Alors que vient de tomber le brouillon de décision finale (en anglais) de la COP27 – le résumé des points abordés et des engagements pris lors des négociations, le texte ne fait pas référence à l’importance d’un futur accord sur la biodiversité à l’occasion de la COP15 sur la diversité biologique, qui débute dans moins de trois semaines à Montréal.
Cette COP15 biodiversité revêt un intérêt capital, puisqu’elle est censée aboutir à un cadre ambitieux visant à protéger au moins 30% des terres et des mers d’ici à 2030. Ce dernier est même attendu comme un texte « jumeau » de l’Accord de Paris, qui a consacré en 2015 l’objectif de maintenir le réchauffement du climat bien en dessous de 2°C à la fin du siècle (par rapport à l’ère préindustrielle), et si possible à 1,5°C. L’absence des chef·fes d’État à Montréal, seul·es les ministres ayant été convié·es à l’événement, laisse pourtant craindre un rendez-vous manqué pour la biodiversité.
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« Les dirigeants doivent aboutir à un accord […] qui soit aussi ambitieux, basé sur la science et complet que celui de Paris sur le changement climatique », ont notamment plaidé certain·es des architectes de l’Accord de Paris, dont le président de la COP21, Laurent Fabius, et la négociatrice en chef de l’accord, Laurence Tubiana, dans un appel (en anglais) lancé mercredi à la COP27. « Il n’y a aucun chemin pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C sans action pour protéger et restaurer la nature », souligne l’appel, rappelant l’interconnexion des enjeux de climat et de biodiversité.
Dans un rapport de l’ONG WWF publié mercredi, l’association détaille le rôle essentiel de la biodiversité, qui a absorbé 54% des émissions de gaz à effet de serre au cours des dix dernières années. Les écosystèmes terrestres et marins captent le CO2 et jouent le rôle de puits de carbone, ce qui ralentit le réchauffement climatique. Inversement, le changement climatique bouleverse des écosystèmes et aggrave l’effondrement de la biodiversité.








