
Olivier Bouygues a été condamné ce vendredi à deux ans de prison avec sursis pour la destruction d’espèces d’oiseaux protégées sur son domaine de chasse de La Ferté-Saint-Aubin (Loiret). Le tribunal correctionnel d’Orléans a reconnu la culpabilité du milliardaire français, qui a également écopé d’une amende de 750 000 euros, le maximum encouru pour une telle infraction. Enfin, son permis de chasse lui est retiré pour trois ans.
Olivier Bouygues était jugé pour «atteinte illicite en bande organisée à la conservation d’une espèce animale protégée ou à son habitat» et «destruction, transport et détention illicites d’une espèce animale non domestique». Lors de l’audience du 8 septembre dernier, le tribunal correctionnel d’Orléans avait requis cinq ans de prison avec sursis contre Olivier Bouygues. Décrivant des méthodes «barbares», la procureure de la République d’Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren, avait également demandé une interdiction d’exercer une activité en lien avec la chasse pendant cinq ans.
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Cinq employés du milliardaire, le régisseur de sa propriété et quatre gardes forestiers, étaient jugés à ses côtés. Ils ont aussi été reconnus coupables et condamnés à des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis. Là encore, des amendes de 3 000 à 10 000 euros ont été prononcées.
Tuerie d’oiseaux protégés
Tout au long de son procès, le propriétaire a nié toute responsabilité, affirmant à la barre avoir «d’autre chats à fouetter que de gérer au quotidien» les affaires de sa propriété. Les cinq autres prévenus ont reconnu les faits.
L’affaire avait été ébruitée par l’intermédiaire d’une source anonyme, qui assurait avoir vu des cadavres d’espèces protégées sur la propriété du fils de François Bouygues, le fondateur du groupe de BTP, de télécoms et de médias du même nom.
Par la suite, des perquisitions avaient été menées et avaient permis de découvrir de nombreux cadavres d’animaux tels que des chats… mais aussi des oiseaux : buses, grands cormorans, grandes aigrettes et faucons crécerelles. Tous protégés par une interdiction de chasse.
Du matériel de chasse prohibé et une pelleteuse, utilisée pour enterrer des animaux, avaient également été retrouvés sur la propriété. De même que des documents listant les espèces protégées comme «nuisibles» à éliminer. Il était aussi question d’un «système de prime» pour ceux qui parviendraient à éliminer les oiseaux ciblés, une preuve qu’Olivier Bouygues souhaitait garder confidentielle, selon le régisseur du domaine.
Une quinzaine d’associations de protection de l’environnement s’étaient constituées parties civiles. Parmi elles, One Voice, qui a salué ce vendredi la décision du tribunal correctionnel. «Pendant des années, des oiseaux ont été piégés, tués et enfouis sous la chaux parce qu’ils gênaient un loisir. Aujourd’hui, la justice dit que ni la fortune ni les grillages ne placent personne au-dessus des lois. Les enclos de chasse ne peuvent plus rester des zones de non-droit», a réagi Muriel Arnal, présidente de l’association. La Fédération départementale des chasseurs du Loiret avait évoqué de son côté un «préjudice d’image» pour la chasse.











