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Brest-Bordeaux, Lille-Rennes… Air inter région, la nouvelle compagnie aérienne qui propose des vols intérieurs ultracourts

Business crasse. Présentée la semaine dernière, cette nouvelle compagnie veut relancer des liaisons de très courte durée à partir de 2027. Une offre avant tout pensée pour les déplacements d’affaires, qui profite des exceptions permises par la loi Climat et résilience de 2021.
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Prendre l’avion pour une durée de vingt minutes ? Vous n’y pensiez pas. Air inter région l’a fait. Le 29 avril, son fondateur, Franck Crépin, a annoncé le lancement de cette nouvelle compagnie aérienne avec de premiers vols prévus début 2027. L’ancien pilote, passé par la finance et l’industrie aéronautique, vise «des liaisons directes, interrégionales, sur des distances courtes de moins de 500 kilomètres et de moins de deux heures de vol». Le tout, avec des avions à faible capacité, entre neuf et treize sièges.

Les avions d’Air inter région embarqueront neuf à treize passager·es. © Capture d’écran Air inter région

Ce nouvel acteur aérien souhaite desservir l’ouest de la France et son littoral, un marché «très mal adressé, avec des temps de trajets longs en train, voire des destinations qui ne sont pas desservies», justifie Franck Crépin. Pour le moment, les trajets prévus incluent des liaisons comme Lille-Rennes, Brest-Bordeaux ou encore Le Touquet-Saint-Malo : des itinéraires qui prennent jusqu’à sept heures par le rail. En revanche, certains trajets envisagés, comme Le Touquet-Lille, ne nécessitent qu’environ deux heures de train.

Une consommation carbone multipliée

Problème : depuis la loi Climat et résilience de 2021, les vols intérieurs sont interdits quand il existe une alternative en train qui dure moins de deux heures trente. Est-ce que cela signifie pour autant qu’Air inter région ne respecte pas la législation ? «Non, ils ont su lire les petites lignes», constate Jérôme du Boucher, responsable aviation de l’ONG Transport & Environment.

Dans le décret d’application de la loi, le gouvernement français a établi des exceptions. En plus de durer moins de deux heures trente, la liaison ferroviaire doit être directe, assurée plusieurs fois par jour avec des fréquences suffisantes et des horaires satisfaisants, et permettre plus de huit heures de présence dans la ville d’arrivée dans la journée. Ce n’est pas le cas de la liaison Le Touquet-Lille, pour laquelle la SNCF ne propose que deux trajets directs par jour. En 2021, après l’entrée en vigueur de la loi, seulement trois lignes (Paris-Bordeaux, Paris-Lyon et Paris-Nantes) avaient été supprimées, ce qui représentait 2,5% du trafic aérien intérieur.

«Développer ce nouveau service semble à contre-courant quand on sait que pour des trajets très courts, la consommation de carbone par voyageur est plus élevée», souligne Jérôme du Boucher. Les phases de décollage et de montée, les plus énergivores, représentent une part proportionnellement plus importante des émissions par kilomètre et par passager lors des vols court-courriers. À titre de comparaison, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe), un vol de 500 km émet 230 grammes de dioxyde de carbone (CO2) équivalent par km et par passager·e, contre 150 gCO2e/km par passager·e pour un vol de plus de 3 500 km. Et encore, ces chiffres sont valables pour des avions d’environ 200 sièges. Pour rappel, le secteur aérien représente 2,4% des émissions de CO2 mondiales et contribue pour 5,9% au réchauffement global, en considérant l’impact de la condensation (les fameuses traînées blanches) sur l’effet de serre.

Une offre pour les classes aisées

Et ces vols ne s’adressent pas à tout le monde. Bien qu’il y ait une offre ouverte au grand public, la compagnie aérienne souhaite avant tout réaliser des partenariats avec des entreprises. «La démographie se déplace vers les littoraux. Ces dernières années nous ont montré qu’il y aurait une demande de transports pour du travail hybride, avec la possibilité d’aller voir ses clients rapidement», développe Franck Crépin. Concrètement, Air inter région cible les hommes et femmes d’affaires exilé·es loin des métropoles, mais dont le travail les oblige à y retourner fréquemment. «Avoir du pouvoir d’achat contribue à des comportements souvent plus carbonés», rappelle le représentant de Transport & Environment.

Jérôme du Boucher nuance : «Aujourd’hui, l’essentiel des émissions CO2 du secteur de l’aérien provient des vols loisirs de compagnies low cost.» La compagnie aérienne promet sur son site de mettre fin à ses émissions carbone en vol d’ici 2035 grâce à une transition progressive vers l’électrification de sa flotte.

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