
C’est une grande première dans le monde de la pêche. La ministre de la mer, Catherine Chabaud, a annoncé ce jeudi engager une procédure pour exclure les navires de plus de 25 mètres de la bande côtière (les eaux territoriales, qui correspondent aux 22 premiers kilomètres depuis la côte), dans l’est de la Manche, du mont Saint-Michel à la frontière belge.
Dans le détail, la France engage une consultation de deux mois auprès de la Commission européenne et des États membres de l’Union européenne concernés – comme le prévoit le droit européen. Selon les retours apportés par ces derniers, l’entrée en vigueur de cette mesure d’interdiction est prévue pour «début 2027», selon l’entourage de la ministre.
«Il y a une unanimité totale contre la présence de ces bateaux»
L’exclusion des bateaux de pêche de plus de 25 mètres de la bande côtière est une demande récurrente de la profession. Début septembre, la commission Manche-mer du Nord du Comité national des pêches – l’organisme représentatif du secteur – avait voté par dix voix contre six (et cinq abstentions) en faveur de cette mesure.
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«Il y a une unanimité totale contre la présence de ces bateaux», expliquait à Vert Dimitri Rogoff, président du Comité régional des pêches (CRPMEM) de Normandie. Pour le monde de la pêche comme pour les associations de défense de l’environnement, l’exclusion des plus gros chalutiers de la bande côtière soulagerait les ressources tout en préservant la pêche artisanale.
Dans les Hauts-de-France, ces grands navires représentaient près de la moitié du total des captures remontées dans les eaux territoriales entre 2022 et 2024, d’après une étude conduite par l’Institut agro. Une exclusion de la bande côtière aurait «a priori un impact économique faible sur ces flottilles industrielles», concluaient notamment les auteur·es.
«C’est une immense victoire pour la pêche artisanale, salue Fabien Randrianarisoa, chargé de campagnes Pêches industrielles pour l’association de défense des océans Bloom. Cette décision aurait pu arriver plus tôt pour éviter que les petits pêcheurs ne subissent encore la concurrence des navires industriels cet hiver, mais c’est un message fort que la France envoie au reste de l’Union européenne.»
L’ONG espère désormais que cette décision pionnière s’étendra à l’avenir sur l’ensemble du littoral français, notamment en Nouvelle-Aquitaine, et qu’elle inspirera d’autres pays. Les navires de plus de 25 mètres visés par cette exclusion de la bande côtière dans la Manche-Est sont principalement sous pavillon néerlandais et belge. Quatre à cinq bateaux français sont également concernés.











