
À la suite de cet été particulièrement chaud et sec, les nappes phréatiques manquent d’eau. Au 1er septembre, 61% des réservoirs d’eau souterraine du territoire hexagonal affichent un niveau inférieur aux normales mensuelles, selon le dernier bulletin du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Une situation «dégradée sur l’ensemble du territoire», détaille David Ratheau, hydrogéologue au BRGM. 90% des nappes affichent un niveau en baisse alors que seulement 8% sont stables et 2% sont à la hausse.
Depuis le mois de mars, leur vidange est en cours. Un phénomène naturel qui se produit chaque année pendant les périodes estivale et automnale. L’eau accumulée l’hiver et au printemps est prélevée pour répondre aux besoins humains – agriculture et consommation courante –, à ceux de la végétation, et pour alimenter les rivières en eau lorsqu’elles en ont besoin.
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Cette année, les conditions météorologiques ont accentué le phénomène. Depuis mai, le territoire hexagonal n’a pas connu de pluies assez fortes et longues pour remplir les réserves d’eaux souterraines. À cette sécheresse se sont ajoutées des températures élevées depuis juin. L’état des nappes phréatiques en sort donc plus dégradé qu’à la même période en 2025 : au 1er septembre de l’an dernier, 44% des points d’observation étaient sous les normales mensuelles.
L’est de l’Hexagone à sec
La situation reste contrastée selon les régions. Dans le bassin parisien, la Beauce ou encore le pourtour méditerranéen, les niveaux d’eau sont modérément hauts ou autour de la moyenne.
À l’inverse, d’autres territoires affichent des situations déficitaires. Le niveau d’eau est très bas pour la Lorraine, la Champagne, le Massif central, les Charentes, la Bretagne ou encore l’Aquitaine. Avec une situation particulièrement préoccupante dans le Limousin, le Jura et le nord de l’Alsace.
Le BRGM distingue les nappes dites «réactives», dont les niveaux peuvent évoluer rapidement en fonction des précipitations, des nappes «inertielles», qui réagissent plus lentement aux conditions météorologiques. Pour les premières, les épisodes orageux de la fin août ont parfois provoqué de faibles remontées locales, sans signaler pour autant le début de la recharge hivernale. Celle-ci dépendra de la quantité et de la répartition des pluies cet automne.
L’automne jouera les arbitres
Les prévisions saisonnières de Météo-France pour les trois prochains mois privilégient un automne plus chaud que la normale en France hexagonale. Pour les précipitations, un scénario plus humide que la moyenne est anticipé sur l’ouest du pays, mais aucune tendance ne se dégage pour le reste du territoire.
À partir de ce mois de septembre, la baisse des températures et l’entrée progressive de la végétation en dormance – dès l’automne, les plantes cessent de pousser et perdent leurs feuilles pour survivre à l’hiver – devraient réduire les besoins en eau. Les prélèvements pourraient également diminuer avec la fin de la période d’irrigation et de la saison touristique. «Les besoins des différents usagers diminueront, et donc la ressource sera moins sollicitée. Ce qui est quand même une bonne nouvelle», concède David Ratheau.
S’il y a une leçon à retenir de cet été, selon l’hydrogéologue, c’est qu’une «bonne recharge à l’hiver ne prémunit pas d’une situation délicate à la période estivale». En février, l’Hexagone avait connu des pluies abondantes qui avaient permis de remplir les réserves mais, dès juin, la situation s’est dégradée dans la plupart des territoires.
La situation reste toutefois moins préoccupante qu’à l’été 2022. Cette année-là, une sécheresse hivernale avait laissé les nappes dans une situation fragile pour aborder un été marqué par de fortes chaleurs.











