L’Agence de sécurité sanitaire (Anses) vient de le rappeler dans un rapport paru cette semaine : les Français·es sont massivement contaminé·es par le cadmium, ce métal lourd cancérogène. Et c’est à 98% à cause de notre alimentation (notamment le blé et les patates), perfusée aux engrais phosphatés. En réalité, les expert·es et le gouvernement le savent depuis bien longtemps.
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Le cadmium est reconnu comme «cancérogène certain» par l’OMS depuis… 1993. L’Europe l’a aussi classé «mutagène» et «toxique pour la reproduction» ; il est soupçonné d’être lié à l’explosion des cancers du pancréas en France, dont nous sommes les champions ; il est associé à des «atteintes rénales», ainsi qu’à «une fragilité osseuse» qui peut conduire à l’ostéoporose.

En 2019, l’Anses avait déjà démontré notre contamination généralisée et demandé au gouvernement de réduire le taux de cadmium dans les engrais phosphatés. Emmanuel Macron était déjà au pouvoir. Il n’en a rien fait.
Des solutions existent
En 2021, une vaste étude de Santé publique France avait révélé que 47,6% de la population adulte (18-60 ans) dépassait le seuil de concentration critique de cadmium. Avec des niveaux jusqu’à trois à quatre fois supérieurs à ceux observés dans d’autres pays nord-américains et européens (!). En 2025, selon l’Anses, 100% des enfants de 2 à 3 ans dépasseraient les seuils.
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Ce qui a été mis en œuvre depuis toutes ces années : absolument rien. Un projet d’arrêté a été mis en consultation en 2023. Il n’a jamais été publié. Après le tollé provoqué par le nouveau rapport de l’Anses, il est maintenant promis pour avril.
Les solutions existent. C’est au gouvernement et à lui seul d’agir sans tarder : on ne peut pas demander aux gens d’arrêter de manger du blé. Parmi ces solutions : réduire drastiquement et vite les taux de cadmium autorisés dans les engrais (nous sommes à 90mg/kg en France, contre 20mg/kg en Finlande, soit le taux recommandé par l’Anses) ; encourager les agriculteur·ices à se fournir en engrais ailleurs qu’au Maroc, où il est surchargé en cadmium ; accompagner les agriculteur·ices vers la sortie de ces engrais phosphatés.
Cette situation gravissime n’est pas le résultat d’une inaction gouvernementale : il s’agit d’un choix délibéré de privilégier les intérêts commerciaux et industriels au détriment de notre santé. Un choix aux conséquences mortelles pour des milliers de nos concitoyen·nes.