Mer, lacs, rivières… Votre plage préférée est-elle polluée aux PFAS ?

PFAS à la mer.
Dans un rapport publié vendredi, l’association Surfrider révèle que tous les sites de baignade qu’elle a analysés sont contaminés aux PFAS, ces «polluants éternels». Elle appelle l’Union européenne à prendre en compte cette pollution chimique dans ses critères de surveillance.
L’eau de la plage de Bordeaux Lac (Gironde) contient 19 types de «polluants éternels», d’après Surfrider. © Raymond Spekking

Avec le retour de la canicule vient l’envie de se baigner… mais la présence de «polluants éternels» (PFAS) pourrait nous décourager. Océan, mer, lac ou rivière : tous les types d’eau de baignade en France y sont contaminés. C’est ce que révèle un rapport de l’association Surfrider foundation Europe, publié vendredi. Sur 107 sites analysés, tous présentent au moins une de ces substances chimiques toxiques.

Au total, 23 PFAS différents ont été comptabilisés. Ces molécules utilisées par les industriels entrent dans la composition de plusieurs pesticides et de nombreux objets du quotidien (poêles, tissus imperméables…) et sont réputées pour leur toxicité et leur persistance dans le corps humain et l’environnement. Jusqu’à 19 substances ont été découvertes sur un même site, au niveau de la plage de Bordeaux Lac (Gironde), alors que la qualité de l’eau y est considérée comme «excellente», selon la directive européenne sur les eaux de baignade.

Parmi la liste de PFAS retrouvés partout en France, l’acide trifluoroacétique (TFA), classé «toxique pour la reproduction suspecté» par l’Agence européenne des produits chimiques, se distingue par son omniprésence et sa concentration élevée. Les teneurs moyennes en TFA atteignent 1 728 nanogrammes par litre (ng/l) pour les sites en eau douce et 356,5 ng/l pour les sites marins. Le chiffre pour l’eau douce dépasse largement la moyenne observée pour l’eau du robinet, soit 1 100 ng/l, selon un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

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Ce sont ensuite le PFOA (92,6% des sites d’eau douce et 71% des sites côtiers) et le PFOS (92,6% des sites d’eau douce et 61,7% des sites côtiers), deux substances pourtant interdites, que l’on retrouve en plus grande quantité. Elles sont par ailleurs considérées comme les plus à risque pour la santé, classées respectivement «cancérogène pour les humains» et «cancérogène possible» par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ).

Des eaux en «mauvais état chimique»

Aujourd’hui, la réglementation européenne pour interdire ou non la baignade ne tient compte que des critères bactériologiques, sans intégrer la pollution chimique. Elle se base notamment sur l’analyse de la présence d’E. coli et d’entérocoques intestinaux, deux bactéries du tube digestif. Un récent rapport de la Commission européenne assure même que 85% des eaux de baignade sont «excellentes». Selon Surfrider, si le PFOS était pris en considération, environ 78% des sites continentaux et 44% des sites littoraux qu’elle a échantillonnés seraient classés en «mauvais état chimique».

Pour le moment, seuls les Pays-Bas se sont dotés d’un outil pour mesurer la pollution chimique aux PFAS. L’Institut national de la santé publique et de l’environnement néerlandais a fixé un seuil sanitaire (280 ng/l) pour les PFAS dans les eaux de surface, au-delà duquel la baignade est interdite. À partir de ce modèle, Surfrider a constaté que la base nautique de Bédanne, près de Rouen (Seine-Maritime), dépasse largement ce seuil, avec un échantillon mesuré à 450 ng/l.

Face à cette contamination qui touche l’ensemble du continent, l’association demande à l’Union européenne la mise en place de normes de qualité chimique des eaux de baignade, d’améliorer les dispositifs de contrôle et d’enclencher des plans de dépollution.

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