«Fuites» : un roman haletant dans la peau des «dégonfleurs de SUV» à Lyon

Un paquet de lentilles.
C'est tout ce dont aura eu besoin le collectif de jeunes militant·es pour faire dérailler la paisible quiétude des plus riches pollueurs. Le principe est enfantin : repérer un «SUV» (ces imposantes voitures de sport ultra-émettrices), insérer ladite graine dans la valve du pneu, qui se dégonfle lentement, puis laisser un petit tract sur le pare-brise, histoire de faire comprendre les motivations écologistes à son propriétaire.
«Fuites», Étienne Bretin, Cause perdue éditions, mars 2026, 152 pages, 15 euros.

Depuis quelques années, ce mode d’action – ingénieux ou perfide, selon les points de vue – a fait son apparition dans plusieurs villes françaises, donnant même lieu à une condamnation en octobre 2024 (notre article). Dans son premier livre, Fuites (Cause perdue éditions, 2026), Étienne Bretin raconte de l’intérieur la vie d’un groupe de «dégonfleurs de SUV» dans les rues de Lyon (Rhône).

Sur le chemin tumultueux de la conscience écologiste

L’écrivain décrit les nuits de doute et de réconfort de ces jeunes engagé·es, qui débattent stratégie militante autour d’un pack de Heineken et scrutent les retombées de leurs actions avec la boule au ventre. Au milieu de la fièvre médiatico-politique qui s’empare de la ville, leurs angoisses climatiques semblent résonner dans le vide.

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Ce roman en immersion dans les milieux écologistes – un sujet pas si fréquent dans la littérature – peut se voir comme une autopsie. Une autopsie au sens médical du terme : des plaies saignantes après une nuit d’action, des pigeons aplatis sur l’asphalte… Et une autopsie sociale de l’entourage du narrateur : de Sarah, la camarade bien lotie, tiraillée entre ses idéaux et son boulot ; ou de Hassan, le collègue père de famille qui peste contre ces écolos ne faisant qu’«emmerder les gens normaux».

Des quais du Rhône au cossu 6ème arrondissement, de nuits ardentes en lendemains qui déchantent, Fuites embarque ses lecteur·ices sur le chemin tumultueux de la conscience écologiste. Une voie (qu’on imagine cyclable) semée d’embûches, et qui mènera les jeunes militant·es jusqu’en haut d’un des plus hauts sommets de Lyon…

«Fuites», Étienne Bretin, Cause perdue éditions, mars 2026, 152 pages, 15 euros.

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

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