Édition du 6 juillet 2026

Des cendres dans l’arène

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L’été s’annonce tout feu tout flamme. Aura-t-on les bonnes réponses ou est-ce la panne ?


Troisième canicule, feux gigantesques… Voici à quoi s’attendre cette semaine du 6 juillet

Flammes fatales. Alors que le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré en France hexagonale, les fortes températures sont de retour cette semaine. La chaleur persistante et le vent ont créé des conditions propices à de puissants incendies dans le sud du territoire.

La vague de chaleur de juin a officiellement pris fin mardi dernier, laissant à la France hexagonale à peine quelques jours plus frais avant que le mercure ne grimpe de nouveau dans le sud, ce week-end. Seize départements sont classés en vigilance orange canicule ce lundi, notamment à l’ouest et dans le sud-est.

Il est encore difficile de définir la durée de ce nouvel épisode caniculaire. La situation pourrait se prolonger en raison d’un anticyclone sur le proche Atlantique, qui empêche les dépressions et de potentielles précipitations d’atteindre le territoire. Cet épisode de chaleurs intenses est le troisième après ceux, inédits, de mai puis de juin : un véritable «train de canicules», selon le climatologue Christophe Cassou.

Depuis le 4 juillet, un feu ravage les alentours de l’Ille-sur-Têt, dans les Pyrénées-Orientales. Les pompiers ont réussi à le maîtriser. © Matthieu Rondel/AFP

Cet enchaînement, additionné aux rafales dans le sud du territoire, multiplie le risque d’incendies. L’assèchement de la végétation a transformé cette dernière en un combustible hautement inflammable.

Ce lundi matin, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez a indiqué sur France 2 que 11 000 hectares avaient brûlé depuis le début de la saison, contre 5 700 à la même période en 2025. Dans les Pyrénées-Orientales, un feu gigantesque a entraîné l’évacuation de 10 000 personnes et n’était pas encore fixé ce lundi matin. D’autres brasiers ont démarré, notamment en Ariège, dans l’Aude ou encore dans le Gard.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet article de Mathilde Picard et en apprendre plus sur les risques liés à la sécheresse.

· Ce week-end, les festivités organisées aux États-Unis pour les 250 ans de l’indépendance du pays ont été perturbées par la chaleur et les orages, rendus plus extrêmes par le réchauffement climatique. Cela n’a pas empêché le président climatosceptique, Donald Trump, d’instrumentaliser l’évènement pour réécrire l’histoire. Une stratégie politique que décrypte l’historienne Esther Cyna dans un entretien à Vert.

Des Moines (Iowa), le 3 juillet 2025. Donald Trump tente régulièrement de réécrire l’histoire des États-Unis. © Daniel Torok/The White House

· Dans la nuit de jeudi à vendredi, le Sénat a adopté le projet de loi d’urgence agricole, dans une version nettement modifiée par la droite, contre l’avis du gouvernement et de la gauche. Les sénateur·ices ont notamment voté pour la réintroduction de deux pesticides interdits, l’acétamipride et le flupyradifurone. Une commission mixte paritaire doit maintenant se réunir le 16 juillet pour élaborer une version finale du texte.

· Jeudi dernier, environ 200 salarié·es des agences sanitaires et environnementales (Office français de la biodiversité, Ademe, Santé publique France) ont manifesté sur la place des Invalides, à Paris. Ils et elles déplorent les moyens de plus en plus réduits et la remise en cause de leurs missions pourtant essentielles à l’adaptation du pays face au réchauffement climatique. Plus de détails dans cet article.

PFAS à la mer. Océans, mers, lacs, rivières : les 107 sites de baignade français analysés par l’association Surfrider foundation Europe présentent tous une contamination à des polluants éternels (PFAS). Au total, 23 PFAS différents ont été comptabilisés, selon un rapport publié vendredi. Le PFOS (retrouvé dans 92,6% des sites d’eau douce et 61,7% des sites côtiers) est considéré comme le plus à risque pour la santé, classé «cancérogène» par le Centre international de recherche sur le cancer. Aujourd’hui, la réglementation européenne pour interdire ou non la baignade ne tient compte que des critères bactériologiques, sans intégrer la pollution chimique. Selon Surfrider, si le PFOS était pris en considération, environ 78% des sites continentaux et 44% des sites littoraux qu’elle a échantillonnés pourraient être classés en «mauvais état chimique».

Étapes le matin, maillots glacés, report en septembre : comment le Tour de France peut-il s’adapter aux canicules à répétition ?

Four de France. La Grande Boucle, qui a débuté samedi à Barcelone (Espagne), est déjà marquée par des chaleurs extrêmes. Cette météo propice aux incendies a même poussé les organisateur·ices à adapter l’étape de ce lundi 6 juillet. Les derniers kilomètres prévus dans les Pyrénées-Orientales seront interdits aux spectateur·ices à cause d’un important feu à proximité du parcours. Alors que ces températures affectent la santé des coureurs et des fans, l’organisateur nous assure disposer d’un protocole fortes chaleurs «très précis» : délais d’élimination revus à la hausse, distribution de couvre-chefs au public… Une «amorce» de prise en compte des questions de santé, «mais ce n’est que le début et c’est minimal», tempère auprès de Vert le coureur français Guillaume Martin-Guyonnet. Comment réinventer l’épreuve en profondeur ? «À l’avenir, on peut imaginer un circuit qui se situerait plus fréquemment dans le nord de la France et en Belgique», plaide Guillaume Chevance, chercheur à l’École des hautes études en santé publique.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage de Clément Gousseau et découvrir d’autres idées pour adapter le Tour de France au changement climatique.

La loi anti-fast fashion adoptée, une future forêt urbaine à New York : les bonnes nouvelles de la semaine

Forêt parée. EDF crée un fonds pour équiper les écoles en systèmes de rafraîchissement, le Costa Rica endigue la déforestation… et trois autres bonnes raisons de danser avec Gaëtan Gabriele.

© Vert

+ Margot Desmons, Esteban Grépinet, Lilou Hiver, Théo Mouraby, Anne-Claire Poirier, Antoine Poncet et Sanaga ont contribué à ce numéro.