Faut-il répondre à la violence d’un « capitalisme triomphant » par celle de l’action ? Les auteur·ices de cet essai proposent l’exact opposé. Entre une agressivité qui prolongerait le système « oppressif » en place et un pacifisme qui nierait tout conflit, tous deux défendent une troisième voie pour combattre l’injustice : celle de la non-violence. Expérimentée par les peuples amérindiens, mais aussi Gandhi, Henry David Thoreau, Hubertine Auclert, Martin Luther King et bien d’autres, son but est d’instaurer un rapport de force avec des adversaires sans leur nuire.

Guidée par une morale exigeante, la non-violence consiste aussi à sortir des logiques de domination au sein même de l’organisation et du fonctionnement des groupes militants pour faire exister, d’ores et déjà, « le monde qu’on veut ». « Plus qu’un mode d’action efficace, la non-violence est un projet de société, souhaitant remettre au centre de nos vies le respect des droits humains tout en repensant notre façon d’habiter le monde et d’interagir avec le vivant », écrivent les activistes.
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Du Mali à la Serbie et du Pays Basque aux États-Unis, en passant par l’Inde, cet ouvrage limpide, accessible et très fourni nous plonge au cœur des réflexions stratégiques des mouvements pour l’accès à la terre, les droits des femmes ou encore la lutte contre la pauvreté. Il donnera peut-être aux lecteur·ices l’envie et la force de combattre de manière « révolutionnaire » et « pragmatique » et contribuer à faire advenir un monde plus respectueux des humains et du vivant.
Manifeste pour la non-violence, Pauline Boyer, Johann Naessens, Éditions Charles Léopold Meyer, avril 2022, 256p, 11€









