» et que l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) alerte depuis 2019 sur les risques sanitaires graves liés à ce métal lourd et exhorte les autorités à agir au plus vite pour limiter la contamination des sols par les engrais, le sujet est encore largement méconnu, sous-médiatisé et ignoré politiquement.

C’est dans ces moments-là que le journalisme est vital.

Il n’est plus question de nous laisser intoxiquer sans savoir dans quelles proportions, ni qui sont les responsables, ou comment nous pouvons réellement agir. Car cesser de s’alimenter n’est pas une option.

Cadmium, PFAS, pesticides toxiques… contre l’intoxication des corps et du débat démocratique, Vert monte une équipe dédiée aux enquêtes et aux solutions sur les pollutions et la santé. Notre objectif : allier le savoir-faire journalistique et la rigueur scientifique pour révéler les pollutions, exposer les responsables et trouver comment rester en bonne santé.

Pour réaliser ce projet ambitieux (détaillé ici) et construire avec vous un journalisme qui nous protège, nous avons besoin de réunir 5 000 soutiens mensuels.

N’attendez pas qu’il soit trop tard : en 2026, plus que jamais, une bonne information, c’est vital pour la santé.

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

Alors que les alertes des scientifiques sont à nouveau ignorées, que les intérêts des industriels sont toujours mieux protégés que notre santé, et que les citoyen·nes, mal informé·es, risquent de faire des choix nocifs pour leur santé et celle de l’environnement, le journalisme a un rôle inédit à jouer. Vous avez le droit d’être bien informé·es pour rester en bonne santé.

Pour répondre à cette urgence écologique et de santé publique, Vert monte une toute nouvelle équipe de journalistes, scientifiques et citoyen·nes, capable de révéler les pollutions, d’exposer les responsables, et de faire émerger les solutions pour rester en bonne santé.

Objectif : 5 000 soutiens mensuels pour créer ensemble un journalisme qui nous protège.

C'est parti
Antoine Poncet

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