Édition du 10 juin 2026

Enquête : Ça part à vol eau

⏰ J-4 : derniers jours pour rejoindre le Club de Vert et profiter de tous les avantages !

Comme vous le savez peut-être, nous avons lancé il y a quelques semaines notre tout nouveau site internet. Vous pouvez à présent vous connecter à votre compte Vert pour gérer plus facilement vos inscriptions aux newsletters. En tant que membre du Club, cela vous permettra aussi de naviguer sur vert.eco en mode «zen», sans la plupart des messages d’appel au don. Pour vous connecter, c’est par ici👈

💚 Hier, dans le Club de Vert, nous avons accueilli Suzanne, infirmière et compagne d’un agriculteur bio qui se pose des questions sur l’alimentation ; Amina, médecin et maman révoltée par l’action des lobbies ; Adrien, qui s’engage pour la protection de l’ours dans les Pyrénées… Vous êtes toutes et tous formidables et vous nous donnez une force incroyable. Merci pour votre soutien et vos témoignages.




























Dans la Vienne, cette figure locale est très influente dans la gestion de l’eau… et trempe dans des affaires obscures.


Entrepreneur, élu et pro-mégabassines : à deux pas de Sainte-Soline, ce baron de l’eau s’enrichit en asséchant des zones humides

Prendre bassine. Jean-Louis Ledeux multiplie les casquettes – et les risques de conflits d’intérêts potentiels. Vert révèle que les activités de sa société sont examinées dans le cadre d’une enquête sur de possibles drainages irréguliers de zones humides. Des pratiques suspectées d’être menées à grande échelle dans un territoire éprouvé par la sécheresse et les tensions sur le partage de l’eau.

Ce matin d’hiver 2024, la terre fume encore sous le gel. Dans le champ labouré, une pelleteuse éventre le sol. À côté des tranchées, des centaines de mètres de tuyaux attendent d’être enfouis. En se promenant le long de ce champ de Bonneuil-Matours (Vienne), Robin (prénom d’emprunt) pressent que quelque chose cloche.

Jean-Louis Ledeux est un acteur influent de la gestion de l’eau dans la Vienne. © Vert

Membre d’une petite association d’habitant·es installé·es sur cette terre agricole de l’ouest de la France, il redoute un désastre écologique. Lors de ses recherches, il découvre que ce champ est classé comme zone humide. L’eau y circule lentement depuis des décennies. Sous ses yeux, six hectares sont asséchés – «drainés», dans le jargon agricole.

Sur le chantier, un détail attire l’attention de Robin, un logo jaune inscrit sur un camion : «Sire drainage». Il prévient les militant·es de l’association Vienne nature environnement. Le nom de cette entreprise les fait immédiatement réagir. Son dirigeant, Jean-Louis Ledeux, n’est pas un simple patron de PME. Vice-président du conseil départemental de la Vienne en charge de l’agriculture, c’est un acteur influent de la gestion de l’eau sur le territoire, où il a défendu le projet de construction de 41 «mégabassines». L’association décide de porter plainte.

Ce chantier aurait pu passer inaperçu : il est désormais au cœur d’une affaire environnementale d’ampleur qui éclabousse ce baron local de l’eau.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cette enquête de Floriane Louison et en savoir plus sur cet homme-clé de la guerre de l’eau dans la région.

·  Mercredi, l’agence européenne des produits chimiques (ECHA) a annoncé avoir classé le TFA – le plus petit des «polluants éternels» – comme «présumé toxique pour la reproduction humaine». L’agence précise que ce contaminant est «très persistant et très mobile» dans l’environnement, «ce qui peut entraîner une contamination diffuse et très durable des ressources en eau». – Lire notre article

·  Le niveau de 77% des nappes phréatiques de l’Hexagone est en baisse. C’est le constat établi par le dernier rapport du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) paru ce mardi. Faute de pluies suffisantes durant les mois d’avril et mai, presque la moitié ont des niveaux d’eau inférieurs à la normale. Le niveau reste malgré tout «majoritairement satisfaisant», selon l’institution. Il faudra attendre les prochaines précipitations pour savoir s’il le restera cet été ou s’il continuera de diminuer jusqu’à des seuils critiques.

· Mardi encore, le tribunal correctionnel de Nîmes a relaxé l’influenceur Jeremstar à la suite d’une opération anticorrida qu’il a menée dans la cité gardoise en 2025. Le blogueur avait pénétré dans l’arène avec quatre autres activistes au milieu d’un spectacle, brandissant un tissu «Fck la corrida». Ses comparses ont également été relaxé·es.

· Lundi, la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, a annoncé la création de neuf nouvelles réserves biologiques en forêt. Au total, 157 000 hectares boisés seront protégés, en Guyane, dans le Cantal ou encore dans la Meuse. L’objectif : limiter les pressions sur les milieux naturels. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) déplorait en mai dernier la faible ambition de la France en matière de protection de la biodiversité.

«Cette équipe avance comme un rouleau compresseur» : à Carpentras, le maire RN met fin à la ferme municipale bio pour les cantines

Idée légumineuse. À peine élu, le nouveau maire Rassemblement national (RN) de Carpentras (Vaucluse), Hervé de Lépinau, a enterré l’une des mesures emblématiques de l’ex-municipalité de gauche. Le frontiste justifie la fermeture de la ferme municipale bio par des raisons budgétaires tandis que ses opposant·es estiment qu’il «économise quelques sous au détriment de la santé des enfants». «On fournissait 25% des légumes servis dans les 1 600 repas quotidiens des enfants, avec un objectif de 100% à terme», explique Olivier Ceyte, ancien élu à l’agriculture de la mairie de Carpentras.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet article de Pierre Isnard-Dupuy et découvrir le grand gâchis du RN à propos de cette politique écologique et sociale.

Les cultures de la ferme municipale de Carpentras, en 2025. © DR

Northern lights

Carbone à rien. Ce mardi, une enquête de Mediapart et du Réseau européen d’investigation collective (EIC) révèle que Northern lights, le projet de TotalEnergies de stockage de CO2, est un fiasco économique et technologique. Son ambition financée par des milliards d’euros de subventions publiques : réduire les émissions des industriels européens les plus polluants, comme le cimentier allemand Heidelberg materials. Ce dernier doit capter ses rejets puis les livrer à Northern lights, qui les conserve dans de gigantesques réservoirs avant de les envoyer dans une zone de stockage souterraine en mer du Nord. Mais lorsque l’usine du groupe allemand fonctionne, elle n’est parvenue à capter qu’un tiers des émissions en 2025, au lieu de la moitié. Sur les quatre usines du même type qui devaient être opérationnelles en 2025, seule celle-ci fonctionne. Nombre de scientifiques mettent en garde contre ces projets très coûteux, peu efficaces et qui entretiennent la dépendance aux énergies fossiles.

Mathieu Madenian, Sanaa Saitouli et Marine Leonardi s’accordent : bien s’informer quand on est parents, c’est rassurant

Parent courant. Du cadmium dans les pâtes, des bouteilles d’eau aux microplastiques et un climat toujours plus chaud. Faire grandir ses enfants ne devrait pas être aussi inquiétant. Si vous pensez comme ces personnalités qu’il faut être bien informé·e pour protéger notre santé et celle de nos enfants, rejoignez le Club de Vert avant ce dimanche !

©  Vert

+ Moncef Arbadji, Rémy Calland, Margot Desmons, Pierre Isnard-Dupuy, Floriane Louison, Mathilde Picard et Antoine Poncet ont contribué à ce numéro.