À cause de la venue du pape, la marche climat du 26 septembre remplacée par un rassemblement statique à Paris

Papale figure.
La déambulation pour le climat prévue samedi à Paris n'aura pas lieu. La préfecture, mobilisée par la venue du pape, n'a autorisé qu'un rassemblement statique place de la République. L'organisation mise sur le succès des 261 mobilisations prévues ailleurs en France.
Lors d’un rassemblement pour le climat à Paris, le 8 septembre 2018. © Raphaël Bodin/Survival Media Agency

Dans la capitale, samedi, la «marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale» n’en sera pas une. «C’est désormais validé par la préfecture : le rendez-vous sera finalement statique, la venue du pape ne nous permettant pas d’avoir une autorisation de marche», ont indiqué les relais parisiens du mouvement, mardi.

La manifestation initiale, qui devait partir de la place de la Nation à 14 heures, a donc été remplacée par un simple rassemblement place de la République, entre 17 heures et 20 heures. «On a essayé de rassurer la préfecture sur nos capacités d’encadrement, mais ça n’a pas suffi pour les convaincre. Ils pensent que nous serons très nombreux et nous disent qu’ils n’auront pas assez d’unités de maintien de l’ordre ce jour-là», explique à Vert Benjamin Ball, de l’association Bio Consom’acteur, coorganisateur de l’événement.

«À Bordeaux, la mobilisation va être massive»

«On est déçus, bien sûr, déplore-t-il. On aurait aimé faire une grande marche à Paris, mais n’oublions pas que ce mouvement s’appuie d’abord sur les capacités locales : à Bordeaux, la mobilisation va être massive ; à Fontainebleau aussi ; ainsi que dans tous les endroits les plus touchés par la sécheresse.» Selon un dernier recensement, 261 mobilisations devraient fleurir samedi, partout en France.

Mattia Gonget, étudiante de 20 ans et coautrice d’un récent appel de la jeunesse à manifester samedi, abonde auprès de Vert : «C’est forcément une déception mais, le plus important, c’est que les autres villes de France restent mobilisées.» Gabriel Mazzolini, des Amis de la Terre, partage ce sentiment : «Ce qui compte, c’est que cette manifestation nationale, la première depuis cet été, puisse se tenir ; que les parents d’élèves, les locataires, les agriculteurs, les pompiers, puissent se réunir et s’exprimer.»

Cet article est en accès libre.

Je fais un don

Parmi l’organisation, personne ne semble regretter le choix de la date, jour de la venue du pape : «On devait absolument installer le mouvement en cette rentrée, sans pour autant empiéter sur les autres mobilisations prévues : le 19 septembre, le 3 octobre ou le 10 octobre contre l’Omnibus pesticides ; c’était la bonne date», juge Benjamin Ball.

Plus d’un millier d’organisations ont rejoint le mouvement

Semaine après semaine, le mouvement grossit. À l’initiative de l’association Bio Consom’acteurs, près de mille personnes ont signé, début août, la lettre ouverte au président de la République à l’origine de la mobilisation.

Cette missive appelait à se mobiliser le 26 septembre pour exiger un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation face au réchauffement climatique, après les catastrophes de l’été. Ces premier·es signataires ont depuis été rejoint·es par 30 000 autres citoyen·nes et plus d’un millier d’organisations, parmi lesquelles Greenpeace, les Amis de la Terre, Alternatiba ou le Réseau action climat.

Toutes ces personnes forment des groupes locaux que vous pouvez rejoindre avant le 26 septembre.

D’une canicule à l’autre, nous oublions collectivement ce que nous avons subi. Une amnésie qui conduit beaucoup d’entre nous à élire celles et ceux qui aggravent la crise climatique.

Chez Vert, l’écologie est à la Une tous les jours et pas seulement quand il fait chaud.

Climat, biodiversité, santé et désinformation : vous pouvez compter sur nous pour rafraîchir la mémoire de tout le monde quand viendront les élections. On n’y arrivera qu’avec vous !

C'est parti