Édition du 30 septembre 2026

Sapeur au ventre

Chères toutes et chers tous,

🎬 Vert est partenaire du Bulbe Film Festival, qui se déroulera du 2 au 4 octobre au cinéma Les 7 Parnassiens (Paris 14ème). À travers une sélection de films, qui seront suivis de débats, de regards d’expert·es et d’émotions partagées, l’événement invite à explorer les grands défis contemporains : enjeux environnementaux, intelligence artificielle, justice sociale… Toutes les infos sont à retrouver ici.


Laure Moriot, pompière : «Est-ce que mon métier est en train de me tuer ?»


Laure Moriot, pompière atteinte d’un cancer : «C’est un métier qui nous détruit de l’intérieur»

Des cendres dans l’arène. Habitante de Saint-Pierre-lès-Elbeuf, Laure Moriot est pompière professionnelle en Seine-Maritime et mère de famille. Victime d’un double cancer possiblement lié à son métier, elle alerte sur l’exposition des soldat·es du feu aux polluants. Vert l’a rencontrée.

Laure Moriot est en arrêt maladie depuis un an. Une année de lutte contre son second cancer, peut-être lié à son métier. En tant que pompière en Seine-Maritime, elle a été surexposée aux PFAS, ces «polluants éternels». Utilisés pour leurs propriétés imperméabilisantes, on les retrouve dans les tenues des soldat·es du feu ou les mousses anti-incendies. Ces molécules peuvent perturber le système hormonal, voire provoquer des cancers. Comme nombre de ses collègues, la pompière s’est mobilisée mardi, à Paris, pour mettre en lumière le sujet tabou des maladies professionnelles.

Vous avez pris conscience de l’exposition des pompiers aux produits toxiques de la plus brutale des manières : pouvez-vous nous raconter ce qui vous est arrivé ?

 

J’ai eu un double cancer. En 2024, j’ai été frappée par une maladie endocrinienne qui s’est déclenchée au niveau de la thyroïde, et j’ai fini par développer des nodules avec cellules cancéreuses, ce qui a donné lieu à une opération. En 2025, j’ai découvert que j’étais porteuse d’un cancer du sein pour lequel j’ai eu tout un traitement très long, qui se poursuit encore actuellement.

© Moncef Arbadji/Vert

J’ai été mutilée : j’ai perdu mon sein gauche, j’ai perdu mes ganglions, j’ai perdu mes cheveux. J’ai pris conscience que le métier que j’exerce pouvait être la source de ces problèmes de santé.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet entretien mené par Moncef Arbadji.

· Avec la sécheresse historique qui se poursuit en France hexagonale, 81 300 personnes dépendent d’un approvisionnement en camion-citerne ou en bouteilles d’eau pour boire, se laver ou cuisiner, d’après les données du ministère de la transition écologique révélées ce mercredi par France inter. Un chiffre en nette hausse par rapport au dernier bilan daté du 9 septembre.

Un ravitaillement en eau potable à Quingey (Doubs), en août dernier. © Esteban Grépinet/Vert

· Ce mercredi, l’observatoire européen Copernicus «lance son avertissement le plus sévère à ce jour sur les profondes transformations à l’œuvre dans l’océan». Avec le changement climatique, les rythmes du réchauffement des eaux et de l’élévation du niveau mondial des mers s’accélèrent, tandis que l’acidité de l’océan a progressé d’environ 17% en quarante ans, chiffre l’organisme scientifique dans son rapport.

· En 2026, la moitié de la population mondiale a été exposée à des niveaux de pollution à l’ozone considérés comme dangereux pour la santé, révèle Copernicus dans un second rapport publié ce mercredi (l’étude). C’est l’une des conséquences du réchauffement climatique et de cet été de tous les records. Car l’ozone, ce gaz irritant qui peut provoquer des maladies respiratoires graves, se forme sous l’effet de la chaleur et des rayons du soleil.

Des traces de matière fécale dans l’eau d’un collège de Bagnolet : «Elle sortait souvent trouble des robinets»

À boire et à danger. L’eau du collège Georges-Politzer de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) a été déclarée non conforme, samedi. En cause : une contamination aux entérocoques et aux bactéries coliformes (présentes dans les matières fécales). La préfecture a ordonné la fermeture de l’établissement, ce mercredi, pour régler le problème. Mais le corps enseignant et les élèves ne décolèrent pas : le Département a eu connaissance des résultats d’analyse… le 4 septembre. «On se demande pourquoi ils ont attendu trois semaines pour nous en faire part», s’agace Amélie Pialla, professeure documentaliste. «Il y a eu un problème de suivi», concède le maire écologiste de la commune, Édouard Denouel. De son côté, Amel Meddah, mère d’un élève, s’interroge : «On se demande si on est mis de côté parce qu’on est en Seine-Saint-Denis.»

👉 Cliquez ici pour découvrir l’intégralité de ce reportage de Rémi-Kenzo Pagès et Giovanni Simone à Bagnolet.

En marge de la grève de la fonction publique, mardi, les professeur·es du collège Georges-Politzer ont dit leur colère face à la contamination de l’eau. © Giovanni Simone/Vert

Au Brésil, les femmes autochtones à la conquête du pouvoir : «La violence politique est extrêmement forte»

Peuple y est. En 2026, un nombre record d’autochtones se présentent aux élections générales brésiliennes (du 4 au 25 octobre), qui renouvellent le pouvoir à tous les étages : présidence, Parlement et gouverneur·es des États. Une dynamique largement portée par les femmes, qui tentent de conquérir les institutions sans renoncer aux combats de leurs peuples. «Quand une femme autochtone arrive au Congrès, la Terre est à ses côtés», scande la députée Célia Xakriabá en ouverture de la marche pour le climat de Belo Horizonte (au sud-est du pays), le 20 septembre. Cette représentante des peuples traditionnels brigue un nouveau mandat, et l’enjeu est de taille. Depuis 1982, date de l’élection de Mário Juruna, premier autochtone à pousser les portes de la Chambre des députés, jamais un·e autochtone n’a réussi à être réélu·e.

👉 Cliquez ici pour lire le reportage d’Anaïs Richard au Brésil dans son intégralité.

Lors de chacune de ses interventions, la députée fédérale Célia Xakriabá appelle à soutenir les candidatures autochtones et à réélire le président sortant, Lula da Silva. © Anaïs Richard/Vert

La dessinatrice Laura Pozzi nous emmène dans «La Dernière Forêt» primaire d’Europe, à la rencontre de sa gardienne Simona Kossak

Forêt parée. Dans son premier roman graphique, fruit de dix années de travail, Laura Pozzi raconte l’histoire de la chercheuse et militante Simona Kossak. L’illustratrice lance un appel à protéger la dernière forêt primaire d’Europe, à cheval entre la Pologne et la Biélorussie, menacée par l’industrie du bois et les politiques gouvernementales. 

👉 Cliquez ici pour lire la chronique de Coline Vigot.

«La Dernière Forêt», de Laura Pozzi, Actes Sud BD, septembre 2026, 230 pages, 32,90 euros.

+ Rémy Calland, Esteban Grépinet, Zoé Moreau, Rémi-Kenzo Pagès, Antoine Poncet, Anaïs Richard, Giovanni Simone et Coline Vigot ont contribué à ce numéro.